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PRÉFACE



Nouveau Larousse illustré, 1898, I (page 13 crop).jpg
’ouvrage que nous publions aujourd’hui n’est pas un abrégé du Grand Dictionnaire Larousse. Il se rattache à son devancier par l’idée essentiellement encyclopédique qui a présidé à son élaboration, et, sous ce rapport, un lien unit étroitement l’une à l’autre les deux publications ; mais le Nouveau Larousse illustré a son originalité propre, ses caractères particuliers, ses avantages spéciaux, qu’il importe de mettre en relief.

Il existe tant en France qu’à l’étranger des répertoires encyclopédiques. Ces recueils, dont quelques-uns jouissent d’une renommée légitime, conviennent à l’homme de cabinet, au savant. Peut-on dire qu’ils conviennent de même au grand public, c’est-à-dire à cette catégorie si nombreuse de personnes qui, disposant d’un temps limité, en dehors de leurs occupations professionnelles, doivent avoir sous la main un dictionnaire concis, pratique, de consultation facile ? La réponse n’est pas douteuse. À ce public, auquel nous avons songé en concevant le plan du Nouveau Larousse, il ne faut pas de ces recueils considérables qui, sur chaque question, sur chaque événement, donnent une véritable monographie de la matière, et obligent le lecteur, pour rechercher une date, pour connaître un fait, à lire des pages et des pages. À ce public, il y a lieu de présenter une encyclopédie de dimensions moyennes, aussi complète que possible, et qui puisse constituer le livre de fonds de toutes les bibliothèques, de toutes les familles.

Il n’est pas de tâche plus délicate que celle qui consiste à faire connaître les résultats de la haute culture scientifique. Désireux de conduire à bien une œuvre de vulgarisation sincère, nous avons pris soin de grouper autour de nous des hommes capables de nous seconder avec efficacité. Que le lecteur consulte, à la fin de chaque volume, les noms de ceux qui ont pris part à la rédaction ou à l’illustration : il constatera que tout collaborateur, même le plus modeste, a qualité pour tenir la plume et ne parle que de ce qu’il sait. L’histoire est traitée par des historiens, la géographie par des géographes, la médecine par des médecins, etc. C’est une vérité banale, mais qu’il est à propos de rappeler ici, que l’on ne peut résumer en quelques lignes les éléments d’une question si on ne connaît bien cette question tout entière ; car, ainsi qu’on l’a dit très justement, un jour de synthèse est l’aboutissement de plusieurs années d’analyse patiente. De là, le soin que nous avons eu de faire appel soit à des savants, soit à leurs disciples, afin que le lecteur fut toujours certain d’avoir sous les yeux des articles sûrs. Nous ne prétendons pas à l’infaillibilité : plus qu’aucune autre, une œuvre encyclopédique, par la masse même des matériaux qu’elle met en œuvre, est incidemment sujette à l’erreur ; mais nous avons fait tous nos efforts pour amasser ici la plus grande somme possible de vérité.

Une autre difficulté consistait dans l’établissement du vocabulaire. Après mûre réflexion, nous avons décidé de n’omettre aucun mot consacré, de ne passer sous silence aucun vocable littéraire, aucun terme familier, aucune expression enfin ayant acquis chez nous droit de cité. Mais nous n’avons pas hésité à jeter par-dessus bord quelques mots complètement tombés en désuétude, les infiniment petits, les biographies de certains personnages obscurs des siècles passés qui encombreraient inutilement les colonnes de notre