Page:Marie de France - Poésies, éd. Roquefort, I, 1820.djvu/44

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NOTICE

dictionnaires, mais encore aucun autre qui en approche. Car le latin barbare Leudus, déjà en usage au VIe siècle[1], paroît avoir été formé des langues du Nord. On le trouve, en effet, dans le teuton lied, le danois leege le saxon leoth, l’anglo-saxon leod, l’islandois liod, l’irlandois laoi[2], mots qui servent à désigner une pièce de vers faite pour être chantée. On le tire aussi de l’ancien allemand leikr, jeu d’instruments, dont on auroit fait successivement leich, laics, lays, lay, et puis lai. D’autres le font venir du latin lessus, plainte, lamentation. Quoi qu’il en soit, il ne faut pas confondre les Lais bretons, autrement dits Lais de Chevalerie, avec les autres pièces qui portèrent le même nom, et dont Alain Chartier paroît avoir le premier fixé

  1. Barbaros Leudos harpâ relidebat.

    Venant. Fortunatus, lib. I, epist. I, ad Gregor Turonens.

    Hos tibi versiculos, dent barbara carmina Leudos ;
    Sic variante tropo, laus sonet una viro.

    Ibid. epist. ad Lupum Com. Campan.
  2. Ancient Engleish metrical romanceës, tom. III, pag. 243.