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LE SABBAT

demeure. D’abord le chaume brûla mal. Il était encore humide d’une ondée. Mais on chercha à l’intérieur du bois sec et enfin, la paillasse de Babet fut sortie parmi des rires joyeux.

On ouvrit alors cette literie d’un coup de dague et on en répandit la paille près de la porte, puis on enflamma joyeusement tout.

Une vaste flamme se précipita en jetant des langues jaunes, roses et violettes. Cela dansait dans la ténèbre comme une chose vivante.

Les soldats se mirent à chanter une chanson guerrière avec des cris de plaisir.

Bientôt le feu gagna le toit qui cette fois prit en craquant.

Une énorme fumée tournoyait comme un suaire au-dessus de la scène démoniaque dont s’esbaudissaient les hommes d’armes.

Et brusquement, raide comme une lance, et projeté vers le ciel, un jet de feu d’une pourpre éclatante sauta haut. Il parut monter jusqu’au zénith.

Babet crut voir son seigneur le Diable qui montrait là sa force et son infernale splendeur.

Alors, en cent endroits dansèrent sur la ruine des crapauds de feu, des bêtes rousses et cabriolantes, qui étaient des flammes.

Et dans un éclaboussement de roses, de lys safranés et de folioles violettes, qui remuaient comme