Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 8, 1922.djvu/107

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tant, pourquoi as-tu accepté de la faire venir ?… Par politesse ?


MAURICE.

Ce sera la première et la dernière fois… Elle se marie et je ne pouvais vraiment lui refuser une explication qui sera en même temps un adieu très net. J’aurais eu l’air d’un imbécile ou d’un capon, à la fin ! Puis, elle l’a demandé si délicatement, dans une dernière lettre…


RAYMOND.

Oui, demain, officiellement, commencent ses fiançailles. Les parents viennent. Petite cérémonie… Ton pli, ton pli… (Il donne un coup de main net au pli du pantalon à Maurice.) C’est mal rangé, mal brossé !… Ah ! là ! là !…


MAURICE, (continuant.)

De plus, j’ai mes raisons… Celle-ci, d’abord, mon vieux : je tiens absolument à lui remettre, et sans la froisser, les lettres qu’elle m’a écrites… C’est avant tout pour ce règlement que je l’ai fait venir !… Passe-moi l’épingle. Quelquefois, les lettres deviennent de vieux remords… C’est jeune, ça ne sait pas encore… Plus tard, elle pourrait s’inquiéter… Nous serons, peut-être, par la suite, dans des termes suffisamment hostiles ?


RAYMOND.

Pourquoi, hostiles ?


MAURICE.

Eh bien, si tu trouves que la situation est belle ! Ça va assez mal à la maison, et je crois que s’il arrivait ce grand malheur que Rantz rompe avec maman, nos deux familles ne seraient pas dans des termes à s’inviter à leurs fêtes… Alors, je voudrais