Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/132

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MADAME BOUGUET.

Dites-moi, Hervé, il n’est pas venu un groom du journal l’Aube apporter des épreuves ?


HERVÉ.

Non, Madame. Je suis au courant, s’il était venu, je ne l’aurais pas fait attendre.


MADAME BOUGUET.

S’il n’arrivait pas avant un quart d’heure, vous seriez bien aimable de téléphoner au journal, car je ne veux pas qu’un article de cette importance paraisse sans que mon mari en ait pris connaissance. Vous me les apporteriez, je les corrigerais là… tenez… près de cette lampe…


HERNERT, (baisant la main de Madame Bouguet.)

Je prends congé de vous…


MADAME BOUGUET.

Comme je vous remercie d’être venu ce soir, Monsieur Hernert. J’espère que nous deviendrons de vrais amis.


HERNERT.

C’est le vœu que j’exprimais à Bouguet lui-même, il y a un instant. Nous venons de causer amicalement. Quelle étonnante impression de candeur et de sincérité se dégage de lui !… Vous savez… la pure simplicité des voyants !… Vous êtes tous des candides ici. Vous m’avez encore donné, ce soir, un peu de réconfort, et je m’en vais charmé. À bientôt donc. J’ai hâte de revoir déjà cette maison de travail, d’ardeur, cette ruche paisible de l’intelligence et du savoir qui veille au cœur de Paris.

(Il s’en va. Au moment où il se dirige vers le fond pour aller rejoindre le groupe qui s’est réuni dans le jardin, on aperçoit Bouguet qui, à son tour, descend de l’orangerie et passe en se dirigeant du même côté qu’Edwige tout à l’heure.)