Page:Bishop - En canot de papier de Québec au golfe du Mexique, traduction Hephell, Plon, 1879.djvu/93

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Une coque en bois qui pèse vingt-deux livres, loyalement comptées, est toujours très-fragile et ne saurait durer. Une coque en papier de mêmes dimensions et pesanteur durera et fera autant de service qu’une coque en bois qui pèsera trente livres.

« On verra, d’après l’exemple suivant, le degré de solidité que possède ce système de construction. Pendant l’été de 1870, un canot à une paire d’avirons, conduit à toute vitesse en descendant le courant d’un de nos principaux fleuves, fut lancé sur la pile d’un pont en pierre. L’avant frappa perpendiculairement sur l’obstacle, et telle fut la puissance du choc que le canotier fut jeté violemment de la chambre dans la rivière. Les témoins de cet accident, qui ne connaissaient guère que les embarcations de bois, croyaient le canot perdu ; mais après un minutieux examen, on s’aperçut que la pointe de l’avant seule était tordue et les fargues brisées seulement à l’endroit où le rameur était passé par-dessus le bord. Une somme de deux dollars suffit à payer les réparations. Si la coque eût été en bois, le choc aurait sans doute brisé la proue et fendu le bois depuis l’avant jusqu’au centre. »

De vieux et prudents marins essayèrent de me dissuader de m’adresser à M. Waters pour la construction d’un canot de papier. À ce moment le Harvard Collège n’avait pas encore adopté cette nouveauté, et le Cornill n’avait pas non plus, de son côté, songé à battre les autres collèges aux régates de Saratoga, en se servant de bateaux de papier. L’année 1876, année du centenaire des États-Unis, menaçait de mettre fin à la discus-