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UNE DRACHME DE LANGUE

doulière et s’en va sous les fenêtres de la belle Meïra. C’était l’heure de la prière des Turcs quand il arriva sous la fenêtre. Une lumière brûlait et l’on entendait parler dans la chambre. Omer frappe à la fenêtre, on cesse de parler ; il chante, la lumière s’éteint. Personne ne fait attention à lui.

Trois soirées de suite il vint sous la fenêtre, et chaque fois il s’en alla triste et désolé. Meïra ne s’était même pas montrée. Il revint une quatrième :

— Allons, je chanterai encore ce soir, et ne reviendrai plus sous ses fenêtres.

Il accorda sa tambouriça, et d’une voix triste il chanta :


 
Tambouriça mon passe-temps,
Archet ma douce joie,
Assez longtemps tu as nourri ma faim,
Désaltéré ma soif.
Tu as attiré les filles à la fenêtre,
Tu as allumé d’amour leurs visages.
Tambouriça mon passe-temps,
Archet ma douce joie,
Hélas ! j’ai perdu les jours et l’année
À chanter sous les fenêtres de Meïra :
Meïra ne veut même pas me regarder.