Page:Gautier - L’Orient, tome 1, Charpentier-Fasquelle, 1893.djvu/209

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SYRIE.

mants que leurs mains. La teinture de henné qui en rougit, les ongles et les anneaux des chevilles, riches comme des bracelets, complètent la grâce et le charme de cette portion de la femme, un peu trop sacrifiée chez nous à la gloire des cordonniers. »

Le lendemain, l’émir régala son ami d’une chasse à l’oiseau, un plaisir tout féodal, un sport de haut goût que Gérard, tendre pour les animaux comme un brahme de l’Inde, apprécia médiocrement. Il faut aller en Orient pour retrouver la fauconnerie si chère à Louis XIII. — Les faucons de l’émir étaient blancs et de cette race particulière à la Syrie, dont les yeux ont l’éclat de l’or. Ils eurent bientôt saisi un héron qui se leva d’un marécage.

Quelques jours après, notre voyageur, saisi d’un enthousiasme belliqueux, voulut se joindre à une expédition de l’émir sur le territoire des Druses. Mais les exploits de la bande se bornèrent à quelques coups de fusil échangés de loin, à des plantations arrachées, à des arbres coupés. — On voulait bien in-