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au milieu de ces grands végétaux, auxquels il faut joindre des artocarpées, des figuiers, des méliacées, des ptérospermées, des symplocos, d’affinité tropicale, dont on a parfois retrouvé jusqu’aux fleurs conservées dans la substance incrustante, on aurait encore aperçu un lierre à peine distinct de la variété irlandaise de celui d’Europe et même une vigne, analogue aux formes du genre qui habitent les vallées agrestes du Népaul et de l’Asie intérieure (fig. 10 et 11).

La Nature - 1877 - S1 - p157 - Les périodes végétales de l’époque tertiaire - Fig. 7.png
Fig. 7. — Fougère paléocène de la forêt de Gelinden.
(Sommité d’une fronde.)
Osmunda eocenica, Sap. et Mar.
La Nature - 1877 - S1 - p157 - Les périodes végétales de l’époque tertiaire - Fig. 8.png
Fig. 8. — Fougère arborescente paléocène de Sézanno (portion de fronde).
Alsophila thelypteroïdes, Sap.

Ici donc, comme à Gelinden, malgré l’opulence et la variété des formes, dues à la fraîcheur de l’ancienne localité, nous avons encore à constater, non pas la présence exclusive, mais la prédominance des formes demeurées propres à la partie méridionale de notre zone, surtout en Asie, associées, il est vrai, à des types que l’on rencontre plus habituellement dans des pays tout à fait chauds et à d’autres enfin qui paraissent avoir disparu, comme, par exemple, une curieuse Tiliacée de Sézanne, dont les fleurs seront sans doute décrites quelque jour et figurées à côté des feuilles, grâce aux admirables préparations qu’ont réussi à obtenir MM. Munier-Chalmas et Renault.

La Nature - 1877 - S1 - p157 - Les périodes végétales de l’époque tertiaire - Fig. 9.png
Fig. 9. — Laurinée paléocène de Sézanne.
Sassafras primigenium, Sap.
La Nature - 1877 - S1 - p157 - Les périodes végétales de l’époque tertiaire - Fig. 10.png
Fig 10. — Lierre paléocène de Sézanne.
Hedera prisca, Sap.

Les sables de Braoheux et les gros du Soissonnais, provenant de plages plus basses, plus découvertes et plus chaudes ont fourni des plantes d’un aspect plus varié et particulièrement des myricées, des araucariées, un bambou et enfin plusieurs palmiers à frondes flabellées dont M. Watelet, à qui en est due la découverte, a publié la description et les figures.

Une particularité de la flore paléocène d’Europe, que je veux mentionner ici parce qu’elle ressort d’observations toutes récentes, c’est de se rattacher