Page:Le Testament de Jean Meslier - Tome 2, 1864.pdf/201

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XLVII.


Mais tous ces autres Prêtres ou Ecclésiastiques, tous ces Abbés et Prieurs, tous ces Chanoines et Chapelains et particuliérement encore tous ces pieux et ridicules mascarades de moines et de moinesses, qui sont de tant de diverses sortes et en si grand nombre dans l’Eglise Romaine et Gallicane, de quelle nécessité ou de quelle utilité sont-ils dans le monde ? D’aucune ! Quel service rendent-ils au Public ? Aucun ! Quelle fonctions font-ils dans les Paroisses ? Aucune ! Cependant tous ces gens-là sont encore les mieux rentés et les mieux pourvus de tous les biens et de toutes les commodités de la vie ; ils sont les mieux logés, les mieux meublés, les mieux vêtus, les mieux chaussés, les mieux nourris et les moins exposés aux injures et aux incommodités des tems et des saisons ; ils ne sont point, comme les autres, fatigués de travail ; ils ne sont point, comme eux, frapés des afflictions et des misères de la vie. In laboribus hominum non sunt et eum hominibus non flagellabuntur [1]. S’ils tombent quelquefois dans des maladies ou dans des infirmités, ils sont si promtement et si soigneusement secourus et sollicités dans leurs besoins, que le mal même n’a presque pas le temps de les offenser ; et ce qu’il y a de plus particulier encore à l’égard des Moines, c’est que, quoiqu’ils fassent des voeux de pauvreté et de renoncer au monde, à toutes ses pompes et à toutes ses vanités,

  1. Psal. 72.