Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 6, part. 2, Dell-Dian.djvu/147

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assez novice dans le métier de l’amour pour croire qu’il suffit d’aimer pour être aimé. Il apprend à ses dépens qu’il faut y joindre un peu de ruse. C’est en vain qu’Hélène lui écrit, le baron est là pour intercepter la lettre, et le pauvre amoureux, se croyant dédaigné, s’engage dans l’armée, laissant la place libre au baron. Celui-ci en profite pour fasciner la jeune fille, et, pour conserver sa dernière conquête, il l’épouse. Mais, au bout de deux ans, revient le chevalier ; il vient rôder autour du ménage du baron. Hélène est vertueuse sans doute, mais elle a aimé autrefois le chevalier, et, pour prévenir tout malheur, le baron jette en puture à celui-ci une nièce charmante. Cette petite pièce, assez amusante, se recommande par son style et son mérite littéraire. C’est un éloge qu’on a rarement lieu d’adresser à des vaudevillistes.

Dernier quartier (le), comédie en deux actes, en vers, par M. Édouard Pailleron, représentée pour la première fois sur le Théâtre-Français le 11 novembre 1863. L’idée de cette comédie n’est pas neuve ; elle est tout entière, sans.vouloir remonter plus haut, dans La Fontaine :

Même beauté, tant eoit exquise, Rassasie et soûle à la fin. Il me faut d’un et d’autre pain : Diversité, c’est ma devise. Cette maitresse un tantet bise Dit à mes yeux : Pourquoi cela ? C’est qu’elle est neuve ; et celle-là Qui depuis longtemps m’est acquise, Blanche qu’elle est, en nulle guise, Ne me cause d’émotion. Son cœur dit oui ; le mien dit non. D’où vient ? En voici la raison : Diversité, c’est ma devise.

C’est sur ce thème connu que M. Pailleron a exécuté de poétiques variations dans une langue très-pure, élégante et harmonieuse. Deux, jeunes mariés se sont réfugiés, dès le lendemain de leurs noces, dans une maison de campagne pour y cacher leur bonheur. Ils y vivent isolés, sans jamais admettre un tiers dans leur tête-à-tête, et leur lune de miel en est à son troisième quartier avant qu’ils aient songé à revenir à Paris. Cependant Raymond s’aperçoit un beau jour que le temps lui paraît long, et plusieurs fois même il se surprend à bâiller. Il va jusqu’à s’endormir pendant que sa femme soupire, avec accompagnement de piano, la douce romance qui chante dans son cœur... la romance expurgée

Ad usum pucllœ, revue et corrigée.

Il a assez de la campagne, des rêveries au fond des bois et des causeries au clair de la lune ; il aspire à Paris, il a mal aux nerfs et s’impatiente même des caresses que lui prodigue Jeanne. Il va jusqu’à lui reprocher un jour très-durement d’avoir cassé une superbe potiche qui ornait la cheminée. Jeanne lui demande si elle lui venait d’une maîtresse ; on se chamaille, on se brouille, on est en pleine lune rousse..Un ami arrive de Paris ; Raymond lui demande des nouvelles de Caroline, la femme à la potiche. Jeanne entend le nom de sa rivale, et dès lors elle sanglote, elle crie, elle veut qu’on la démarie ; mais, pour cela, il faut invoquer des motffs, et si, par exemple, Raymond lui donnait le plus petit soufflet en présence d’un tiers, cela suffirait amplement à justifier une séparation. Aussitôt Jeanne se met à l’œuvre : elle récite du ton le plus langoureux des poésies de Lamartine, elle joue le Trovatore avec passion, elle s’ingénie enfin à agacer les nerfs de son mari dans l’idée qu’il se portera sur elle à quelque voie de fait. Mais son espérance est trompée. Raymond écoute sa femme avec le plus grand calme, il lui demande de reprendre certains passages qu’elle dit à ravir, il s’extasie sur le sentiment musical dont elle fait preuve, et il finit par la prendre dans ses bras pour la couvrir de baisers. C’est au’il a appris que Caroline s’est consolée de l’avoir perdu en donnant son cœur à un ténor du Théâtre-Italien, et, faisant un retour sur lui-même, il a compris que le vrai bonheur était ce calme et ces doux épanchements dont il se plaignait. Le projet de séparation est rejeté bien loin, et une lune de miel toute nouvelle recommence pour les deux époux.

Cette pièce, dont la donnée n’était pas neuve et qui, depuis le Dépit amoureux, a été mise cent fois au théâtre, a été supérieurement interprétée par MM. Got, Raymond, La Fontaine, Afarien, et Mmes Roger, Jeanne, Deschamps, " Hortense.

« M. Pailleron, dit M. Vapereau, s’entend merveilleusement à traiter ces scènes symé-. triques où les effets inverses se répondent suivant des lignes parallèles, où l’intrigue se construit pièce à pièce et se démolit de même, où les situations renversées se traduisent par le renversement régulier des détails mêmes du langage. Cette petite stratégie géométrique est, depuis le Dépit amoureux, le triomphe de la comédie d’intrigue versifiée. » M. Pailleron y excelle et s’y plaît. Dans ces évolutions ingénieuses, il déploie de la verve, Un esprit facile et caustique, un style simple et vif, et un vrai sentiment de la comédie ex Ïrimé dans un vers de la plus franche allure. 1 excelle surtout à peindre la vie de ménage sous ses côtés prosaïques, en homme, d’ailleurs, qui voit le mariage sous un singulier aspect et le définit :

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Le besoin de ne plus aimer qui l’on méprise Et d’avoir des boutons toujours a sa chemise.

Dernier jour de Pompéi (LE), Opéra de

M. Victorien Joncières. V. Pompéi.

Dernier roi de Judée (LE), opéra de George

Kastner. V. Judée.

Dernière incarnation de Vautrin (là), roman par H. de Balzac. V. Scènes de la vie

PARISIENNE.

Dernier* jours de Jérusalem (LES), par

F. de Saulcy. V. Jérusalem.

Dernier* jour* de Pompéi (LES), roman

par Bulvver. V. Pompéi.

Dernier adieu (le), tableau de Ch. De Groux ; Exposition universelle de 1855. Théophile Gautier a donné de cette peinture la description suivante : « Sur une neige d’une blancheur funèbre se détachent en noir les croix de bois du cimetière ; la fosse ouverte dans la terre. gelée attend sa proie, la mâchoire béante ; la famille sanglote, les amis pleurent silencieusement, et deux enfants curieux regardent au fond du trou avec l’insouciance 5e leur âge. Appuyé sur sa bêche, le fossoyeur attend que les prières soient finies pour jeter cette première pelletée qui retentit si terriblement sur les planches du cercueil : un son qu’on n’oublie jamais ! C’est froid, navrant et sinistre. ■

Dernier bijou (le), tableau de Cl. Jacquand ; Salon de 1847.

Dernier coup d’œll (Le), tableau de M. Toulmouche ; Salon dé 1868. Une Parisienne jeune et jolie, comme le sont toutes les Parisiennes, se mire complaisamment dans un petit miroir qu’elle tient de la main droite ; au moment de partir en soirée, elle examine si rienn’est de travers dans sa coiffure, si les boucles de sa noire chevelure se marient bien avec les marguerites des prés qui les enguirlandent. Ce dernier coup d’œil rassure complètement notre charmante coquette qui se sourit à elle-même. Elle est vêtue d’une robe de soie rose qui laisse à découvert les épaules et les bras ; des marguerites ornent son corsage et un collier de perles à plusieurs rangs fait ressortir les teintes rosées de ses épaules. Elle se penche en arrière par un mouvement aussi juste que gracieux, et appuie la main gauche sur une table où est posé un burnous blanc, à côté d’un bouquet de marguerites. Sur un canapé, on voit des gants, un mouchoir de poche et un éventail. Tous ces accessoires sont peints avec beaucoup d’habileté et de finesse ; la robe est bien soyeuse et chatoyante. Ce charmant petit tableau est signé et daté de 1868.

Dernier sommeil d Ârgyll avant son exécution (le), tableau de E.-M. Ward ; Exposition universelle de 1855. Le sujet est tiré de l’Histoire d’Angleterre de Macaulay.

Dernier souper (le) OU la Cène, tableau de

Benjamin West, à la National Gallery (Londres).

Dernier soupir du Maure (le) OU Adieux

de Boniidii à Grenade, tableau de l’Anglais F.-Y. Hurlstone ; Exposition universelle, de 1855.

Dernière entrevue de Charles Ier avec ses entant», tableau de Cl. Jacquand ; musée du Luxembourg.

Dernière enlrevuo de saint Benoît et do sainte Scholaslique, tableau de M. L. dé Lestang-Parade ; commandé par la préfecture de la Seine et exposé au Salon de 1847.

Dernière épingle de Cnrméla (LA), tableau

de M. Giacomotti ; Salon do 1868. Une belle Italienne, se penchant par un mouvement des plus gracieux, fixe avec une épingle sa jupe rouge relevée. Tel est le sujet de cette peinture qui a été remarquée pour la correction du dessin, l’harmonie et la vigueur du coloris.

Dernière goutte du moissonneur (LA), Statue de bronze de M. A.-N. Perrey, exposée au Salon de 186D et acquise par le ministère des beaux-arts. C’est la statue d’un jeune homme, entièrement nu, levant des deux mains au-dessus de sa bouche une corne à ■boire d’où tombe une dernière goutte de liquide. Cette figure est bien posée et bien modelée.

Dernière heure de Rouak (la), tableau de M. L. Kaplinski • Salon’ de 1857. Le Sujet est tiré de Tadeusz, d’Adam Mickiewicz.

Derniers honneurs rendus à un pécheur

norvégien (les), tableau de M. G. Saal ; Salon de 1869. Cette peinture a été surtout remarquée pour un curieux effet de lumière septentrionale, très-habilement rendu.

Derniers moments de la fille de Galilée,

tableau de M. Eug. Jandello ; Salon de 1853.

Derniers moments do Marie Stuart (LES),

tableau de M. Alph. Honein ; Salon de 1847.

Derniers moments de Sapho (LES), Statue

de marbre, par M. G. Grootaers ; Salon de 1852.

Dernier adieu des Girondins (le), tableau

de Paul Delaroche, gravé par Édouard Girardet. V. Girondins.

Dernier jour de Pompéi (Le), tableau de

Bruloff. V. Pompéi.

Dernier soupir du Christ (LE) OU le Christ

en croix, tableau de Prudhon ; musée du

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Louvre (V. Christ.) Ce tableau a été lithofraphié par Emile Lassalle, sous le premier e ces titres, que quelques auteurs ont adopté Eour désigner le dénoûment du drame sulime du Golgotha.

Dernière prière des enfants d Édouard (la), tableau de Paul Delaroche, gravé sous ce titre par Jules François, mais plus connu sous celui de : les Enfants d’Édouard. V. enfants.

Derniers honneur* rendus aux restes de* comtes d’il [cm ont et de Horn, tableau de Gailait. V. Eqmont.

Derniers moments de Michel Lepellctier

(les), tableau de L. David, exposé en 1793 dans la salle des séances de la Convention. V. Lepelletier.

DERNIÈREMENT adv. (dèr-niè-re-manrad. dernier). Il y a peu de temps : II est arrivé dernièrement un étrange accident. J’allai le voir dernièrement.

DERNIS, mathématicien français du dixhuitième siècle. Il a publié deux ouvrages, un Traité des changes étrangers (Paris, 1726, in-4°), et Parités réciproques de la livre numéraire ou de compte instituée par Charlemagne proportionnellement « l’augmentation du prix du marc d’argent, etc. (1744).

DÉRO s. m. (dé-ro). Annél. Genre de naïs. DÉRO, une des cinquante filles de Nérée et de Doris.

’ DÉROBÉ, ÉE (dé-ro-bé) part, passé du v. Dérober. Pris furtivement : Argent dérobé. Pain dérobé. |] Pris et emporté : Les oiseaux attentifs prirent au fond du nid La mousse dérobée, aux angles du granit.

Th. de Banville.

— Par ext. Caché : La racine étant presque toujours dérobée aux regards, on peut dire que le feuillage donne seul un caractère à la plante. (Kératry.)

— Fig. Soustrait : Le vice est dérobé icibas à la honte publique, et la vertu aux éloges qu’elle mérite. (Mass.)

Meures dérobées, "ieures qu’on prend sur ses occupations hnbituelles, sur son travail ordinaire : Lire à ses heures dérobées.

— Archit. Placé en un lieu peu apparent pour servir de dégagement : Escalier dérobé. Porte dérobée. Un parvenu, qui avait beaucoup volé, montrait à un de ses amis une belle maison qu’il avait fait bâtir, et après lui avoir fait parcourir plusieurs appartements : « Voyez, lui dit-il, voici un escalier dérobé.Comme tout le reste de la maison, » lui repartit l’ami.

— Art culin. Dépouillé de sa robe, de sa première peau : Fève dérobée.

— Manège. Pied dérobé, Pied d’un cheval dont la corne est usée.

— Loc. adv. A la dérobée, Furtivement, en cachette : Se parler, s’écrire À la dérobée. Surveiller quelqu’un À la dérobée. Dans l’amour tout se fait k LA dérobée ; les amants aiment, désirent, recherchent la solitude. (A. Karr.)

DÉROBEMENT s. m. (dé-ro-be-man — rad. « dérober). Archit. Tracé fait à l’aide de l’épure qu’on rapporte directement sur la pierre équarrie.

DÉROBER v. a. ou tr. (dé-ro-bé. — Ce mot appartient aux langues indo-européennes ; le radical primitif dont il dérive est rob, qu’on retrouve dans l’ancien haut allemand roub, raub, vol ; dans l’allemand moderne rœuber, voleur ; dans l’anglais to rob, voler ; dans le suédois rof, le danois rov, le hollandais rôof, etc. On peut même suivre cette racine beaucoup plus loin que les idiomes germaniques.proprement dits, et la retrouver, sous une forme très-voisine du français, dans la branche iranienne, qui se confond avec la famille indo-germanique, dont elle constitue en quelque sorte le point intermédiaire. Il est, en effet, impossible de méconnaître cette analogie en considérant’ le mot persan roubaiden, voler, dérober, et l’expression composée dil-rouba, qui ravit les cœurs. Le mot dérober est passé en espagnol sous la forme de robar, en portugais sous celle de roubbar, en langue d’oc sous celle de raubar, très-voisine de l’allemand rauben, et en italien sous celle de rubare. Si maintenant nous voulons rechercher la racine primitive cjui a donné naissance à ces dérivés multiples, nous la retrouvons dan3 le sanscrit lup, arracher, déchirer, et, en composition avec certains préfixes, ravir, enlever. Dans les langues indo-germaniques et iraniennes, la lettre l s’est transformée en r, et le p en b, de sorte qu’on a obtenu la forme rub. Le latin et le grec ont conservé la forme primitive intacte, le premier dans lupus, loup, et le second dans alôpéx, renard, c’est-à-dire l’animal ravisseur par excellence. D’un autre côté, !e latin, dans un autre mot, rapere, ravir, a fait subir à la çacine sanscrite un changement analogue à celui des langues germaniques. Pour plus de détails, consultez les articles étymologiques consacrés aux mots loup et renard. Remarquez en outre que, par une curieuse coïncidence, le persan moderne, qui dit rmibaïden, voler, appelle un renard rouba). "Voler, prendre furtivement : Dérober un manteau, une bourse, un portefeuille. — Piller, — dépouiller de son bien :

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Nos aïeux ont pensé’presque tout ce qu’on pense ; Leurs écrits sont des vols qu’ils nous ont faits d’avance Mais le remède est simple, 11 faut faire comme eu* ; Ils nous ont dérobés, dérobons nos neveux.

  • Piron.

Il Cet emploi du verbe est inusité, bien que voler ait fréquemment un sens tout à fait analogue.

— Fig. Extorquer, gagner, obtenir par des moyens illicites, illégitimes ou peu honnêtes : Avoir l’art de mettre en œuvre de médiocres qualités dérobe l’estime et donne souvent plus de réputation que le vrai mérite. (La Rochef.) Il S’approprier parle plagiat, par l’imitation, par l’étude : Dérober des chapitres entiers à • un auteur inconnu. C’est l’esprit des grands maîtres qu’il faut tenter de dérober et de s’approprier plutôt que leurs expressions et leurs pensées. (D’Alemb.) Il Soustraire, ravir, empêcher de jouir de de se livrer ou d’être sujet à : Dérober d quelqu’un le fruit de ses travaux. Dérober quelqu’un à ses préoccupations. Dérober un criminel au châtiment qu’il. mérite. Les plaisirs des sens dérobent à Dieu les cœurs et l’attention des esprits. (Boss.) L’avare dérobe tout à ses besoins pour enrichir son imagination. (La- Rochef.) Nous mourons tous les jours ; chaque instant nous dérobe une portion de notre vie et nous avance d’un pas vers le tombeau. (Mass.) Toute ame un peu hautains

À la pitié d’autrui veut dérober sa peine.

E. AcaiER.

— Poétiq. Cacher, empêcher de voir, de pénétrer : Dérober le ciel aux regards des matelots. Dérober son bonheur à l’indiscrétion des faux amis. Dérober sa marche à l’ennemi. L’avenir nous dérobe le présent, et l’idéal la réalité. (La Rochef.) L usage de revêtir les statues d’habits quelquefois très-riches est assez commun en Grèce et fait regretter souvent que ces ornements dérobent aux yeux les beautés de l’art. (Barthél.) Le monde des faits est trop présent à la femme pour ne pas lui dérober te monde des idées. (E. Legouvé.)

— Absol. : Être enclin à dérober. Le chien qui mord sera mordu ; le chat qui dérobe sera battu. (De Jussieu.) L’homme généreux reçoit en donnant, l’ingrat dérobe en recevant. (Beauchêne.)

Dérober un secret, Le surprendre adroilement : Le pouvoir fait mieux de confesser sa faiblesse que d’en laisser dérober le secret. (Mme je Rémusat.) Pour dérober le secret de la mort, il faut mourir. (E. Pclletan.)

Dérober un baiser, Le prendre par surprise.

— Véner. Dérober la voie. Se dit du chien qui, "à la tête de la meute, chasse sans crier.

— Fauconn. Dérober les sonnettes. Se (Ht de l’oiseau qui s’en va sans être congédié.

— Mar. Dérober le vent à un bâtiment, Le lui intercepter en passant près de lui.

Se dérober v. pr. Être dérobé : Les objets qui se dérobent dans les foules.

— Dérober a soi, se priver de : Se dérober « tri repas.

— Echapper en se retirant ; s’en aller furtivement : Chercher à se dérober. Se dérober d’un salon, d’un cercle, d’une société. Je •vous dirai que, durant qu’il dormait, je me suis dérobée d’auprès de lui. (Mol.) Le page et l’empereur furent contraints de se dérober par les sentiers les plus escarpés des montagnes. (Lamart.)

Comme un hibou, souvent il le dérobe nu jour

Boileau- Il Se soustraire ; disparaître : Se dérober à la vue, à la curiosité de la multitude, à la fit-, reur, aux coups, aux applaudissements, à l’admiration. À mesure que le jour baisse, les objets se dérobent insensiblement d ta vue. (Acad.) Une grenide dissipation et divagation de l’esprit apportent mille pensées qui se dérobent à nous en même temps qu’elles naissent. (Boss.) Il Se cacher : Le chevreuil est plus facile à se dérober, plus difficile à suivre que le cerf. (Buff.) il Rester caché, inconnu : Des lois constantes, et dont la profondeur se dérobe à nos recherches, mêlent sans interruption le bien avec te mal dans le système général de la nature. (Barthél.)

Se dérober sous, En parlant des genoux. Se dit de quelqu’un dont les genoux vacillent, faiblissent, qui a peine à se soutenir : La reine fit une révérence, moins pour l’étiquette que parce que ses genoux se dérobaient sous elle. (Alex. Dum.)

Je ne me soutiens plus, ma force m’abandonpe. Mes yeux sont éblouis du jour que je revoi Et mes genoux tremblants se dérobent sous moi.

Racine.

— Manège. S’échapper tout à coup, et par un mouvement irréguher, de dessous son cavalier : Ce cheval est bon, mais il a le défaut de se dérober, il S’éloigner du chemin : Un cheval SE dérobe quand, dans une course, il quitte, malgré son cavalier, l’itinéraire obligé. (E. Chapus.)

— Syn. Dérober, attraper, détrousser C(C. V. ATTRAPER.

— Antonymes. Rendr»i restituer.

DÉROBE"" » EUSE (dé-ro-beur, eu-zernd. dérober). Celui, celle.qui dérobe.

DÉROBRACHE s. m. (dé-ro-bra-che — du gr. derê, cou ; brachus, court). Entom. Genre