Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 8, part. 3, Frit-Gild.djvu/245

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GAUL

m, pavillon, n Gaule de pompe, Levier au me yen duquel on fait mouvoir le piston de la ptmpe.

— Pêche, Manche de la ligne.

GAULE. On na sait pa3 exactement d’où vient le nom des Gaules. Quelques-uns le rapportent au latin vallus, pieu. Diez préfère le gothique valus, en frison walu, bâton, qui a peut-être la même origine que le latin. On peut aussi songer au celtique gaélique gunal, gwiail, gwialen, gaule, verge, baguette, houssine. On trouve guaylen avec la même signification dans le dictionnaire cornouaillais du xiie siècle, publié par les soins du savant M. Zeuss. Mais si la forme est satisfaisante, quelle est la transition des sens ? Quoi qu’il en soit de l’origine de ce nom, les anciens l’appliquèrent à deux régions particulières : la Gaule transalpine, ainsi appelée par les Romains en raison de sa situation au delà des Alpes, et la Gaule cisalpine ou Gaule en deçà dus Alpes.

La Gaule transalpine avait pour limites : au N., la mer du Nord j à l’E., le Rhin et les Alpes ; au S., la Méditerranée et les Pyrénées ; à l’O., l’océan Atlantique et la Manche. Elle renfermait donc toute la France actuelle, la partie de la Hollande située au S. du Rhin, la partie de l’Allemagne et de la Suisse à l’O. du même fleuve, enfin tout le royaume de Belgique.

Aspect général, t Si l’on jette un regard sur la physionomie de la terre de Gaule, dit M. Henri Martin, les deux grands traits qui apparaissent d’abord de cette physionomie sont la forêt et le pâturage : la forêt variée selon les climats très-divers d’une région qui touche d’une part aux mers brumeuses et aux froides plaines de l’Europe, de l’autre aux rives de l’ardente et lumineuse Méditerranée. Au S., le pin maritime, l’yeuse, le liège, le buis couvrent les rochers de la côte ; plus haut, les sapins noircissent les pentes des Cévennes, des Alpes, du Jura, des Vosges ; sur les vastes plateaux et les terres ondulées du centre et de l’ouest s’étendent à perte d’horizon les dômes épais de gigantesques, chênaies, mêlées de châtaigniers et de hêtres ; dans les basses terres du nord, la forêt, moins élevée, mais remplie de halliers inextricables, coupée de bruyères et de grands marais, se déploie de la mer au Rhin ; elle porte là un nom particulier : on l’appelle l’Ardenne, c’est-à-dire la profonde. La forêt et les marais sont peuplés en partie d’animaux de la zone boréale, que le défrichement et l’adoucissement du climat chasseront un jour vers les extrémités septentrionales de l’Europe, ou qui disparaîtront sous la poursuite de l’homme ; ainsi : l’élan, le castor, le terrible urus, bœuf sauvage d’une taille et d’une force démesurées. Parmi ces hôtes des bois errent des porcs sans nombre croisés avec les sangliers et presque aussi sauvages qu’eux, et dont la chair offre une ressource inépuisable aux populations gauloises. Les vallées des montagnes, les rives des innombrables cours d’eau, les plaines basses appartiennent au pâturage. D’immenses troupeaux de beaux chevaux de bataille et de transport, de boeufs, de moutons, animent ces vastes étendues. Le champ doré des moissons n’attire le regard qu’après le bois et la prairie : l’agriculture ne lient que la troisièmo place par la surface qu’elle occupe. Cependant elle s’ouvre de nombreuses éclaircies partout, si ce n’est sur les montagnes et dans les régions de l’extrême nord. Le froment, le seigle, l’orge, le millet abondent en Gaule. Sur les plateaux, dans les clairières, au bord des eaux, s’élèvent une multitude de grandes bourgades. Dès les premiers âges, partout où la nature des lieux le permettait, les Gaulois se sont toujours agglomérés en nombre : le clan, la commune primitive, se masse volontiers en un seul groupe. Ça et là apparaissent des enceintes fortifiées, des espèces de camps retranchés, où les populations, en temps de guerre, sa retirent avec leurs troupeaux. Au nord, ces places de refuge se cachent dans les fourrés des bois et dans les îlots des marais ; à l’ouest, elles s’étendent sur les falaises escarpées de la côte armoricaine ; dans l’intérieur, elles s’élèvent sur des collines, dans des situations dominantes, comme les acropoles grecques et les arces latines. Les sauvages tribus de l’extrême nord n’habitent pas leurs forteresses, mais ailleurs les places fortes tendent à devenir des villes, des centres de population ; elles ne sont pas seulement, comme dans l’Ardenne, protégées par des abatis d’arbres et des taillis entrelacés ; elles sont entourées de fossés et de remparts. Les maisons, spacieuses et rondes, sont construites avec des poteaux et des claies revêtues en dehors et en dedans de terre battue : leurs toits élevés sont formés de bardeaux de chêne et couverts de chaume ou de paille hachée et pétrie dans l’argile. Des tables en bois, des peaux de bêtes servant de lits, des sièges et des tapis sont à peu près tous les meubles de ces demeures vastes et nues. Parfois des vases d’argent, contrastant avec cette simplicité, révèlent la richesse minérale du pays. Le premier aspect de la ville ou du village gaulois est dur cependant à l’œil de l’étranger venu des brillantes cités de la Grèce ou de la basse Italie ; le voyageur recule en apercevant des tètes d’hommes clouées aux portes de la ville et à celles des maisons, à côté des hures et des mufles d’animaux sau GAUL

vages. Mais les manières franches et ouvertes de ses hôtes, leur cordiale simplicité, la propreté, l’espèce d’élégance rustique des habitants et des vêtements remettent le cœur de l’étranger. »

Le rapport des envoyés de Clodion nous fait connaître l’état de la Gaule, au moment où elle fut envahie par les Francs. Nous donnons ici le sens, sinon le texte de ce curieux document.

« Le sol de la Gaule est d’une extrême fertilité pour toutes les espèces de productions. Ses vignobles sont nombreux, ses vins délicieux. Les plus estimés sont ceux de Bordeaux, Autun, Beaune et Paris. Un des plus grands forfaits reprochés à Domitien est d’avoir fait arracher les vignes de la Gaule, et un sentiment de vénération est attaché à la mémoire de l’empereur Probus, qui les fit replanter. La Gaule abonde en métaux de toute espèce : or, argent, cuivre, plomb, étain, fer, etc., et en carrières de marbre, de pierre, d’albâtre, de granit, etc. On y trouve quantité d’eaux thermales, sulfureuses et ferrugineuses. La Gaule, entrecoupée de superbes fleuves et d’une foule de rivières de second ordre, de montagnes, de gras pâturages, peut être considérée comme l’une des plus délicieuses contrées de la terre. Les chrétiens de ce pays comparent quelques-unes de ses provinces au paradis terrestre. Il y a cependant quelques parties de la Gaule qui sont exposées a des vents violents d’occident et du nord. Le pays est couvert de forêts d’une vaste étendue et garni d’arbres de toute espèce. Les forêts et les montagnes de ce pays offrent une vaste carrière à l’exercice de la chasse des bêtes fauves, si recherchées parmi nous, telles que le cerf, le daim, le taureau sauvage, l’urus et le bison. La population de la Gaule est de 16 à 17 millions d’âmes, et il n’y a pas de doute qu’elle ne puisse se tripler, si ce pays a le bonheur de passer un jour sous la domination des Francs. L’empereur d’Occident gouverne la Gaule par un préfet du prétoire, celui-ci par un vice-préfet ou vicaire général.

Ethnographie et Histoire. Avant la conquête romaine, trois races de peuples se partageaient la Gaule : la race gauloise, la race ibérienne et la race grecque. La race gauloise proprement dite était établie entre le Rhin et la mer au N., la Garonne, le Tarn et les Cévennes, le Rhône et l’Isère au S. Elle était divisée en deux branches : la branche gallique et la branche kymrique. La branche gallique comptait trois confédérations : 10 celle des Arvernes, dans laquelle étaient groupées les peuplades des Helviens, des Vellaves, des Gabales, des Rutènes, des Cadurces, des Nitiobriges, et dont la capitale était Gergovie ; 2° celle des Eduens, qui avait pour cités principales Bibracte et Noviodunum, et étendait sa suprématie sur les Mandubiens, les Ainbarres, les Isombres ou Insubres, les Ségusiens et les Bituriges ; 3° celle des Séquanes, dont la capitale était Vesontio. Cette dernière confédération était établie entre les sources de la Seine, la Saône et le Jura. Signalons aussi trois autres peuplades galliques indépendantes : les Helvétiens, les tribus Pennines et les Allobroges ; Vienne et Genève en étaient les cités les plus importantes. Une race mixte, résultant du mélange des Galls ou Gaëls et des Kymris, occupait le centre de la Gaule et comprenait 17 peuples, parmi lesquels nous citerons : les Pétrocoriens, les Lémovices, les Santones, les Pictaves, les Amlegaves, les Turones, les Carnutes, les Séuonais, les Lingons, les Aulerci-Eburovie.es, les Diablintes, les Cénomans, les Namnètes, les Vénètes, les Osismiens, les Curiosolites, les Redons, les Abrincates, les Unelles, tes Baïocasses et les Lexoviens. Entre la Marne et le Rhin était établie la branche kymrique, composée de Kymris purs, appelés aussi Belges. Parmi les 23 peuples qu’elle comprenait, nous signalerons : les Leuci, les Médiamotrices, les Rémi, les Suessions, les Bellovaques, les Calètes, les Ambiens, les Atrébates, les Morins, les Trévères, les Eburons, les Nerviens, les Ménapiens et les Bataveg,

La race ibérienne, qui s’était fixée au S. de la race gauloise, comprenait deux branches : 1° les Aquitains, établis entre la Garonne, le golfe de Gascogne et les Pyrénées, et comprenant îo peuplades, doni les plus importantes étaient : les Tarbelles, les Bigerrions, les Garumni et les Ausci ; 2° les Ligures, divisés en lbéro-Ligures et en Celto-Ligures. Parmi les lbéro-Ligures, dont le pays s’étendait depuis la Garonne et les Pyrénées jusqu’au Rhône, on comptait les Sarilones ou Sordi, les Bèbryces, les Elésyces, les Volces-Tectosages et les Volees-Arécomices. Nous signalerons parmi les Celto-Ligures : les Salyes ou Salluviens, les Oxibiens, les Décéates, les Cavares, les Voconces. La race grecque, après avoir fondé Marseille, avait établi le long de la côte, depuis le golfe de Gênes jusqu’en Espagne, de nombreuses colonies : Portus Berculis Alonsci (Monaco), Niaea (Nice), Antipolis (Antibes), Olbia (Eaube), Rhodanomia, Agatha (Agde), et en Espagne, Rkada (Roses), Emporta (Ampurias), et Llianium (Dénia).

Les premières conquêtes des Romains en Gaule eurent lieu de 154 à 59 av. J.-C. À l’arrivée de César, le pays était ainsi divisé : les Belges ou Kymris au N.’ (Gaule Belgique) ;

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les Galls ou Celtes au centre (Gaule celtique) ; au S.-O. l’Aquitaine ; au S.-E. la province romaine ; enfin, les possessions de Marseille, alliée du peuple romain. > Ce que les Romains possédaient alors en Gaule, dit Danville (Notice de l’ancienne Gaule), y était distingué simplement par le nom de Provincia. César dit quelquefois provineia nostra ou Gallia provincta. L’usage d’un vêtement appelé bracca, qui couvrait les cuisses, lui fit donner aussi le nom de Gallia braccata, et a cette dénomination succéda celle de Narbonensis. » Quoique l’établissement d’une colonie romaine à Narbonne ait devancé notre ère d’environ 116 ans, il est probable que le nom de Narbonnaise n’a eu lieu que sous Auguste, et en même temps que la Celtique a été désignée par le nom de Lyonnaise. Cette partie de la Gaule s’étant, plus tôt qu’aucune autre, façonnée aux manières des Romains et à leur gouvernement, Pline en parle dans les termes les plus avantageux : « Agrorum cultu, virorum, morumque dignatime, amplitudine optim, nulli prouinciarum postferenda, bréviterque Italia vertus, quant Prouincia. » Il était réservé à César de faire connaître la Gaule entière jusqu’à l’Océan et jusqu’au Rhin vers ses embouchures. Cette grande partie de la Gaule, où les armes romaines n’avaient point pénétré avant lui, était distinguée parle surnom de comata, parce que les peuples y portaient leur chevelure dans toute sa longueur. Les trois nations principales qui se partageaient la Gaule différaient entre elles par le langage, la manière de vivre et de se gouverner : « Hiomnesling>ia, institutis, Uqibusinter se différant, s écritCos.irdans sesCommwifai PKOYINCES.

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res. Les Belges paraissaient tenir des Germains : Plerosque Belgas esse ortos à Germants, Suivant Strabon, les Aquitains avaient quelque affinité avec les nat^pns ibériennes ou espagnoles, dont ils n’étaient séparés que par les Pyrénées. César applique plus particulièrement aux Celtes le nom de Galli. La Gaule celtique était en même temps plus étendue que la Belgique ou l’Aquitaine ; elle atteignait d’un côté la Garonne, de l’autre la Seine et la Marne (Gatlos ab Aquitanis Garumna /lumen, à Belgis Matrnna et Sequana dividit). C’est à Auguste que l’on doit les premières modifications apportées dans la géofraphie politique de la Gaule. Ce prince la ivisa en quatre provinces : la Narbonnaise, l’Aquitaine, la Celtique ou’Lyonnaise et la Belgique. Plus tard deux subdivisions furent créées en Belgique : la Germanie supérieure et la Germanie inférieure. Cette division en six provinces subsista jusqu’à Dioclétien. A partir du règne de ce prince, le nombre des provinces gauloises varia fréquemment. On en comptait 11 à l’avènement de Julien. Ce nombre fut encore augmenté sous Honorius, et porté enfin à 17 par l’adjonction des Alpes Maritimes et des Alpes Grées et la séparation de l’Aquitaine en 1™ et en 2°, par celle do la Viennoise en Viennoise et Narbonnaise seconde, par celle des deux Lyonnaises en deux nouvelles provinces. Nous donnons ici le tableau des 17 provinces, avec leurs capitales et les cités qu’elles comprenaient. Comme l’Eglise avait établi des métropolitains dans les capitales des provinces et des évêques dans les cités, cette division civile était en même temps la division religieuse.

CITÉS.

Lyon Autun, Langres, Chalon, Màcon.

Rouen Bayeux, Avranches, Evreux, Séez, Lisieux, Coutances.

iLe Mans, Rennes, Angers, Nantes, Cornouailles (ensuite Quimper), Vannes, Saint-Pol-de-Léon, Oiablintum (Jublains).

. Sens ’ Chartres, Auxerre, Troyes, Orléans, Paris, Meaux.

Trêves Metz, Toul, Verdun.

iSoissons, Châlons-sur-Marne, Saint-Quentin, Arras, Tournai, Cambrai, Senlis, Beauvais, Amiens, Thérouanne, Boulogne.

Germanie ou{M Strasbourg, Spire, Worms.

supérieure... j J °’ r ’

Germanie 2° oujc. Tongres.

inférieure...(° ° ■

Grande Séquanie Besançon jNySUr : sAaône ?hé Bâle> Windlsch> Yverdun> AuSst> Por< A1ptnnmeéseS "1 °TtiërsT !" ^jododuro (Martigny-en-Valais). Vienne...

MÉTROPOLES.

Viennoise...

Aquitaine 1™. Aquitaine 2°.

Alpes Maritimes. Embrun.

jGenève, Grenoble, Aps, Die, Valence, Aoste-en-Diois,

Vaison, Orange, Cavaillon, Avignon, Arles, Marseille.

t, „„ (Clennont-Ferrand, Rodez, Albi, Cahors, Limoges, Javols,

Bourges j Saint-Paulien (Haute-Loire).

Bordeaux Agen, Angoulême, Saintes, Poitiers, Périgueux.

, ., -, (Dax, Leetoure, Saint-Bertrand-de-Comminges, Conserans,

Novempopulanie Eause j ^^ ^ Bazas> TarbeS] 0, orwJj A °.h ;

Narbonnaise 1". Narbonne Toulouse, Béziers, Nîmes, Lodève, Uzès.

Narbonnaise 2». Aix Apt, Riez, Fréjus, Gap, Sisteron, Antibes.

jDigne, Chorges, Castellane, Senez, Glandève, Cimiez, Vence.

Sous Augusta et sous ses premiers successeurs, la capitale de la Gaule centrale fut Lugdurium (Lyon). Dans la suite, la ville de Trêves et enfin celle d’Arles devinrent métropoles de la Gaule, et le préfet du prétoire y résida. Le préfet du prétoire était nommé par l’empereur ; chacune des 17 provinces de la Gaule était régie par un gouverneur, qui était placé sous les ordres du préfet du prétoire. Ces gouverneurs rendaient la justice, adminictraient, percevaient les impôts, levaient les soldats et faisaient exécuter les lois.

« Sans être à beaucoup près aussi peuplée qu’au xixe siècle, la Gaule, dit le général de Vaudoncourt, n’était pas un pays à moitié désert, couvert de bois et de marais, comme il a plu à quelques pédants de collège de la peindre, sans réfléchir qu’ils se mettaient en contradiction avec les éloges que Polybe, Strabon, Mêla, Suétone, Justin, Pline donnent à la fertilité de ce territoire ; aujourd’hui, il contient environ 40 millions d’habitants ; alors, d’après les inductions et les calculs comparatifs les mieux raisonnes, il en avait à peu près 12 millions. La culture étant nécessairement proportionnée à la population, il en résulte naturellement que l’étendue des forêts et celle des terrains marécageux était beaucoup plus grande qu’elle ne l’est de nos jours. Cette masse de forêts se déroulait plus particulièrement à l’E. et au N. Celle des Ardennes partait presque des bords du Rhône et s’élevait jusqu à l’Escaut et à la Meuse ; en largeur, elle occupait tout l’espace compris entre le Rhin et la Meuse, qu’elle passait vers Bavay en se dirigeant vers la mer du côté de Dunkerque. II ne faut cependant pas croire que cette étendue de bois, dont le nom gaulois signifie avec raison la grande forêt, fût compacte et impénétrable comme les forêts du Canada au xvio siècle. De larges clairières en interrompaient la continuité et contenaient des villes, des bourgs et des villages entourés de terres cultivées. Les arbres, les plantes et les fruits de la Gaule étaient, en général, ce qu’ils sont encore aujourd’hui, excepté quelques espèces qui y ont été apportées de pays plus méridionaux. La culture de l’olivier, du figuier, du citronnier, do l’oranger y fut introduite par les Phocéens de Marseille ; la vigne est venue d’Italie. On y trouvait les mêmes espèces d’animaux domestiques que de nos jours ; les porcs et les oies s’y rencontraient surtout en abondance. César parle do trois espèces d’animaux sauvages comme étant particuliers à la Gaule : c’étaient l’urus, le bison et l’alces ou élan. Les eaux thermales et minérales abondaient en Gaule, et les monuments qu’on a découverts prouvent que presque toutes celles qui sont fréquentées aujourd’hui l’étaient déjà sous la domination romaine. Les côtes de la Méditerranée et de l’Océan occidental fournissaient du sel en abondance, et les salines de Vie, chez les Médiamotrices, et de Salins, chez les Séquaniens, étaient connues. >

Deux conciles, tenus on ne sait dans quelle ville, sont connus sous le nom de conciles des Gaules. Le premier se tint en l’an 429. On sait seulement que les évêques réunis choisirent, de l’uvis du pape Célestin, saint Germain d’Auxerre et saint Loup de Troyes [jour aller combattre en Angleterre l’hérésie des péiasgiens, qui faisait des progrès inquiétants. Au second, tenu eu l’an 4SI, quarante-quatre évêques, présidés par Ravenne, évêque d’Arles, approuvèrent la lettre que le pape saint Léon avait écrite à Flavien de Constantinople pour remonter son courage et l’affermir dans la vraie croyance. Ils écrivirent à ce sujet une lettre synodale fort élogieuse pour le pape.

Lorsqu’on examine attentivement, dit M. Amédée Thierry, dans son Histoire des Gaulois, le caractère des faits relatifs aui. croyances religieuses de la Gaule, on est amené à y reconnaître deux systèmes d’idées, deux corps de symboles et de superstitions tout à fait distincts, en un mot, deux religions : l’une, toute sensible, dérivant de l’adoration des phénomènes naturels, et, par ses formes ainsi que par la marche libre de son développement, rappelant le polythéisme de la Grèce ; l’autre, fondée sur un panthéisme matériel, métaphysique mystérieuse, sacerdotale, présentant avec les religions de l’Orient !n plus étonnante conformité. Cette