Page:Chevalier - Peaux-Rouges et Peaux-Blanches, c1864.djvu/143

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« Gloire au plus noble, au plus vaillant de mes aïeux, gloire à Pontiac !

« Les perfides Saiganoschs[1] avaient déterré la hache de guerre contre les braves Nitigusk[2] ; Pontiac, qui aimait les derniers, rassembla ses amis, et leur parla ainsi :


« Un Indien de la tribu des Lenapies désirait connaître le Maître de la vie. Sans faire part de son dessein à qui que ce soit, il résolut de se rendre au paradis où il savait que Dieu faisait sa résidence. Mais quel était le chemin du ciel ? Il l’ignorait. Pensant qu’aucun de ses amis n’était mieux informé que lui, il se mit à jeûner dans l’espoir de tirer de ses rêves un présage favorable. »


« Gloire au plus noble, au plus vaillant de mes aïeux, gloire à Pontiac !


« Dans son rêve, l’Indien s’imagina qu’il n’avait qu’à commencer son voyage, et qu’un chemin continu le mènerait au céleste séjour. Le lendemain matin, de très-bonne heure, il s’équipa en chasseur, prit son fusil, sa corne à poudre, ses munitions et sa chaudière pour cuire ses aliments, et se mit en route. La première partie de son voyage fut assez favorable. Il marchait sans se décourager, avec la ferme conviction qu’il arriverait à son but. »


« Gloire au plus noble, au plus vaillant de mes aïeux, gloire à Pontiac !


« Plusieurs jours s’écoulèrent ainsi, sans qu’il rencontrât un obstacle à ses désirs. Dans la soirée du huitième, il s’arrêta, au cou-
  1. Les Anglais.
  2. Les Français.