Page:Le roman de la luxure, tomes 3 et 4, Miss Frankland - Les mystères du presbytères, 1925.djvu/61

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
62


un avantage à ce sujet ; car cette femme supérieure nous disait toujours que pour mériter sa confiance et son amitié, nous devions profiter de ses leçons. J’ai parlé déjà de son système d’éducation qui était bien supérieur à tout ce que nous avions connu jusqu’à présent, et maintenant qu’elle avait gagné notre amour et notre affection, il n’y avait rien que nous ne fussions disposés à faire pour seconder ses efforts pour nos progrès. Elle était très instruite, parlait français et allemand comme des natifs, connaissait assez de grec et de latin pour moi et elle était une musicienne consommée. J’ai rarement entendu quelqu’un pour toucher aussi bien du piano. Pendant les deux ans qui suivirent notre première orgie, je fis vraiment des progrès étincelants. Nous parlions tous assez bien le français, nous avions quelques connaissances sérieuses de l’allemand, spécialement. Marie qui le parlait très bien ; quant à moi, je parlais l’allemand aussi bien que le français et j’avais des connaissances assez étendues en latin et en grec.

Ce fut vers cette époque qu’arriva un événement qui changea entièrement notre existence. Ma mère a déjà dit que j’avais des espérances du côté d’un oncle ; elles étaient très vagues. Il était le frère de mon père, mais ils ne s’étaient jamais bien entendus ensemble et nous étions presque étrangers les uns aux autres. Il mourut et un beau jour nous fûmes fort surpris, pour ne pas dire enchantés, d’apprendre de son exécuteur testamentaire, un monsieur Nixon, riche marchand de Londres, que