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L’ÉCONOMIE POLITIQUE.

nement les profits de toutes les améliorations qu’il y fera. Je veux vous lire, à ce sujet, un morceau de Paley :

« Le principal moyen d’encourager l’agriculture par les lois est de soumettre celles sur la propriété aux deux règles suivantes ; 1° donner à celui qui occupe une terre toute la puissance sur cette terre, qui est nécessaire pour une parfaite culture ; 2° laisser le profit entier de chaque amélioration aux personnes par qui elle a été faite.

Du reste il est indifférent au public que cette puissance sur le sol soit en telle ou en telle main, pourvu qu’on en fasse un bon usage ; il importe peu à qui la terre appartient, pourvu qu’elle soit bien cultivée.

L’agriculture est découragée par tout établissement de propriété foncière, en vertu duquel ceux qui ne prennent aucune part aux améliorations sont appelés à en partager les profits. Cette remarque s’applique à toutes les coutumes, qui, soit à la mort du seigneur ou du tenancier, soit au moment où la terre est aliénée, soumettent le propriétaire à une amende proportionnée à l’augmentation de valeur produite par l’amélioration de la terre. Mais, de toutes les institutions qui nuisent de cette manière à la culture et aux améliorations, il n’y en a point de plus pernicieuse que la dîme. Quand des années de travail et de soin ont amené une amélioration à son point de maturité, quand le cultivateur voit ses nouvelles récoltes répondre à son active industrie, au moment d’y porter la faucille, il est appelé à la partager avec un étranger. La dîme est une taxe, non—seulement sur l’industrie qui » nourrit les hommes, mais sur l’espèce de travail que les lois doivent » le plus encourager. »


CAROLINE.

Il est en effet bien à regretter que les sommes nécessaires à l’entretien du clergé ne puissent pas être levées par quelque autre voie.


MADAME B.

Puisque tout droit de propriété dérive d’une institution légale, le clergé a le même droit à ses dîmes, que le propriétaire foncier à sa terre. Mais cette loi pèse si durement sur le cultivateur, qu’il y a, je crois, peu de membres du clergé qui lèvent leurs dîmes dans toute l’étendue de leurs droits. Ils ne peuvent le faire sans s’expo-