Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/160

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vie de mensonge qui m’excède. Tant pis ! Que ce qui doit arriver arrive !…


BOUGUET, (éperdu.)

Edwige !


EDWIGE.

J’ai pu tout espérer de mon cœur et de ma volonté… mais maintenant, puisque la vérité éclate, advienne que pourra ! C’est vous que j’ai aimé, c’est vous seul que j’aime !


BLONDEL, (se rue sur elle.)

À la bonne heure ! À la bonne heure ! Viens jeter ta perfidie entre nous ! Viens attiser nos colères ! Sois fille jusqu’au bout !…


EDWIGE.

J’accepte toutes les conséquences de ma franchise… Blondel, j’avais pour vous la plus sérieuse affection, une amitié chaque jour grandissante… Je suis désespérée, déchirée jusqu’au tréfonds de moi, mais je ne vous aimais pas d’amour… Il faut que je m’en aille ! Il faut que je disparaisse !…


BLONDEL.

Gredine !… Ah ! vous faisiez un beau couple avec votre sereine impudence et toi la femme t’appuyant à ce beau cynisme de demi-dieu !… Moi aussi je veux des actes maintenant ! Eux seuls comptent !… Reste avec ton vénérable amant… Restez, mes agneaux, restez là !

(D’un bond il s’enfuit.)


Scène XVIII


EDWIGE, BOUGUET, puis BLONDEL


EDWIGE, (interdite de cette subite défection.)

Qu’est-ce qu’il fait ?