Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 1, part. 4, Au-Az.djvu/5

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée
913
AUB AUB AUB AUB


aristophanesque à créer. Il fait part de ses impressions aux auteurs, qui repoussent bien loin l’idée que leur pièce puisse être jouée autrement qu’ils ne Pont conçue. L’Auberge des Adrets est donc interprétée avec le sérieux que comporte un mélodrame ; mais, dès le premier acte, une bordée de sifflets lui fait accueil, et la toile tombe sur la dernière scène au milieu des huées du public. Et pourtant de qnoi se plaignait cet excellent public ? La pièce qu’on lui servait n’était, en vérité, ni meilleure ni moins bonne nue celles qu’il avait coutume d’applaudir tous les soirs. Le vice y était puni au dénoûment et la vertu récompensée. La mère reconnaissait son fils, le fils reconnaissait sa mère, qui reconnaissait son mari, lequel reconnaissait sa femme et était reconnu de tout le monde. Le scélérat faisait l’aveu de ses crimes en exhalant le dernier soupir. Tout se passait enfin selon les règles tracées par les maîtres, et le style avait quelque chose de primitif, qui prpuvait bien que si les auteurs oubliaient de rendre à la syntaxe les devoirs d’usage, ce n’était pas méchamment. Tout cela devait réussir devant des dilettantes peu ferrés sur la science du bon Lhomond ; mais il est à croire que le parterre de l’Ambigu n’était, le 2 juillet 1823, composé que de membres de l’Institut ; les spectateurs ne comprirent pas les beautés de la pièce nouvelle, et labourèrent de pommes cuites le manteau d’arlequin. Il— n’est pas facile aujourd’hui de retrouver VAuberge des Adrets, telle qu’elle sortit des mains de ses trois auteurs. La descendre de son cadre gigantesque, gratter les brillantes couleurs ajoutées depuis lors, rechercher, sous le vernis éclatant qu’on y a déposé plus tard, le grossier badigeon du premier soir, la toile nue et abrupte, la carcasse mal jointe, lourde et difforme, est chose à peu près impossible ; autant vaudrait se mettre à la recherche de la carcasse primitive de l’antique Argo, ou de ces petits cailloux à l’aide desquels Démosthène devint le plus phénoménal des orateurs. Mais l’intelligence du lecteur suppléera à la courte analyse que nous allons donner de la pièce-mère, fécondée par le génie de Frédérick Lemaître, et sans cesse pétrie et transformée, comme l’argile sous la main du statuaire. Voici donc comment les choses se passèrent dans ce drame, qui devait devenir une bouffonnerie : l’action s’accomplit dans l’auberge même des Adrets, sur la route de Grenoble à Chambéry. Au premier acte, le vertueux Charles, fils adoptif du vertueux Dumontj se dispose à épouser la vertueuse Clémentine, fille du vertueux Germeuil. De grands préparatifs ont lieu. Tout le monde est eri liesse dans l’auberge, quij des mains de Dumont, va passer en dot aux mains de Charles. Le mariage doit se célébrer le lendemain, et la future ne tarde pas à paraître en compagnie de son père. En même temps qu’elle, arrivent deux scélérats échappés des prisons de Lyon, Robert Macaire, sous le nom de Rémond. et Bertrand, Ces derniers ont faim ; ils s’attablent, se donnent des airs d’ambassadeurs en mission, qui jurent singulièrementavec leur costume et leurs manières. Rémond déclare à son compagnon qu’il a épousé autrefois une certaine Marie, qu’il a abandonnée et dont il n’a plus entendu parler depuis dix-huit ans. Comme il achève cette confidence tardive, une femme tombe d’épuisement et de misère sur la route ; on la recueille, et Rémond reconnaît en elle la pauvre Marie. Heureusement pour lui, il a sur l’œil un emplâtre qui lui permet le plus complet incognito. Sans plus se préoccuper de 1 aventure, ce modèle des époux prêté l’oreille aux conversations qui s’échangent autour de lui. C’est ainsi qu’il apprend . que ce bon M. Germeuil, père de la futurej a dans son portefeuille une somme de 12, 000 fr, Alors ? tandis que maître Dumont, l’aubergiste, n est occupé que.des préparatifs de la noce, que Charles pense à Camille, et que Camille rêve de Chartes, Rémond songe amoureusement h la dot, qui doit passer la nuit dans un coffre, tout près de sa chambre à coucher. ^ Aussitôt, le voila qui forme le projet de s’emparer du trésor. La vue de M. Germeuil, s’intéressaut à la malheureuse Marié et la secourant, ne l’arrête nullement ; si bien que, lorsque se lève le rideau sur la première scène du second acte, le spectateur terrifié voit Rémond et Bertrand sortir de la chambre de

berge, excepté Marie ; pour ne pas être à charge aux bonnes gens qui l’ont secourue, elle se dispose a s’éloigner. Mais un garçon la surprend, et elle reste ; elle laisse tomber une bourse que Germeuil lui adonnée la veille ; le garçon la lui rend et fait ses petites réflexions. Puis on frappe au dehors. Rémond

et Bertrand, feignant d’être réveillés par le bruit, descendent de leur chambre. Rémond entame une conversation rétrospective avec Marie, à laquelle il fait croire qu’elle est veuve ; puis les deux complices vont faire toutes sortes de politesses a des gendarmes qui viennent d’arriver dans l’auberge, et avec qui ils trouvent le moyen de déjeuner. Ces gerdarmes, naïfs et confiants, ne laissent pas ignorer qu’ils sont à la poursuite de deux scélérats récemment échappés des prisons de Lyon, et dont ils ont le signalement dans leur poche. Cependant les gens de la noce arrivent a la file, et le notaire apporte le contrat ; la matinée s’avance, et M. Germeuil ne paraît pas. Pendant qu’on se dispose à l’aller réveiller, Marie s éloigne de l’auberge, c’est

AUB-

913

elle qu’on soupçonne, lorsqu’on vient a s’; cevoir de l’assassinat de l’infortuné M. meuil. Pendant que les gendarmes

les passe-ports de Rémond et de Bertrand, on court après la pauvre femme, on l’arrête, on la’ramène à 1 auberge, où elle est un objet d’horreur pour tout le monde. Questionnée, elle décline ses noms ; Dumont pousse un cri, Charles en pousse un second, Marie un troisième ; on se regarde, et il se trouve que Charles, l’enfant adopté et recueilli par Dumont, le futur gendre de la victime, est le fils de Marie. La mère et l’enfant s’accablent de caresses, et Rémond fait crier sa tabatière, afin de cacher l’émotion qui menace de gagner ses entrailles paternelles ; c’est alors que le maréchal des logis l’arrête, ainsi que Bertrand. Le troisième acte proclame l’innocence de Marie. Celle-ci reconnaît Rémond et va l’aider à fuir, afin que le nom de leur fils ne soit pas porté surl’échafaud. Rémond laissera un écrit par lequel il reportera toute l’horreur du crime sur son compagnon. Mais Bertrand, exaspéré d’une telle indélicatesse, le tue d’un coup de pistolet. Rémond, avant d’expirer, tire • un papier de son sein, » et dit à ceux qui l’entourent: ■ Lisez l’aveu de mes crimes… Marie !… Charles… pardonnez-moi… je meurs… » Touché de ce repentir, Charles s’élance sur Rémond, il va révéler que ce dernier est son père, lorsque Marie l’arrête par ces mots ; « Silence !… il n’est déjà plus. » La toile tombe, et l’on ignore si M. Germeuil survivra à ses blessures. Le médecin a cependant une lueur d’espoir, et pense que la vue de sa fille lui fera du bien.

Nous le disions donc tout à l’heure, la pièce fut sifllée à outrance le premier soir. Mais le lendemain, Frédérick Lemaître réalise son rêve. Ce n’est plus le bandit traditionnel, au regard farouche, à la voix sourde et dissimulée, à la démarche inquiète ; ce n’est plus l’ogre qui se repaît du sang des jeunes filles, convoite l’or des vieillards, et n’a d’autre crainte que celle des gendarmes ; le nouveau brigand affecte dès manières de gentilhomme ; il est toujours aimable et de belle numeur, sous sa redingote ouverte à toutes les bises, son pantalon à mille pièces, ses bottes’qui rient au ruisseau, son feutre défoncé. Loin de fuir après ses exploits, on le voit tenir tète à la maréchaussée par ses plaisanteries, sa verve bouffonne et son air de prétendu bon ton ; arrangeant son rôle, l’amplifiant, Frédérick Lemaître, à force de retourner cette terre ingrate confiée a son’talent naissant, finit par en faire jaillir un caractère plein d’audace et d’originalité, et par y faire fructifier le germe de la plus étonnante comédie du xixe siècle. En un mot, s’élevant à la hauteur d’Aristophane, il crée Robert Macaire (V. ce mot). Plus tard, dans une autre pièce, qui prendra pour titre le nom-même du personnage, il continuera, il poussera à perfection cette étrange et profonde satire, où la critique de la société est faite par deux brigands, dualité bizarre où, selon l’expression de M. Théophile Gautier, Oreste et Pylade se trouvent travestis à la mode du bagne, et dans laquelle se continue cette antithèse de l’esprit et du corps, de l’idéal et du positif, traduite en argot par Robert Macaire et Bertrand, ce Don Quichotte et ce Sancho Pança du crime I Nous avons rappelé, ou a peu près, les costumes de ce criminel élégant et ignoble, dont la gaieté terrible, l’éclat de rire sinistre, la raillerie impitoyable et le sarcasme, laissent bien loin en arrière la froide méchanceté de Méphistophélès ; il a pour mouchoir une loque, pour canne un gourdin, dont il caresse à chaque instant les tibias de son ami Bertrand ; pour tout déguisement, il a un épais bandeau sur l’œil gauche; en bien, sous cet accoutrement, il montre parfois tant de grâce, de souplesse, disons le mot, de séduction, qu’il fait songer à une sorte d’aristocratie du vice et du crime. Et jusqu’à cette tabatière, devenue pour ainsi dire légendaire, et qu’il tait crier si adroitement dans les moments pathétiques, tout contribue à compléter cette mordante silhouette, %que grandit encore un magistral toupet. C’est grâce à ce toupet qu’il fascinera plus, tard la jeune Eloa, et c est a lui, sans nul douie, qu’il

faire ? Dépouillé de tout ce qu’un puissant interprète y mettait d’art et de génie, ce drame, cette comédie, cette farce ou cette satire, n’est plus, à proprement parler, qu’un tissu d’incohérences. Il faudrait décrire de quel ton Frédérick Lemaître disait toutes ces choses bizarres, fantasques, étourdissantes, qu’il faisait succéder aux lieux communs, aux sensibleries, aux sentences du drame primitif. Mais qui le pourrait ? Il est de ces regards, de ces gestes, de ces riens qu’on ne peut noter, et ces riens, voilà pourtant ce qui donnait une couleur étrange, un relief sans précédent à ce grossier canevas, devenu soudain le plus grand triomphe de la comédie moderne, la plus étourdissante invention de l’art dramatique. Robert Macaire, c’était la charge, c’était le grotesque porté au plus haut degré d’idéalisi

phrase, le style, les mots n’étaient geste était tout. Et à ce propos, il nous semble assister encore à cette fameuse audience, où le grand artiste appelé par l’éditeur Barba devait la G<" chambre, disait, en se retirant, à

maître, eiV Auberge des Adrets, ainsi modifiée, remaniée et pétrie, obtint, grâce à ces deux artistes, un succès prodigieux. Ils étaient inimitables dans cette scène d’un comique effrayant, où l’assassinat de Germeuil venant d’être découvert, on leur demande leurs passe Robert Macaire, saluant avec une aisance de gentilhomme le maréchal des logis Roger, avec gui il a déjeuné le matin : Aimable convive, de quoi s agit-il ?’— Roger : Un assassinat a été commis dans cette maison. — Macaire, faisant un geste de surprise : Vraiment, monsieur ?… et qui donc a été la victime ? Dumont : Le malheureux Germeuil. — Bertrand : Qui a assassiné ? — Macaire : Mais nous le connaissions beaucoup, M. Germeuil ; c’est ce monsieur qui était hier soir à la fête,

Bertrand : Tiens, tiens, tiens, tiens ; qui avait des bas de coton et "une culotte beurre frais. — Macaire : Ce que tu dis là est horsd’œuvre… Il avait l’air de jouir d’une si parfaite santé. Ohl les auteurs de ce crime sont des monstres ! Détruire un homme qui se portait si bien 1—Roger : Vos passe-ports. — Macaire, lui donnant une letire : Voici le mien. Ah I ah ! ahl Pardon, le voici. (Il reprend la lettre et donne unpasse-port. Iltmà Bertrand.) Une lettre de la baronne. — Bertrand : Elle te. fait des reproches ? — Roger, regardant le passe-port ; vous vous nommez ? — Macaire : Toujours. — Roger : Je vous demande votre nom. — Macaire : De Saint-Rémond. — Roger : Où allez-vous ? — Macaire : A Bagnères, prendre les eaux de ce pas. Ma santé est un peu délabrée. — Roger : Comment, vous allez a Bagnères prendre les eaux de Spa ? Cela ne se peut pas ; Bagnères, qui est dans les Pyrénées, et Spa à sept lieues de Liège. — Macaire : Monsieur le brigadier ne perd pas la carte… Mais je vous dis que je vais de ce pas prendre les eaux de Bagnères.—Roger : Votre profession. — Macaire : Ambassadeur du roi de Maroc"… Vous êtes peut-être étonné de ne pas me voir en maroquin ? — Roger : Fort bien. (À Bertrand.) Le vôtre 1 — Macaire : Monsieur te fait l’honneur de te demander ton passeport.

Bertrand : Voilà. C’est que nous les avons déjà montrés hier..— Macaire : Eh bien, qu’est-ce que cela signifie ? Est-ce que monsieur n’est pas dans l’exercice de ses fonctions ? Monsieur a le droit de t’mterroger, tu n’as pas celui de lui répoudre. — Bertrand, tirant ses papiers : Voilà, voilà, (lien laisse tomber un.) Ah I c’est la reconnaissance de mon manteau, j’ai eu cent soixante-dix francs dessus. — Roger : Vous vous nommez ? — Bertrand : Bertrand.

Roger : Et vous allez ? — Bertrand :’Pas mal, et vous ? — Macaire : Monsieur me suit. — Bertrand : Je le suis, je suis de sa suite ; de sa suite, j’en suis ; je le suis. —Roger : Votre profession ? — Bertrand. : Orphelin 1 (Chantant.) À peine au sortir de l’enfance… — Roger : Mais, monsieur, je vous demande votre profession ?

Bertrand : À peine au sortir de l’enfance…

Macaire : Ah çàl veux-tu te taire ?… (A Roger.) Je vous demande bien pardon, mais mon ami est un peu lunatique. — Bertrand : Oui, je suis fabricant de lunettes… — Roger : Il n’y a rien à dire à ces papiers, ils sont fort en règle. — Macaire : Ainsi, nous pouvons continuer notre route ? — Roger : Vous ne pouvez vous éloigner encore ; jusqu’à ce que l’enquête soit terminée, personne ne peut sortir de cette maison. — Macaire : C’est on ne peut pas plus juste.

La. réputation de Frédérick Lemaître date de cette création si grotesque et si saisissante à la fois, et dont il est impossible à la nouvelle génératior de se faire une idée complète. L’excentricité bien connue du fameux comédien s’y fit jour en même temps que son génie, et l’on raconte qu’il se faisait payer, chaque samedi, ses appointements, devenus’ considérables par suite du grand succès de son jeu, en pièces de cent sous, et qu’il se plaisait à traverser fièrement la foule qui l’attendait à la sortie du théâtre, portant sur ses épaules le sac volumineux qui contenait ses honoraires.

VAuberge des Adrets, réduite en deux actes, fut reprise le 28 janvier 1832 à la Porte-Saint-Martin. Cette reprise —donna lieu à un singulier procès. Le directeur de l’Ambigu, prétendant que la propriété morale, le poème des costumes de Frédérick Lemaître et de Serres lui appartenait, assigna cea deux artistes devant le juge de paix pour usurpation de loques. Le directeur vit, comme on le pense bien, ses prétentions repoussées ; mais le public s’occopa pendant quelque, temps de cette assez plaisante affaire. Les costumes valaient bien à eux deux 1 franc20 centimes ; mais ils étaient consacrés. Pendant les représentations de Y Auberge des Adrets à la Porte-Sàint-Martin, Frédérick Lemaître, qui ajoutait

chaque soir quelque chose de nouveau à son rôle, imagina un dénoûment des plus curieux. Sur le point d’être arrêtés, au deuxième acte, Robert Macaire et Bertrand se réfugiaient dans une loge d’avant-scène, où divers coups de pistolet étaient échangés, et où les gendarmes ne parvenaient à saisir les deux complices qu’après avoir perdu un de leurs camarades, dont le cadavre était jeté

sur la scène ». La pièce finissait par cette morale, chantée par Robert Macaire^ d’un ton qu’on ne saurait rendre :.

Tuer les mouchards et les gendarme », Ça n’empêcha pas les sentiments !. L’ingénieux directeur Harel n’était pas étranger à l’idée de cette scène des gendarmes assassinés, qui a été imprimée comme variante : Après 1844, Y Auberge des Adrets reparut encore à la scène, ainsi que Robei^t Afacuire,’&oà complément obligé ; mais la censure ne tarda pas à en arrêter la représentation. ; iNpus verrons plus loin, à l’analyse de là seconde de ces deux pièces, comment une certaine presse s’était émue depuis longtemps déjà du succès inouï du bandit fashionable ; nous verrons le réquisitoire lancé contre lui par M. Jules Janiii, réquisitoire qui tend à prouver tout simplement que Robert Macaire a enfanté Lacenaire. C’est ici le cas de répéter ce que disait en mai 1S4S M. Théophile Gautiert « Nous ne voyons pas qua la censure,’exercée depuis quinze ans sur toute tentative analogue (à la pièce qui nous occupe), et la prohibition, particulièrement, de Robert jWacai ?’e, ait sauvé la société de Juillet plus qu’aucune autre. Du jour où Robert Macaire ne donnait plus à tire sur la scène des boulevards, le public se retournait vers la scèno du monde ». Laissez au peuple le droit de rire de ceux qui ^oppriment ou qui le grugent ; qu’il chante et ne pour son argent, c’est bien le moins. Depuis Patelin, sans remonter plus haut, toutes les, fois qu’on no l’a pas vu rire, il s’est montré sombre fit terrible… » 11 est aisé sans doiite de déclare » qu’un livre, qu’une pièce, qu’un acteur a.produit tel crime ; mais il faudrait prouver.auna.^ ravant que la censure a jamais sauvé quelqu un ou quelque chose. Nous nous trompons, elle a sauvé les talents à l’eau de rose qui ont abrité leur médiocrité à l’ombre de ses ciseaux ; elle a coupé les ailes aux aigles fiers et majestueux, et laissé le droit de babiller aux passereaux qt aux infiniment petits, bien certaine que ceux-ci auraient encore trop du peu d’air libre qui leur

  • « ; » « : » " « >’- » -onir apure « -1— »

amille Doi,

, les.

Auberge de Bagnères (l.*), Opéra-COUliqUO,

réprésenté à Paris en 1807. La musique, composée par Catel, est charmante, et un excellent trio pour soprano, ténor et basse, est resté dans le répertoire des chanteurs : Ah ! monsieur est docteur. Les formes savantes de la

véritables amateurs.

— Aui.epfio ronge (l"), roman par II. de Balzac. V. Études philosophiques. *’

Auberge supposée (b*), opéra-comique en trois actes, paroles de Pianard, musique de Carafa, représenté le 26 avril 1824."

AUBEBGINE s. f. {o-bèr-ji-ne). Bot. Espèce de inorellc, qui appartient à la famille des solances, et dont les fruits, blancs, jaunes ou violets, ont une forme allongée : On cultive /’aubergine dans le rnidi de la France. (Richard.) On ne doit’employer les baies de /’aubergine que lorsqu’elles sont parfaitement mûres, sans quoi elles pourraient incommoder par leur dereté, et à cause de la solaiiine qu’elles contiennent en assez grande quantité. (L. Gouas.) il Fruit de cette plante : Aubergine blanche. Aubergine, jaune./-’aubergine violette est préférable aux autres comme aliment.

— On donno aussi à l’aubergine le nom de méringennne en Provence, où elle est particulièrement cultivée. Elle est également appelée mêlongène, et c’est ce dernier nom (solanum mêlongène) qu’ont adopté les botanistes.,

— Art culin. Fruit do la mêlongène, employé comme aliment : Plat d'aubergines. Aubergines frites, farcies, au gratin. ■,

— Adj. invar. Qui a la belle couleur violette de l’aubergine : Des tentures aubergine.

— Encycl. Hortic. Le fruit de l’aubergine est d’un usage général*, comme aliment, dans le midi de la Fiance. Sa tige est cylindrique, velue et rameuse, d’une couleur verte ou violette selon l’espèce ; ses feuilles sont ovales, sinuées, cotonneuses ; ses fleurs sont larges, blanches ou violettes. Deux espèces d’aubergine sont cultivées pour la cuisine : Yaubeigine violette, à gro3 fruit, la plus répandue, et l’aubergine blanche, à fruit allongé. Sous le climat de Paris, on ne peut cultiver l’aubergine qu’en la semant sur couche, sous clocho ou sous châssis, en février et mars, pour la mettre en place au pied d’un mur, au midi, vers le 15 mai, lorsque les semis ont acquis une hauteur de 2 à 3 décimètres. Il est nécessaire, pendant qu’on élève le plant d’aubergine sur la couche, de le repiquer plusieurs fois, en attendant le moment où il pourra être.transplanté en. plein air. L’aubergine demande à être arrosée fréquemment, mais légèrement, et il faut la sarcler ou la biner au besoin. Une plniè-banded’aubergines qui a été bien dirigée commence à donner des fruits mûrs à la fin de juin, et la récolte se continue sans interruption jusqu’aux premières gelées.

~ Art culin. Les aubergines se préparent

de différentes manières ; voici les plus usitées :

Aubergi ——— ~ >