Page:Bishop - En canot de papier de Québec au golfe du Mexique, traduction Hephell, Plon, 1879.djvu/100

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convenable pour mon entreprise. Connaître les charmes des eaux les plus pittoresques du continent américain était un rêve de ma jeunesse. Les sources de l’Hudson se perdent dans les hauteurs nuageuses de l’Adirondak, parmi les pics glacés du désert du Nord, et l’on peut dire qu’il finit dans les flots salés de l’Atlantique, car ses eaux s’ouvrent un passage assez loin au large des plages sablonneuses de New-York, pour aller finir dans le sein de l’Océan. On cultive sur les bords de l’Hudson les branches les plus distinguées de la civilisation. De beaux édifices, qui s’élèvent depuis les bords jusqu’au sommet des rives de ce beau fleuve, abritent les œuvres d’hommes de talent et les chefs-d’œuvre du génie mécanique. Les richesses de la grande ville qui est située à son embouchure, métropole de la jeune nation, se sont dépensées pour le rendre encore plus beau et plus fécond. Quel est le fleuve de l’Amérique qui, sur une distance aussi longue que de Troy à New-York (156 milles), peut rivaliser en beautés naturelles ou artificielles avec l’Hudson ? « La rivière de l’Hudson, dit son aimable historien, M. Lossing, a une longueur de trois cents milles, depuis sa naissance au milieu des montagnes jusqu’à son mariage avec l’Océan. »

M. Henri Hudson, un Anglais et un ami du capitaine John Smith, était au service de la Compagnie des Indes hollandaises et cherchait avec son navire de quatre-vingt-dix tonnes, le Half-moon[1] un passage vers le

  1. La demi-lune