Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 6, part. 2, Dell-Dian.djvu/38

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Il dit contre Suzanne tout ce qu’un homme peut dire contre une femme, excepté : j’ai été son amant. Pendant cinq actes, qui paraissent longs en dépit de l’esprit de l’auteur, c’est une lutte continuelle entre la rouerie de Suzanne et l’intelligence d’Olivier, tournoi dont M. de Nanjac est l’enjeu. Il faut qu’Olivier se dévoue jusqu’à recevoir un coup d’épée pour sauver son ami, dont la crédulité frise la niaiserie. Lorsque les yeux de M. de Nanjac sont assez ouverts pour qu’Olivier puisse en retirer la poutre qui l’aveuglait, il se dépêche de faire entrer une paille dans le sien : il épouse Marcelle, dont il s’est épris. On a blâmé ce dénoùment, en disant que l’homme qui avait le moins d’illusions sur le demi-monde y laissait sa fortune et son nom, et que c’était là une singulière moralité.

« C’est là, dit M. Jules Janin, une comédie excellente. Elle manque de jeunesse, à coup sûr ; elle manque de poésie, mais elle est crânement faite ; elle est nette, froide et tranchante comme un coup de couteau ; elle ne délie pas, elle coupe ; elle n’est pas gaie, et souvent elle est horriblement triste ; elle est vraie, et elle vous tient attentif comme on le serait au récit de sa propre bonne fortune que vous raconterait quelque intelligente bohémienne à la lèvre pourpre, aux yeux noirs. Quant au drame, il consiste à nous montrer comment un galant homme, à force de faiblesse et de trahison, peut venir à bout d’épouser une infâme. » Le Demi-monde est un des plus beaux succès de M. Dumas fils. Si l’on excepte la Dame au» camellias, l’auteur n’a mis nulle part autant de verve et d’esprit, d’ardeur et de sagesse, de zèle et de talent.

t DEMI-MONTRE s. f. Moitié de l’argent que l’on distribuait autrefois aux troupes après la revue : Donner, recevoir la demi-montre.

DEMI-MUSEAU s. m. Ichthyol. Nom vulgaire de l’espadon.

DEMI-NERVEUX adj. m. Anat. Se dit d’un des muscles de la cuisse, appelé aussi demi-

TENDINECX.

DEMI-ONCIAL, ALE adj. Paléog. Se dit d’une écriture plus petite que l’onciale : Écriture demi-onciale. Caractères demi-onciaux.

■— S. f. Écriture demi-onciale : Manuscrit

en DEMI-ONCIALE.

DEMI-OPALE s. f. Miner. Nom vulgaire du quartz résinite.

DEMI-ORBICULAIRE adj. m. Anat. Se dit de chacune des deux moitiés du muscle orbiculaire des lèvres.

DEMI-OSTADE s. f. Comm. Etoffe de laine pure, dont l’usage, autrefois répandu dans plusieurs pays, parait avoir disparu depuis la fin du xvne siècle.

DEMI-OPAUE s. f. Miner. Nom donné par "Werner au quartz résinite, qui est terne, et plus particulièrement à celui dont la couleur est d un blanc laiteux.

DÉMIOURGOS s. m. (dé-mi-our-gos — du gt. démos, peuple ; ergon, œuvre). Philos. V. 0ÉMIDHGB.

DEMI-PALMÉ, ÉE adj. Ornith. et erpét. Se dit des pieds des oiseaux et des reptiles, lorsque la membrane qui unit les doigts ne s’étend que jusqu’à la seconde phalange, comme chez les sternes : Pieds demi-palmés.

— s. m. Nom donné particulièrement au bécasseau.

DEMI-PAON s. m. Entom. Nom vulgaire d’un papillon nocturne, le sphinx ocellé ou smérinthe.

DEMI-PARALLÈLE s. f. Art milit. Nom donné à des portions de tranchée parallèles à la deuxième place d’armes, que l’assiégeant établit en avant de cette dernière, à droite et à gauche des cheminements, pour recevoir une garde chargée de protéger les travailleurs. Il On l’appelle aussi demi-place d’armes.

DEMI-PARTI s. m. Résolution insuffisante, qui ne mène qu’à moitié chemin du but qu’on veut ou qu’on doit atteindre.

DEMI-PASSION s. f. Passion sans force et sans durée ; se dit surtout de l’amour léger et éphémère que l’on a pour une femme.

DEMI-PÂTE s. f. Techn. Nom de la pâte à

Ïiapier, quand elle sort de la machine à délier. Syn. de défilé.

DEMI-PAUME s. f. Jeux. Raquette légère et de petite dimension.

DEMI-PAUSE s. f. Mus. Repos qui équivaut à la moitié d’une mesure à quatre temps. H Signe qui représente cette valeur.

— Encycl. La demi-pause est un signe musical qui se place sur la troisième ligne de la portée et qui indique un silence d’une demimesure. Nous disons à dessein ’qu’elle indique un silence d’une demi-mesure, parce qu’en réalité elle ne peut avoir son effet que si elle est placée de façon à donner un silence ou sur la première ou sur la seconde partie de la mesure, et on ne là place jamais sur le second ni sur le troisième temps. Pour expliquer notre pensée, nous allons donner les exemples suivants. La demi-pause se place ainsi :

fel

=t

ê—J

Pour obtenir les silences indiqués dans le deuxième exemple, il faudra employer les soupirs de cette façon :

E^reE^E^fe^gj

Eê=3E

-w-

g

mais on ne saurait la placer ainsi :

Nous le répétons, la demi-pause indique un silence d’une demi-mesure dans la mesure à quatre temps, c’est-à-dire que sa valeur est invariablement de deux temps, équivalant à deux noires, et, par exception, dans la mesure à douze-huit, à deux noires pointées. Ajoutons que cette valeur doit toujours former la moitié de la mesure. Ainsi, tandis que la pause, qui représente un silence d’une mesure quelle que soit la nature de cette mesure, vaut tantôt quatre temps, tantôt trois, tantôt deux, la demi-pause est invariable ; sa valeur est absolue, et elle ne saurait, par conséquent, entrer dans le fractionnement d’une mesure composée. Voilà ce que les traités de solfège ne se donnent jamais la peine de faire connaître, se bornant généralement à dire qu’elle vaut deux temps, et ce qu’il est bon cependant d’apprendre à ceux qui étudient la musique d’une façon rationnelle.

Demi-péLAGIEN s. m. Syn. de semi-péla-

QIEN.

DEMI-PÉTALOÏDE adj. Bot. Se dit du calice dont les divisions ont une ténuité ou une coloration qui rappelle celles d’une corolle, il On dit aussi semi-pétaloïde.

DEMIPHON., roi de Phlagusa, ville de l’Asie Mineure. La peste ravageant ses États, il consulta l’oracle, qui lui ordonna de sacrifier tous les ans une jeune fille noble, désignée par le sort entre toutes celles du pays. Le roi excepta ses enfants de cette loi fatale ; mais le sort étant tombé sur la fille d’un grand nommé Mastusius, celui-ci, pour se venger, invita le roi et sa famille à un repas, égorgea les filles du prince et lui fit boire leur sang. Demiphon fit jeter Mastusius à la mer et avec lui la coupe dont il s’était servi. En souvenir da cet événement, la mer reçut le nom de Mastusique, et la coupe fut placée au rang des constellations.

DEMI-PINTE s. f. Métrol. Ancienne mesure de capacité qui valait la moitié d’une pinte : Les vaches des îles Shetland donnent à peine une demi-pinte de lait par jour. (Malte-Brun.)

DEMI-PION s. m. Jeux. Aux dames et aux échecs, Avantage que le joueur le plus fort donne au plus faible pour égaliser la partie, et qui consiste à donner un pion à celui-ci toutes les deux parties.

DEMI-PIQUE s. f. Art milit. Pique de petite dimension, dont on s’est servi dans 1 armée jusqu’au xvme siècle.

— Encycl. La demi-pique fut d’abord une arme de demi-longueur, en usage chez les Perses et chez les Grecs. Procope, en parlant d’une troupe qu’il appelle les doryphores, leur donne pour arme une demi-pique. Les Romains, imitateurs des Grecs, armèrent de demi-piques une grande partie de leurs milices. Cette arme était maniée principalement par les princes et par les hastaires. On a affirmé que la gèse, arme des Gésates, était une demipique ; mais il est prouvé que la gèse était un peu plus courte. Pendant le moyen âge, cette arme d’infanterie fut abandonnée, et on ne la vit reparaître que lorsque, dans nos guerres d’Italie, il y eut des nobles qui, faute d’argent pour remplacer leurs chevaux morts, furent contraints de combattre à pied. Quelques-uns d’entre eux s’avisèrent de couper leurs lances pour les raccourcir et en firent des demi-piques, qui devinrent pour quelque temps l’arme des anspessades ou cavaliers démontés. Aussi s’en servit-on beaucoup pendant le règne de Charles IX et les guerres religieuses. Cette arme, qui différait très-peu de la javeline, fut adoptée par les fantassins nobles, par les dragons et par les gardes du corps. Dans le siècle suivant, les officiers de l’infanterie française étaient armés d’une demi-pique de sept, huit ou neuf pieds de longueur. Elle avait le fer en feuille d’abricotier et à quatre faces ; sa hampe était, selon la fortune ou le grade de l’officier, de frêne, de bois d’Inde ou d’ébène. Elle a été remplacée par l’esponton, qui l’a été lui-même par le sabre. Les demi-piques ont été employées pendant les guerres de la Révolution en manière de chevaux de frise.

DEMI-PLACE D’ARMES S. f. Art milit. Syn. de demi-parallèle.

DEMI-POLYCHRESTË adj. Pharm. S’est dit anciennement de certains médicaments auxquels on attribuait une importance secondaire. Il Se dit, chez les homœopathes, des médicaments qu’ils emploient moins souvent que ceux qu’ils nomment polychrestes.

— Encycl. Il y a trente-six médicaments demi-polychrestes ; ils sont marqués du signe C. Les polychrestes sont au nombre de vingt-quatre ; 0 est leur marque spécifique. Les demi-polychrestes sont : le ledum palustre, la drosera rçtundifolia, la spigelia anthelmin-1 thica, le conium maculatum, la digitalis pur-' purea, le slramonium datura, le thuya occiden-

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talis, le cannabis satira, le coccuhts menispermum, la coffea arabica, le cucumis colocynthis, Vignatia amara, la nux vomica, la staphysagria delpkinium, la cicuta virosa, l’opium, la cantharis, Yantimonium crudum, l’aurum foliation, la baryta carbonica, le causticum, le ferrum magneticum, le graphite-iod, Viodium, le kali carbonicum, la magnesia carbonica, la magnesia muriatica, le natrwn carbonicum, le natrum muriaticum, le nitricum acidum, le petroleum, le phosphoricum acidum, la platina, le stannum, le tartarus emelicus, le zin* eum metallicum.

DEMI-PONT s. m. Mar. Partie du pont qui se trouve sous le gaillard d’arrière.

DEMI - PORCELAINE s. f. Techn. Nom donné vulgairement et improprement à une variété de faïence fine.

DEMI-PORTÉE s. f. Techn. Allée ou venue du ruban de fils qui parcourt toute la longueur de la chaîne d’une étoffe, il Demi-portée de chaîne, Réunion de quarante fils de chaîne. Il Demi-portée de peigne, Réunion de quarante dents de peigne.

DEMI-PRÉGATON s. m. (de-mi-pré-ga-ton). Techn. Filière où repasse le fil d’or.

DEMI-QUARANTE-CINQ. Jeux. Donner demi-quarante-cinq, Donner quarante-cinq dans un jeu, trente dans l’autre, et ainsi de suite en alternant.

DEMI-QUART s. m. Moitié du quart, huitième.

— Mar. Gouverner sur le demi-quart, Faire route entre deux aires de vent.

DEMI-QUEUE s. f. Comm. Tonneau d’une capacité de 460 pintes.

DEMIE, mot turc qui signifie fer, et qui se retrouve sous les différentes formes de demur, dimour, timour. C’est ce mot qui entre dans la composition du nom du fameux Tamerlan (Timour lenk, Timour le Boiteux). L’expression Demir Kapi signifie porte de fer et s’applique en général à certains défilés étroits qui se rencontrent dans les montagnes ; c’est le derbend persan. Les Turcs ont plusieurs Demir Kapi ou Kopou ; nous citerons entre autres les Portes-de-fer du mont Hœmus, en Thrace ; du mont Amanus, en Cilicie : du mont Caucase, près de la mer Caspienne, le Bab el Abouab ou Porte des portes des Arabes, les Caspiw portée des Latins, etc.

Les historiens turcs ont donné à Charles XII, roi de Suède, à cause de son énergie et de sa ténacité, le surnom de Demir ou Timour bach (Tête de Fer).

Plusieurs auteurs ont porté le nom de Demiri, adjectif relatif formé du mot Demir, d’après le procédé arabe.

DEMI-RELIURE s. f. Genre de reliure dans lequel le dos seul est de peau, le reste étant recouvert de papier ou de toile : On attribue aux Allemands l invention des demi-reliures.

DEMI-REMISE s. f. Jeux. Avantage que le joueur le plus fort accorde au plus faible pour égaliser la partie, et qui consiste en cette convention que le plus faible joueur aura le gain de la partie s’il réussit a faire deux parties nulles de suite.

DEMI-REVÊTEMENT s. m. Fortif. Paroi d’un fossé de fortification dont la maçonnerie ne s’élève qu’à la hauteur du niveau de campagne, il Petite galerie ouverte en avant du glacis, reliée à une autre galerie qui est parallèle au chemin couvert, et servant à cheminer à la rencontre des mineurs ennemis.

DEMIR-HISSA.R, c’est-à-dire Châteaudefer, ancienne Héraclée, ville de la Turquie d’Europe, pachaïik et à 90 kilom. N.-E. de Salonique, sandjak et à 20 kilom. N.-O. de Sérès, sur le Karasou ; 8,000 hab. Cette ville, située au pied d’une montagne que couronne un vieux château en ruine, est entourée d’un mur flanqué de tours.

DEMIK1, naturaliste arabe. V. Dûmairi.

DEMIB-KAPOD. V. SeLImno et DëRBENT.

DEMI-ROND s. m. Techn. Couteau mi-circulaire à l’usage des corroyeurs.

DEMI-ROSINE s. m. Métrol. Monnaie d’or de Toscane, valant environ 10 fr. 75.

DEMIBTASH, bourg de la Turquie d’Europe, à environ i kilom. d^ndrinople. Palais’d un des vizirs.

DBMI-RYDER s. m. Métrol. Monnaie d’or de Hollande, valant environ 15 fr.

DÉMIS, ISE (dé-mi, i-ze) part, passé du v. Démettre. Luxé, disloqué : Jambe démise. Bras démis.

— Pratiq. Renvoyé, débouté : Être démis de son opposition.

DEMISCH, ville de la Turquie d’Asie, pachalik d’Anatolie, à 50 kilom. S.-E. deSmyrne ; 2,700 hab. La ville est arrosée par un torrent qui descend du mont Tmolus. On y voit une belle église grecque moderne, bâtie en grande partie avec des matériaux tirés des ruines â’Hypœpa. D’autres monuments qui ont la même origine offrent quantité d’inscriptions de toutes les époques. Dans l’école grecque de Demisch se voit une belle statue de Vénus dont la pose et les draperies sont admirables. Cette statue, qui a une grande ressemblance avec la Vénus de Milo, appartient à la plus belle époque de l’art grec.

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DEMI-SCHELLING s. m. Orthographe vicieuse adoptée par l’Académie. V. demi-shilling.

DEMISE s. f. (de-mi-ze — rad. démettre). Défroque, vêtement que l’on ne met plus. Il Se dit dans certaines provinces.

DEMISELLAGE s. m. (de-mi-zèl-la-je — de démisel, qui s’est dit pour damoisel). Célibat. Il Vieux mot.

— Ane. coût, de Lille. Biens en démisellage, Biens acquis par un homme avant le mariage.

DEMI-SETIER s. m. Métrol. Ancienne mesure de capacité pour les liquides, qui valait la moitié du setier ou oM,232â. Il Nom que l’on donne abusivement à une mesure de capacité contenant Oii’,25. il Contenu de ces mesures : Boire un demi-setier de vin.

■— Jeux. À la guinguette, Valeur de deux jetons : Davier d’un ou de plusieurs demi-

SETIERS.

DEMI-SHILLING s. m. Métrol. Monnaie anglaise valant la moitié du shilling. Il Demishilling ancien, Monnaie d’argent d’Angleterre valant 6 pence vieux ou 0 fr. 62. Il Demishilling nouveau, Monnaie d’argent d’Angleterre valant S pence nouveaux ou 0 fr. 62.

DEMI-SŒUR s. f. Ane. dr. coutum. Sœur de père ou de mère seulement, par opposition à sœur germaine : Les sœurs utérines ne sont que des demi-sœurs.

DEMI-SOIE s. f. Comm. Etoffe mi-partie soie, mi-partie laine ou coton.

DEMI-SOLDE s. f. Appointements égaux à la moitié de la solde : Officier en demi-solde.

DEMI-SONNERIE s. f. Horlog. Répétition qui ne sonne que les quarts,

DEMI-SOUPIR s. m. Mus. Repos équivalent à la moitié d’un soupir. Il Signe qui représente cette valeur : Des demi-soupirs.

— Encycl. Le demi-soupir marque un silence dont la durée est égale à celle d’une croche. Comme son nom l’indique, sa valeur représente la moitié de celle du soupir, qui lui-même vaut une noire. La figure du démisoupir forme un petit crochet dont l’extrémité supérieure est tournée à gauche, ce qui le différencie du soupir, dont la figure est exactement la même, mais tournée à droite. Voici, du reste, des exemples de demi-soupirs :

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izzti/.

DEMI-SOUVERAIN s, m. Métrol. Monnaie d’or d’Angleterre valant 10 shillings, soit 12 fr. 60 de notre monnaie. !l Monnaie d’or de l’ex-royaume lombard-vénitien, valant 20 livres d’Autriche ou 17 fr. 58.

DÉMISSION s. f. (dé-mi-si-on — lat. dimissio, renvoi). Action de se démettre d’une fonction, d’une charge, d’un emploi ; acte par lequel on signifie sa volonté de se démettre : Donner, envoyer sa démission. Le ministre n’acceptera pas votre démission. Après sa démission du protectorat, Richard Cromwell voyagea en France. (Volt.) C’est une excellente chose qu’une démission donnée à propos. (Scribe.) Il Renvoi, destitution d’une personne en place : Les intérêts de M. de Pomponne ne sont pas encore réglés ; il a sa démission et n’a pas encore d’argent. (Mme de Sév.) Il Ce sens est aujourd’hui inusité.

— Ane. jurispr. Démission de biens, Abandon de ses biens en totalité ou en partie, à titre onéreux ou gratuit, avec faculté absolue ou conditionnelle de rentrer en possession des biens dont on s’était démis.

— Féod. Acte par lequel un vendeur déclarait, par-devant les officiers du seigneur de qui relevait l’immeuble vendu, qu’il se désaisissait et se démettait de cet immeuble au profit du preneur. Il Démission de foi, Aliénation faite par un vassal d’une partie de fief, sans rétention de foi, de telle sorte que l’acquéreur obtenait en plein fief la chose aliénée.

— Syn. DémlMlon, abdication. V. ABDICATION.

— Encycl. Administr. Les fonctions publiques remplies par une personne peuvent cesser non-seulement par la mort de cette personne, par sa dégradation civique, par sa mise à la retraite, mais encore lorsqu’elle donne sa démission, c’est-à-dire lorsqu’elle fait la remise volontaire de son emploi entre les mains de l’autorité qui l’en avait pourvu. La loi ne pouvait, en effet, obliger un fonction» naire-à remplir ses fonctions malgré lui ; elle ne pouvait même le contraindre de faire connaître les motifs pour lesquels il donne sa démission. Néanmoins, comme lorsque des fonctions publiques sont conférées à un citoyen, il se forme par l’acceptation de celui-ci un véritable contrat entre le gouvernement et lui, il faut que cet acte soit résilié ; or, le concours des deux contractants étant nécessaire pour toute résiliation, la démission ne fait cesser les fonctions qu’autant qu’elle a été acceptée par l’autorité.

Les fonctionnaires publics qui donnent leur démission n’ont pas le droit de désigner leur successeur, et c est l’autorité compétente qui choisit à son gré le titulaire nouveau, à Les fonctions publiques proprement dites, fait observer Dailoz, se distinguent en ce point des