Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/170

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la conversation… je ne sais pas, moi… tenez… Gloriæ Cupido !… Ma devise… Ah ! vous ne savez pas traduire. (Elle rit.) Non… ce n’est pas ça… mais si vous voulez, après tout !… J’accepte cette interprétation… À la gloire de Cupidon !… Pourquoi pas ?… (Elle rit fort et faux.) Vous voyez, j’ai la force de rire !… Bah ! pourquoi se frapper ? Tout ça n’a pas grande importance !… (Son rire forcé, amer, s’écrase dans la gorge avec une quinte de toux.) Seulement, je veux vous voir demain, parce qu’il faut que vous m’aidiez, que nous prenions du moins quelques précautions, au cas où cet homme voudrait suivre ma piste… (À ce moment, on sonne à la porte d’entrée, de nouveau. Elle dit, en baissant la voix.) Attendez une seconde… (Elle lève la tête, inquiète.) On sonne à la porte… À une pareille heure, je ne sais pas ce que ça peut être ?… C’est peut-être… lui… qui m’aura fait suivre ! Sait-on jamais !… J’ai peur… Ne pas ouvrir ?… Hum !… À quoi bon ? Pas d’incertitude de cet ordre ! Il vaut mieux savoir… Ne quittez pas, je vais laisser le récepteur décroché. S’il se passait quelque chose d’inquiétant, je pourrais vous parler. Vous me défendriez, n’est-ce pas, dans la vie ? Merci.

(Elle va à la porte d’entrée, disparaît dans l’antichambre. On entend le bruit d’une porte refermée.)

LA VOIX DE THYRA.

Certainement, vous pouvez entrer. Pourquoi pas ?