Page:Gautier - L’Orient, tome 1, Charpentier-Fasquelle, 1893.djvu/274

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L’ORIENT.

montré des nids d’hirondelles salanganes, ce mets dont les Chinois sont si friands et auquel ils attribuent de merveilleuses qualités toniques. Le nid d’hirondelle s’accommode en potage avec une sauce noire très-épicée, comme celle du mockle-turtle. Nous en avons mangé autrefois à Hambourg. C’est une substance gélatineuse, qui n’a pas grande saveur en elle-même et ressemble à du tapioca demi-fondu. Cette gourmandise exotique est taxée sur la carte 20 francs. Ce n’est pas cher.

De cette galerie on aperçoit un théâtre sur lequel se donnent des représentations de gymnastes, de jongleurs et d’équilibristes qui n’ont pas dû avoir le mal de mer en venant de Canton ou de Shang-haï. Il était facile, ce nous semble, d’engager une véritable troupe chinoise et de l’amener à Paris. Rien n’eût été plus intéressant, et la recette, puisqu’on paye pour entrer à la Chine de l’Exposition, eût aisément couvert la dépense. Peut-être la troupe est-elle en route, et arrivera-t-elle avec la vaisselle locale qu’on attend toujours.

Supposez que nous avons franchi la douane