Page:Bouillet - Chassang - Dictionnaire universel d'histoire-geo - 1878 - P1 - A-G.djvu/248

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sous le nom de Nika (triomphe !), du cri de ralliement qu'avaient adopté les insurgés.

BLEUS (les). Dans les guerres de la Vendée, pendant la Révolution française, le nom de Bleus fut donné aux soldats de l'armée républicaine par les royalistes, à cause de la couleur de leur uniforme.

BLIDAH, v. d'Algérie, au pied du petit Atlas, à 50 kil. S. O. d'Alger et à l'entrée de la plaine de la Métidjah : env. 15 000 hab. Excellentes oranges. Prise en 1830 et occupée en 1838.

BLIGNY, ch.-l. de cant. (Côte-d'Or), sur l'Ouche, à 15 kil. N. O. de Beaune; 1181 hab. Toiles.

BLITILDE, reine de France, femme de Childéric II, fut massacrée, ainsi que son époux et l'aîné de ses fils, par un parti de mécontents, en 673.

BLOCH (Marc Éliézer), naturaliste, né à Anspach en 1723, mort en 1799 à Carlsbad, était israélite. Il exerça la médecine à Berlin et fut membre de la société des Curieux de la Nature. On a de lui une Histoire naturelle des poissons, avec 432 planches, en allemand, Berlin, 1781-85, trad. par M. Lavaux, en 12 vol. in-fol., avec 216 planches : c'est un des ouvrages fondamentaux pour cette partie de la science.

BLOCUS CONTINENTAL. V. l'article BLOCUS au Dict. universel des Sciences, des Lettres et des Arts.

BLOEMAERT, famille de peintres et de graveurs flamands qui produisit dans le XVIe et le XVIIe siècle plusieurs artistes distingués. Les plus connus sont Abraham Blœmaert, 1565-1647, qui réussissait dans le paysage et brillait par le coloris ; et son fils, Corneille Blœmaert, né à Utrecht en 1603, mort à Rome en 1680. Ce dernier vint à Paris en 1630, y fit les gravures du Temple des Muses, de Marolles, puis alla à Rome. Son burin se distingue par la diversité des tons et la douceur des transitions. Il est le chef de l'école qui a produit les Natalis et les Rousselet. Ses meilleurs morceaux sont une Sainte Famille, d'après A. Carrache; une Adoration des bergers, d'après le Cortone; Méléagre, d'après Rubens, etc.

BLOIS, Blesæ, ch.-l. du dép. de Loir-et-Cher, sur la r. dr. de la Loire, à 176 kil. S. S. O. de Paris ; 20 331 hab. Évêché, trib. de 1re inst. et de commerce, cour d'assises; collége, séminaire; sociétés savantes, bibliothèque publique; dépôt d'étalons. Station de chemin de fer. Anc. château royal, récemment restauré, et dont une partie sert de caserne; palais épiscopal, hôtel de préfecture, église gothique de St-Nicolas, beau pont, aqueduc romain. Gants, faïence ; vins, eaux-de-vie, vinaigre; céréales. Patrie de D. Papin. — Avant Grégoire de Tours, Blois était déjà un lieu considérable. Ses comtes étaient issus de la famille de Hugues Capet. Thibaut, comte de Chartres, s'en empara sous le règne de Charles le Simple; ses successeurs conservèrent ce comté jusqu'à Guy II, qui, en 1391, vendit ses domaines au duc d'Orléans (Louis XII); ce dernier, en montant sur le trône, le réunit à la couronne. Blois devint alors le séjour favori des Valois : François I, Charles IX, Henri III, y résidèrent. Louis XII y publia, en 1499, une ordonnance sur la manière de rendre la justice. Durant les guerres religieuses, Blois fut deux fois le siége des États généraux, en 1576 et en 1588 (V. ÉTATS GÉNÉRAUX). Le duc H. de Guise y fut assassiné en 1588. Marie de Médicis y fut détenue en 1619. En 1814, l'Impératrice Marie-Louise se retira à Blois ; c'est de là que sont datés ses derniers actes.

V. CHARLES DE BLOIS, CHAMPAGNE, CHATILLON.

BLONDEL, célèbre trouvère du XIIe siècle, natif de Nesle en Picardie, s'attacha à Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre, devint son confident et le suivit dans toutes ses expéditions. On cite Blondel comme un modèle de fidélité : on raconte qu'après de longues recherches, il découvrit la prison où Léopold I, duc d'Autriche, avait renfermé le roi anglais, et que ce fut en chantant une romance qu'il avait composée avec ce prince qu'il s'en fit reconnaître. Cette anecdote a fourni à Sedaine le sujet de son charmant opéra de Richard. Malheureusement, rien n'est moins authentique. Prosper Tarbé a publié en 1862, d'après les manuscrits, 34 chansons de Blondel.

BLONDEL (François), architecte, né en 1617 à Ribemont en Picardie, mort en 1686, a élevé la porte St-Denis, à Paris, ainsi que les portes St-Antoine et St-Bernard, auj. détruites, et a rédigé un Cours d'architecture fort estimé, 1698. 2 vol. in-fol. Louis XIV encouragea ses talents, lui confia plusieurs missions importantes et le nomma professeur, puis directeur de l'École d'architecture, et professeur de mathématiques du Dauphin. — Son neveu, Jacq. Fr. Blondel (1705-1774), a aussi écrit sur l'architecture. On estime encore son Architecture française, 1772, et son Architecture civile, 1773.

BLONDEL (Marie Joseph), peintre d'histoire, élève de Regnault, né à Paris en 1781, mort en 1853, obtint en 1803 le grand prix de Rome, fut admis en 1832 à l'Institut et nommé peu après professeur à l’École des beaux-arts. Ce maître, éminemment classique par le choix des sujets comme par sa manière, a donné, entre autres œuvres estimées : la Chute d'Icare, Énée sauvant son père, Zénobie mourant sur les bords de l'Araxe, l’Évanouissement d'Hécube après l'enlèvement de sa fille Polyxène, Sapho rappelée à la vie par le charme de la mélodie, Élisabeth de Hongrie déposant la couronne aux pieds de l'image du Christ, la Reddition de Ptolémaïs (au musée de Versailles), Philippe-Auguste à Bouvines (au Palais-Royal), Philippe le Long recevant la couronne, Louis XII proclamé père du Peuple, les Derniers moments de Louis XII. Il a en outre décoré de peintures la salle des séances du Sénat, plusieurs plafonds du Louvre, la Bourse de Paris, le musée de Versailles, ainsi que la grande galerie de Fontainebleau.

BLOOMFIELD (Robert), poëte anglais, né dans le comté de Suffolk en 1766, mort en 1823, était fils d'un tailleur, et exerça longtemps lui-même à Londres le métier de cordonnier. Au milieu des travaux de son état, il trouvait le temps de se livrer à la poésie, et il composa vers 1798 un poëme qui eut beaucoup de succès, le Garçon de ferme, dans lequel il décrit les travaux de la campagne (il a été trad. par Allard, 1800). On a en outre de lui un recueil de contes, ballades et chansons champêtres, 1802,

BLOUET (G. Abel), architecte, membre de l'Institut, né en 1795 à Passy, mort en 1853, remporta en 1821 le grand prix de Rome, fut adjoint à l'expédition scientifique de Morée, découvrit l'emplacement du temple de Jupiter olympien (1829), termina l'Arc de Triomphe de l'Étoile (1836), donna les plans d'un grand nombre de pénitenciers, devint en 1846 professeur à l'École des beaux-arts, et en 1848 architecte du palais de Fontainebleau. On lui doit une édition revisée et complétée de l’Art de bâtir de Rondelet (1847). Il fonda un prix de 1000 fr. pour l'élève qui aurait obtenu la grande médaille.

BLOUNT (Charles), déiste anglais, né en 1654, mort en 1693, excita de grands scandales par l'impiété de ses écrits. Les principaux sont: Anima mundi ou Exposé des opinions des anciens sur l'âme humaine après la mort, 1679; Vie d'Apollonius de Tyane, trad. de Philostrate, avec des notes, 1680 (trad. par J. de Castillon) ; Origine de l'idolâtrie, 1680 ; Religio laïci, 1683; les Oracles de la Raison, 1693, posthume; Manuel des Déistes, 1705. Devenu veuf, il rechercha la sœur de sa femme, et se tua de désespoir parce qu'il ne pouvait obtenir sa main.

BLUCHER (Gebhard LEBRECHT de), prince de Wahlstadt, général des armées prussiennes, né en 1742 à Rostock dans le Mecklenbourg, mort en 1819, entra en 1760 au service de la Prusse, prit part aux guerres de la Révolution et des premiers temps de l'Empire, éprouva plusieurs échecs, fut même fait prisonnier à Lubeck (1806), n'en fut pas moins chargé en 1813 du commandement des armées prussiennes, se battit courageusement à Lutzen et à Bautzen, remporta sur Macdonald et Sébastiani une victoire à la Katzbach (26 août 1813), contribua à