Page:La Harpe - Abrégé de l’histoire générale des voyages, tome 7.djvu/32

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On changea la forme de l’administration, et ils reçurent un général ou vice-roi qui les soumit à la plupart des lois chinoises. Une longue tranquillité servit à affermir une nouvelle constitution. Cependant le souvenir de l’ancienne liberté, réveillé par l’insolence du vainqueur, fit naître dans toute la nation le désir de se délivrer du joug. Elle prit les armes sous la conduite d’un vaillant capitaine nommé Li : elle tailla les Chinois en pièces, sans épargner le vice-roi, qui se nommait Loutang. La fortune ayant continué de se déclarer pour elle dans plusieurs batailles, tant de revers, et les guerres civiles qui désolèrent alors la Chine portèrent l’empereur Humveon à recevoir des propositions de paix. Il retira ses troupes à certaines conditions, qui n’ont pas cessé, depuis quatre cent cinquante ans, d’être exécutées fidèlement. Elles obligent les Tonquinois d’envoyer de trois ans en trois ans à Pékin, capitale de l’empire chinois, un présent qui porte le nom de tribut, et de rendre hommage à l’empereur pour leur royaume et leur liberté, qu’ils reconnaissent tenir de sa bonté et de sa clémence.

Entre les richesses et les raretés qui composent le présent, ils devaient autrefois porter des statues d’or et d’argent, en forme de criminels qui demandent grâce, pour marque qu’ils attribuaient cette qualité à l’égard des Chinois, depuis qu’ils avaient massacré un vice-roi de cette nation. Aujourd’hui le tribut