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a travers le grönland.

poisson crus, je vais avec eux à la chasse, tantôt en kayak, tantôt sur les ski : en un mol, je m’assimile autant que possible à la vie du Grönlandais, et elle n’est pas désagréable, cette vie, avec ces braves gens que nous considérons à tort comme des sauvages.

Je songeai tout d’abord à chasser le renne, et toute une journée je parcourus les environs de Sardlok en quête de ce gibier. N’en ayant trouvé trace, je renonçai à ce projet pour aller pêcher le flétan. La capture de ce poisson est la pèche la plus émouvante que je connaisse. En se débattant, le flétan fait quelquefois chavirer le kayak.


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terkel, chasseur de sardlok. (dessin d’a. bloch, d’après une photographie de m. c. ryberg.)

On peut rester toute une journée sur les bancs sans prendre un flétan, et ce n’est pas une position très agréable par-des froids de 20 degrés avec des bourrasques de neige ; mais si la pèche est bonne, toutes les souffrances sont oubliées. Lorsque le poisson mord, on n’éprouve pas une secousse brusque, mais on sent au bout de la