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LES AMANTES DU DIABLE

gibier et se divertissait de voir dépeupler les bois du seigneur des Heaumettes qu’il détestait.

Il y avait encore deux chanoines qui mangeaient volontiers de bons morceaux, des faisans ou des rôtis de sangliers.

On les servait. Ils étaient généreux.

La fortune des Hocquin grandissait donc lentement.

Ils habitaient cette fois dans un lieu impénétrable et d’une morne tristesse, où Babet sentait pour cela même le Diable sans cesse autour d’elle.

C’était une série de ruines solides datant peut-être de mille années.

Cela comportait deux tours écroulées plus une autre écrêtée seulement.

Dans la dernière on pouvait gîter à demeure et fort paisiblement.

Au demeurant, toujours, dans le passé, ce coin forestier avait eu des habitants : rôdeurs et bandits, serfs marrons ou condamnés évadés, voire même païens obstinés qui craignaient le bûcher et ne voulaient pourtant point sacrifier au Fils de Dieu.

Depuis de longs ans c’était cependant inoccupé et Babet y installa son pauvre ménage.

Elle remplaça par des pots neufs, des écuelles de bonne terre à couverte, et d’autres nécessaires ustensiles de cuisine, tout ce qui avait disparu dans l’incendie. La vie lui sembla alors reprendre de