Page:Racine - Théâtre choisi, 1904, éd. Lanson.djvu/75

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J’ai passé dans l’Épire, où j’étois reléguée :
Mon père l’ordonnoit. Mais qui sait si depuis
Je n’ai point en secret partagé vos ennuis ?
Pensez-vous avoir seul éprouvé des alarmes ?
Que l’Épire jamais n’ait vu couler mes larmes ?
Enfin qui vous a dit que malgré mon devoir
Je n’ai pas quelquefois souhaité de vous voir ?


ORESTE.

Souhaité de me voir ! Ah ! divine princesse…
Mais, de grâce, est-ce à moi que ce discours s’adresse ?
Ouvrez vos yeux [1] : songez qu’Oreste est devant vous,
Oreste, si longtemps l’objet de leur courroux.


HERMIONE.

Oui, c’est vous dont l’amour, naissant avec leurs charmes,
Leur apprit le premier le pouvoir de leurs armes ;
Vous que mille vertus me forçoient d’estimer ;
Vous que j’ai plaint, enfin que je voudrois aimer.


ORESTE.

Je vous entends. Tel est pion partage funeste :
Le cœur est pour Pyrrhus, et les vœux pour Oreste.


HERMIONE.

Ah ! ne souhaitez pas le destin de Pyrrhus :
Je vous haïrois trop.


ORESTE.

Je vous haïrois trop. Vous m’en aimeriez plus.


    qu’on a autant d’esprit que vous en avez, mais cela n’empêche pas que ce ne soit un galimatias. » Et dans la Préface, il notait l’impropriété du vers 520. « Je ne trouve point que vous croirez-vous mon ennemi ? pour dire me croirez-vous votre ennemi ? soit une chose bien écrite. »

  1. Var. Ouvrez les yeux… (Éd. 1668-1676.)