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passer sous silence, car elle a surnagé des mœurs étranges du moyen âge. Sur les bords de la Desges s’étend une prairie ombragée d’aunes et de peupliers, nommée le Pré du fou. Elle ne peut être fauchée qu’après que la jeunesse de Chanteuges en a foulé l’herbe aux pieds, le jour de la Pentecôte, et que le propriétaire a acquitté une rente annuelle de 15 francs, supportée jadis par les moines de Chanteuges, possesseurs de la prairie. Le jour de la fête patronale, un mendiant, largement rémunéré, se cache dans l’herbe. Les jeunes gens, rois de la fêle, enrubannés, empanachés, armés de sabres, de fusils et de pistolets, se dispersent et cherchent le mendiant. L’ont-ils trouvé, le fou est renversé sur le dos et traîné par les pieds sur l’herbe de la prairie, en tous sens, au milieu des cris, des mousquetades, des fifres et des tambours. Puis, dans la cour de l’abbaye, recommence le même jeu. Le mendiant est alors remercié, payé et régalé par chaque boulanger de la fête d’un petit gâteau d’un sou ; après quoi les jeunes gens entrent dans l’église pour payer en cire le droit de royauté acquis aux enchères. »

DESGODETS (Antoine), architecte français, né à Paris en 1653, mort dans la même ville en 1728. Ses rares dispositions pour l’architecture lui valurent d’assister à dix-neuf ans aux séances de l’Académie. Deux ans après, Colbert l’envoya en Italie, pour exécuter le projet qu’il avait formé de faire graver les plus beaux monuments de l’antiquité. Mais ce voyage ne fut pas heureux d’abord ; laissons parler Desgodets lui-même : « Nous fûmes pris par les Turcs, qui nous menèrent à Alger, et nous y retinrent prisonniers pendant seize mois. Enfin, ayant été délivré par un échange que fit le roi, je ne me trouvai point encore à Rome dans la liberté que j’aurais pu désirer, pour étudier à ma manière ces excellents monuments de l’esprit et du savoir des anciens... « Cependant, à force de courage et de persévérance, le jeune architecte dessina avec une exactitude parfaite et beaucoup de savoir les nombreux édifices de l’ancienne Rome. Quand Desgodets, revenu à Paris, vint soumettre à Colbert cette immense et précieuse collection, le grand ministre « en fut si satisfait, dit Quatremère de Quincy, qu’il le chargea de choisir les meilleurs graveurs en architecture pour faire exécuter ses dessins aux dépens du gouvernement. Le Clerc, P. et J. Le l’autre, Chàtillon, Guérard, Brèbcs, Bonnart, de La Boissière, Tournier et Marot coopérèrent à cette entreprise... » Ce bel ouvrage, qui coûta des sommes énormes, parut en 1682. Il porte encore son premier titre : les Edifices antiques de Home, et fait partie des Estampes de la bibliothèque de la rue Richelieu. Louis XIV, pour récompenser dignement un travail de cette importance,

donna à Desgodets les hautes fonctions de contrôleur des bâtiments du roi. S’associant à cet acte de justice, l’Académie ouvrit ses portes à l’artiste. Mais, loin de s’endormir dans son faufeuil d’immortel, l’éminent architecte, à chaque séance de l’illustre compagnie, lisait un nouveau Mémoire, une nouvelle Étude, de nouvelles Observations sur les diverses branches de son art. Chacun de ses écrits témoignait d’une profonde érudition, d’un esprit inventif.

Desgodets obtint, en 1718, la place de professeur à l’Académie. Louis XV ayant assisté à une séance de cette compagnie, le 2 août 1719, notre architecte lui présenta un Traité sur les ordres. Mais son œuvre capitale, à laquelle il doit surtout la célébrité de son nom, est évidemment le recueil dont nous avons parlé plus haut. « Les dessins que j’ai donnes, dit-il lui-mêm, e à la fin du compte rendu de ce travail, représentent les édilioes en l’état qu’ils sont ; je n’ai point imité les auteurs qui ne se sont pas contentés de les restaurer, mais qui les ont comme rebâtis de nouveau... Si j ai suppléé quelques particules, comme des volutes ou des feuilles qui manquaient à des chapiteaux, je ne l’ai fait que parce que les particules semblables qui y restoient empêchoient de douter que celles que je restaurois n’eussent été de la même manière que je les ai faites... »

Les dernières années de la vie du savant architecte furent employées à l’exécution du Plan d’un palais de parlement, œuvre classique destinée à l’enseignement surtout, et qui couronna par un dernier succès cette existence si honorée. Elle fut publiée après la mort de l’auteur par Goupy, qui y joignit ses annotations (Pari3, 1748, in-8°).

DESGOFFE (Alexandre), peintre français, né à Paris en 1805. Il est élève d’Ingres. Bien qu’il ait eu des succès brillants et mérités, ce maître savant, trop universel peut-être, est aujourd’hui presque oublié ; la réputation de son homonyme a tué la sienne. Néanmoins, M. Alexandre Desgoffe est un peintre sérieux. D’abord paysagiste, il débuta, en 1834, par un Site près d’Arbonne. Plus tard, après un long voyage en Italie qui l’avait jeté dans la grande peinture, il revint exposer à Paris Argus gardant lo, Hercule et le lion de Némée, paysages héroïques à la manière de Poussin. Le Repos et les Joueurs de palet (Salon de 1849) sont deux bonnes toiles, pleines de qualités excellentes. Le Christ aux Oliviers, le Sommeil d’Oreste (1857) marquent le plus beau moment de la carrière du pein DESG

tre. Mais son talent, depuis lors, est allé décroissant, et ses derniers morceaux ne valent pas, il s’en faut, ses peintures de débutant. Il est vrai qu’il eut alors le tort de se lancer dans les tableaux religieux et bibliques. Certes, il y a du talent dans le Jésus guérissant les aveugles de Jéricho (1852), qu’on voit à Saint-Nicolas-du-Chardonnet ; mais il y a surtout de l’habileté et des souvenirs. Nous préférons à ces grandes machines, qui s’éloignent trop du tempérament de l’artiste, ses Paysages de l’Hôtel de ville de Paris ; il en est de véritablement beaux.

Ce fut en 1842 que M. Desgoffe eut son premier succès et sa première récompense, une troisième médaille. Il en obtint une deuxième en 1843, qui fut rappelée en 1848 ; une première en 1845. Le gouvernement de l’empereur l’a fait chevalier de la Légion d’honneur en 1857 ; mais cette dernière recompense n’a pas arrêté l’indifférence du public. M. Desgoffe, cependant, n’est pas d’âge à laisser tomber le pinceau. Qu’il le reprenne donc d’une main ferme, et nous montre de nouveau les qualités solides de son talent ; mais qu’il revienne au paysage, son véritable domaine, dont il est sorti trop souvent.

DESGOFFE (Biaise-Alexandre), peintre français, né à Paris, vers 1825. Élève da Flandrin, il s’essaya, au début de sa carrière d’artiste, dans la grande peinture. Quelques bijoux, des vases qu’il avait placés parmi les accessoires de ses compositions, lui firent comprendre bien vite, par le plaisir qu’il eut a les peindre et par la façon dont il les peignit, que là était sa véritable voie. Il se mit donc à étudier ces bijoux merveilleux, ces coupes ravissantes, que la Renaissance nous a, laissés. Les premiers morceaux en ce genre qui mirent en relief le nom de M. Desgoffe furent exposés en 1857. C’étaient Deux coupes d’agate orientale (xvie et xviie siècle). Tout ce que l’on peut imaginer de patience minutieuse, de prodigieuse habileté dans l’exécution se trouvait là ; le trompel’œil ^y semblait arrivé à sa plus haute expression de réalisme. Les reflets les plus bizarres, les plus inattendus, que la lumière fait miroiter sur les surfaces transparentes et polies, étaient rendus avec un respect naïf, absolu, de la réalité. Séduite complètement par les prodiges de cette photographie intelligente, l’admiration du public se traduisit en enthousiasme véritable. Cependant des artistes, des critiques plus difficiles à satisfaire, cherchèrent 1 art dans cette peinture si acclamée. Bientôt les bijoux de M. Desgoffe, pour le monde intelligent, ne furent autre chose que la plus haute expression de l’art industriel. Dans les natures mortes des maîtres flamands, l’art véritable se révèle

fjar des arrangements d’un goût exquis, par es richesses d’une magnifique palette ; les tableaux de M. Desgoffe n’ont rien de tout cela et n’en ont pas besoin ; ils représentent des modèles de bijoux, de vases, etc., modèles magnifiques, mais connus, puisqu’ils sont pris dans la collection du Louvre.

Il ne nous reste plus qu’à citer les meilleurs morceaux de ce peintre, qui ont paru aux divers Salons de ces dernières années : à celui de 18.">9, un Vase d’agate sur piédestal d’émail (xvia siècle) ; Aiguière en sardoine onyx (xvie siècle) ; Tapis turc ; à celui de 1864, Fruits et bijoux. Ce dernier morceau est, par exception, un vrai tableau ; il est aussi d’un style meilleur. Le Luxembourg possède de M. Desgoffe deux toiles bien réussies à son point de vue. Cette place, d’ailleurs, n’est pas imméritée : on est digne d’être distingué quand on excelle dans un genre quelconque. Pour cette même raison, nous trouvons justes les récompenses obtenues par le peintre des bijoux, qui obtint une troisième médaille en 1861, et une deuxième en 1863.

DESGOUTTES (Jean), littérateur français du xvie siècle, né à Lyon ou dans le Bourbonnais. Sa vie est inconnue. On a de lui : le Premier livre de l’histoire de Philandre, surnommé le Gentilhomme, prince de Marseille, et de Passerose, fille du roi de Naples (Lyon, 1544, in-8°) ; une traduction française du traité de Lucien sur la misérable condition des gens de lettres qui se louent aux grands seigneurs, et du discours du même auteur Contre la calomnie (Lyon, 1537, in-16). On lui a attribué une traduction des Œuvres de l’Arioste (Lyon, 1544, in-fol), qui a pour auteur Jean Martin, et dont il ne fut que l’éditeur. C’est la première traduction française du Roland furieux.

DESGRANGES (Tiburce du Péroux), prêtre français, né en 1678, d’une noble fjamille du Berry, mort à Castellane (Provence) en 1726. Ayant appris que la peste ravageait la Provence, il s’y rendit pour porter des secours aux pestiférés, puis alla à Paris, où il vécut au milieu des pauvres de Bicêtre. La vue de galériens qui quittaient Paris pour se rendre aux chiourmes de Marseille lui inspira l’idée de les accompagner pendant la route, afin de soulager leurs souffrances physiques et morales. Il se dévoua avec la plus profonde abnégation à cette tâche, reçut du roi le titre d’aumônier des galères et mourut des fatigues que lui fit éprouver ce genre de vie.

DESGRANGES (Jean - Baptiste), médecin français, né à Mâcon en 1751, mort à Lyon en 1831. Il devint, à vingt-cinq ans, membre du collège de chirurgie de Lyon, prit à Va DESH

lence, en 1788, le grade de docteur en médecine, acquit une grande habileté dans la pratique médico-chirurgicale, étendit par ses écrits sa réputation, qui lui valut d’être membre d’un grand nombre d’Académies en France et à l’étranger, et fut nommé, en 1793, chirurgien en chef de l’armée de Lyon, pendant que cette ville était insurgée contre la Convention. Desgranges se signala dans ce poste par son zèle et par son dévouement. Il parvint à grand’peine, après la prise de la ville, à s’échapper, se réfugia en Suisse, se fixa à Morgen, dans le canton de Vaud, revint en •France en 1802, et retourna habiter Lyon, où il fonda la Société de médecine et où il passa le reste de sa vie. Desgranges a laissé plusieurs écrits, parmi lesquels nous citerons : Lettre à M. Prost de Royer sur les moyens de rappeler à la vie les enfants qui paraissent mort-nés (1779) ; Réflexions sur la section de la symphyse du pubis (Lyon, 1792) ; Mémoire et observations sur l’introversion et la rétroversion de la matrice (1783), couronné par l’Académie de chirurgie de Paris ; Mémoires sur les moyens de perfectionner les établissements de secours pour les noyés (1790) ; Observations et remarques sur l’origine des maladies de poitrine, etc.

DESGRANGES (le P. Michel), capucin’et écrivain français. V. Degranges.

DESGRAVIERS (Augustin-Claude Leconte), écrivain, né à Paris en 1749, mort en 1S22. Il devint, en 1770, gentilhomme du duc de Conti, qui lui fit obtenir le grade de lieutenant-colonel, et auprès duquel il resta en France pendant la Révolution, Ce prince ayant été expulsé après le 18 fructidor, Desgraviers l’accompagna dans son exil, mais revint à plusieurs reprises en France, pour y défendre les intérêts de son protecteur. Pendant un de ces voyages, en’1813, Desgraviers fut arrêté et détenu pendant un mois aux Madelon. nettes. Pour le récompenser de son dévouement, le prince de Conti l’institua son légataire universel. Après la Restauration, Desgraviers réclama au roi des sommes dues sur le domaine de l’Ile-Adam, vendu en 1783 par le prince de Conti au comte de Provence. Celui-ci, devenu roi sous le nom de Louis XVIIF, refusa de payer, et Desgraviers lui intenta un procès, qu’il gagna en appel et perdit définitivement en cassation. Les pièces de ce

procès, qui fit grand bruit, ont été publiées sous le titre de : Affaire de M. le chevalier Desgraviers contre le roi (Paris, 1821, in-go). On a de lui : l’Art du limier (Paris, 1784) ; Essai de vénerie (1810, in-go) ; ]e Parfait chasseur (1810, in-8<>), etc.

DES GRIEUX (le chevalier), héros du roman de Manon Lescaut, par 1 abbé Prévost. Ce nom est devenu un mot générique pour désigner un jeune homme frivole, amoureux, spirituel, vivant d’expédients et passant sa vie dans des plaisirs peu délicats. On y fait en littérature de fréquentes allusions. En général, on lui compare alors un amoureux aveuglé au point de ne pas voir l’indignité de sa maîtresse, et capable pour elle de toutes sortes de sacrifices.

DESGRO13AIS, grammairien français, né à Magny, près de Paris, en 1703, mort en 1766. Il fut professeur au collège de Toulouse. Il eut d’assez vives discussions avec l’abbé Desfontaines, et publia les Gasconismes corrigés (1766, in-8<>), ouvrage recommandable et souvent réédité.

DESGUERROIS (Marie-Nicolas), écrivain français, né à Arcis-sur-Aube vers 1580, mort en 1676. Il entra dans les ordres, se livra avec succès à la prédication, et employa une grande partie de son temps à faire des recherches sur l’histoire ecclésiastique. Desguerrois fut nommé, en 1660, chanoine de

Troyes. On a de lui quelques ouvrages, où l’on trouve beaucoup plus d’érudition que de critique, entre autres : la Sainteté chrétienne, contenant les vies, morts et miracles de plusieurs saints de France, avec l’histoire ecclésiastique du diocèse de Troyes (1637, in-4°), et Ephemeris sanctorum insignis Ecclesiœ Trecensis (1648, in-12).

DÉSHABILITATION s. f. (dé-za-bi-li-tasi-on

— rad. déshabiliter). Jurispr. Action de déshabiliter : La déshabilitation d’un condamné. Il Peu usité,

DÉSHABILITÉ, ÉE (dé-za-bi-li-té) part, passé du v. Déshabiliter : Condamné déshabilitb.

DÉSHABILITER v. a. ou tr. (dé-za-bi-li-té

— du préf. dés, et de habiliter). Jurispr. Déclarer incapable, inhabile : La loi déshabilitb certains condamnés. Il Peu usité.

DÉSHABILLE, ÉE (dé-za-bi-llé ; Il mil.) part, passé du v. Déshabiller. Dépouillé de ses vêtements : Enfant déshabillé par sa mère.

— Fig. Dépouillé de ce qui déguisait : LA, le grand seigneur déshabillé se fait homme ; il reprend le teint vif et fleuri perdu dans les vapeurs encloses des palais, et sa poitrine se dilate sensiblement. (Virey.)

— s. m. Vêtement de chambre, habillement plus simple qu’on porte lorsqu’on est chez soi : Recevoir en déshabillé. Avoir un déshabillé coquet. Voici encore un petit déshabillé pour faire le matin mes exercices, (Mol.) La parure d’une femme de 1840 eût été le déshabillé d’une grande dame de 1540. (Balz.)

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— Fig. Dans le déshabillé, en déshabillé, A nu, dans l’intimité, sans apprêt ; au naturel : 5e montrer en déshabillé. Pour bien connaître les gens, il faut les avoir vus dans le déshabillé. Chateaubriand, dans le déshabillé, fait terriblement bon marché de son parti et de ses amis. (Ste-Beuve.) La solitude n’aime pas à être surprise EN déshabillé. (Th. Gaut.)

DÉSHABILLER v. a. ou tr. (dé-za-bi-llé ; Il mil. — du préf. dés, et de habiller). Dépouiller de ses vêtements : Déshabiller un enfant. Déshabiller un vieillard infirme.

— Par exagér. Décolleter, laisser à découvert certaines parties du corps : À cette époque, la toilette déshabille la femme, l’ameublement l’invite à la chute, le livre débauche son esprit, la musique amollit son âme. (P. de St-Victor.) Que tu me plais dans cette robe qui te déshabille si bien.’ (Th. Gaut.)

— Fig. Mettre à nu, montrer sans déguisement : Déshabiller un hypocrite.

—.Loc. prov. Déshabiller saint Pierre pour habiller saint Paul, Faire une dette pour en acquitter une autre ; se tirer d’une difficulté en s’en créant une nouvelle.

Se déshabiller v, pr. Se dépouiller de ses habits ; changer de vêtement : En rentrant du bal, je me hâtai de me déshabiller.

— Prov. Il ne faut pas se déshabiller aiwit de se coucher, Il ne faut pas se dépouiller do son bien avant sa mort.

— s. m. Action de se déshabiller : Pendant le déshabiller de votre femme, vous restez étendu sur la causeuse. (Balz.)

DÉSHABITÉ, ÉE (dé-za-bi-té) part, passé du v. Déshabiter : Appartement déshabité. Vi7/e déshabitée. Ferrure, jadis tant agitée de ses femmes, de ses plaisirs et de ses poètes, est presque déshabitée. (Chateaub.)

DÉSHABITER v. a. ou tr. (dé-za-bi-tédu préf. dés, et de habiter). Ne plus habiter : Déshabiter une ville, une maison, il Peu usité.

DÉSHABITUDE s. f. (dé-za-bi-tu-de — du préf. dés, et de habitude). Perte d’une habitude : La déshabitude du travail, il Peu usité.

DÉSHABITUÉ, ÉE (dé-za-bi-tu-é) part, passé du v. Déshabituer. Qui a perdu l’habitude d’une chose : Être déshabitué de fumer. Être déshabitué du travail.

DÉSHABITUER v. a. ou tr. (dé-za-bi-tu-é

— du préf. dés, et de habituer). Défaire d’une habitude : Déshabituer un enfant de mentir. Rien n’a pu le déshabituer de fumer. Organiser la résistance électorale, c’est déshabituer le peuple, français de l’insurrection périodique. (E. de Gir.)

Se déshabituer v. pr. Se défaire d’une habitude, perdre une habitude : Il n’a jamais pu sk deshabituer de boire. Un peuple qu’on dirige trop se déshabitue de l’action. (E. Laboulaye.)

DÉSHARMONIE s. f. (dé-zar-mo-nï — du préf. dés, et de harmonie). Défaut d’harmonie, désaccord, discordance : La désharmonie dans les opinions engendre les luttes civiles. Oh ! un livre digne de la femme ! un livre qui ne la mette pas dans les épines de la contradiction et de la désharmoxie ! (Michelet.) Il Inus.

DÉSHARMÔNIEUX, EUSE adj. (dé-zar-moni-eu, eu-ze — du préf. dés, et de harmonieux). Qui n’est pas harmonieux : Certaines couleurs s’excluent pour ainsi dire, ou du moins, placées l’une près de l’autre, elles produisent des effets désharmonieux. (Chevreul.) Il Inus.

DÉSHARMONIQUE adj. (dé-zar-mo-ni-ke

— du préf. dés, et de harmonique). Qui manque d’harmonie ; qui ne s’harmonise pas : Il y a analogie entre la stérilité des hybrides, des mulets, et celle des alliances désharmoniques. (Maquel.) Il Inus.

DÉSHARMONISATION s. f. (dé-zar-moni-za-si-on

— du préf, dés, et de harmonisation). Action de troubler l’harmonie, de désharmoniser.

DÉSHARMONISATIVtTÉ s. f. (dé-zar-moni-za-ti-vi-té

— rad. désharmoniser). Philos, soc. Faculté de détruire ou inclination à détruire l’harmonie pour établir la diversité par les contraires, dans le système de Fourier.

— Rem. Cet incroyable néologisme est un de ceux devant lesquels n’a pas reculé l’école fouriériste. On le trouvera non-seulement dans la première période du mouvement socialiste, alors qu’on osait tout dans la langue comme dans la pensée ; mais de nos jours même, en l’an de grâce 1869, dans la Science sociale, journal de Vécole sociétaire (livraisons de septembre et octobre).

DÉSHARMONISÉ, ÉE (dé-zar-mo-ni-zé)

part, passé du v. Désharmoniser : Société

DÉSHARMONtSÉE.

DÉSHARMONISER v. a. ou tr. (dé-zar-moni-zé

— du préf. dés, et de harmoniser). Déranger, troubler l’harmonie de : Désharmoniser les partis.

DESHADTERAYES (Michel-Ange-André Leroux), orientaliste français, né à Conflans-Sainte-Honorine, près de Pontoise, en 1724,

mort en 1795. Il apprit, sous la direction