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SAINT CLÉMENT D’ALEXANDRIE.

constances qui n’ont aucun rapport avec le soin de notre beauté, lorsque par exemple nos cheveux, tombant jusque sur nos yeux, nous empêchent de voir, ou que les poils de notre lèvre supérieure se mêlent à nos aliments, il ne faut point les couper avec un rasoir, mais avec des ciseaux. Quant aux poils de notre barbe qui ne nous sont point incommodes, gardons-nous bien de les couper, puisqu’ils donnent à notre visage une gravité majestueuse, et qu’ils inspirent à ceux qui nous voient une sorte de respect et de terreur filiale. Un extérieur grave et vénérable est un frein pour ne pas pécher, par la crainte qu’il nous inspire d’être trop facilement reconnus. Aussi voyons-nous que ceux qui veulent se livrer au désordre s’efforcent de n’avoir rien de remarquable, afin de se confondre dans la foule des pécheurs et de n’y être point reconnus.

L’habitude de porter les cheveux courts n’est pas seulement la marque d’une vie sévère et réglée ; elle est encore très-utile à notre santé. Car elle accoutume la tête à supporter, sans qu’il en résulte aucune incommodité pour nous, le froid, le chaud et tous les changements rapides et instantanés des saisons. On peut dire, en effet, de la chevelure de l’homme, qu’elle est comme une éponge qui pompe les humeurs et les infiltre perpétuellement dans le cerveau. Quant aux femmes, il doit leur suffire de rendre leurs cheveux plus dociles, et de les retenir dans les nœuds modestes d’un simple ruban ; plus leur chevelure est simplement arrangée, plus leur beauté est vraie et digne de la pudeur de leur sexe. Tous ces plis, toutes ces tresses, ces boucles qu’elles entrelacent les unes dans les autres les font ressembler à des courtisanes et les enlaidissent au lieu de les embellir, en leur faisant arracher violemment ceux de leurs cheveux qui n’obéissent point à leurs caprices. La tête ainsi couverte d’ornements fragiles, elles n’osent point y porter les mains ; elles craignent même de se livrer au sommeil de peur de détruire, sans le vouloir, ces parures bizarres et artificieuses qui leur ont coûté tant de soins. Mais surtout elles doivent éviter de placer sur leurs têtes des cheveux qui aient appartenu à la tête des autres. Cet usage est souverainement