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LES AMANTES DU DIABLE

des choses que sa vie au fond des bois n’aurait pu lui révéler.

C’est ainsi qu’une des prostituées enfermées en sa compagnie, lui enseignait certaines formes de coquetterie et même les politesses de cour. Dans le désœuvrement, il n’est rien qui ne soit propre à distraire, Babet ne voyait pas bien à quoi tout cela pourrait jamais la servir, mais elle s’en divertissait et sut bientôt faire la révérence comme une marquise.

Et c’était l’amusement de cette chambrée de femmes, que de voir Babet recevoir le moindre homme d’armes, avec des grâces qu’elle ignorait auparavant, mais qui lui semblaient désormais obligatoires… Comme si elle se préparait à devenir maîtresse de Roi.

Enfin, on partit pour Assien.

Le plan de la bataille à livrer fut dressé par le sieur Galant, intendant du baron, qui savait un peu de tout. Il avait, en effet, été un peu curé et un peu officier, un peu usurier et aussi légiste. Il passait même pour avoir mérité d’être pendu, dans tous les métiers qu’il avait exercés. D’où la nécessité pour lui de se réfugier dans un château féodal, que les ordres de prises au corps n’avaient guère chance de soumettre à la loi…

Il possédait le plan d’Assien, terre ayant jadis appartenu à la maison des Heaumettes. C’est bien