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DICTIONNAIRE DES SOCIÉTÉS BADINES


BACHIQUES, CHANTANTES ET LITTÉRAIRES.





MACARONIQUE (Académie). Elle existait à Venise au siècle dernier.

J. Casanova, en ses Mémoires, tom. 1er (édit. de Paris, 1843, in-8, p. 136 ; édit. de 1830, p. 257), raconte un banquet pique-nique fait par les académiciens macaroniques dans la petite ville de Chiozza, port de mer, dans une des îles voisines de Venise.

Après une séance de l’Académie dans laquelle chaque membre avait récité un morceau de sa façon, on banquetait gaîment. Casanova écrivit dix stances pour être de ces réunions et fut reçu membre par acclamation. Il figura encore mieux à table qu’à la séance, et il mangea tant de macaroni qu’on le jugea digne d’être nommé prince, une des premières dignités de la compagnie.

On a signalé Laurent de Medici, dit le Magnifique, Gabriel Naudé, le cardinal Mazarin, l’académicien Charles Nodier, M. Van de Weyer, littérateur et diplomate belge, comme étant tous fervents amateurs de macaroni.

Personne n’ignore combien le macaroni est du goût des Napolitains. Un poète qui a manié avec succès cet idiome, F. Sgruttendio, a consacré au macaroni une longue composition en vers ; il compare les tubes flexibles et allongés du mets national à la voie lactée et à la chevelure de Bérénice ; il peint avec feu l’ivresse du lazzaroni qui, la tête rejetée en arrière, fait adroitement descendre dans son œsophage les débiles et interminables tuyaux auxquels il doit un bonheur complet. Tout respire dans