Page:La Harpe - Abrégé de l’histoire générale des voyages, tome 7.djvu/25

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des guitares et plusieurs espèces de violons. Ils ont une autre sorte de danse, avec un bassin rempli de petites lampes qu’une femme porte sur sa tête, et qui ne l’empêche pas de faire toutes sortes de mouvemens et de figures sans répandre l’huile des lampes, quoiqu’elle s’agite avec une légèreté qui fait l’admiration des spectateurs. Cette danse dure presqu’une demi-heure.

Les femmes ont aussi beaucoup d’habileté à danser sur la corde, et quelques-unes s’en acquittent avec beaucoup de grâce.

Les combats de coqs sont fort en honneur au Tonquin, particulièrement à la cour. Les seigneurs font des paris considérables contre les coqs du roi, qui doivent néanmoins être toujours victorieux ; aussi cette manière de flatter appauvrit-elle les courtisans.

Ils prennent beaucoup de plaisir à la pêche ; et la multitude de leurs rivières et de leurs étangs leur en offre continuellement l’occasion. À l’égard de la chasse, ils s’y exercent peu, parce qu’ils ont à peine une forêt qui convienne à cet amusement.

Mais le principal de leurs passe-temps est la fête du nouvel an, qui arrive vers le 25 janvier, et qui est célébrée pendant trente jours. C’est le temps auquel tous les plaisirs se rassemblent, soit en public, soit dans l’intérieur des maisons. On élève des théâtres au coin des rues. Les instrumens de musique retentissent de toutes parts. La gourmandise et la débauche