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SUR LES DIEUX DE LA GRÈCE,

» la lumière soit ; et la lumière fut. » Menou, fils de Brâhmah, diminue beaucoup la sublimité de ce passage en le paraphrasant ainsi, au commencement de son discours aux sages qui le consultoient sur la formation de l’univers (72) : « Cet univers, leur dit-il, n’existoit que dans l’obscurité ; on n’y distinguoit rien ; il sembloit plongé dans un profond sommeil, jusqu’au moment où le Dieu invisible, existant par lui-même, le rendant manifeste avec cinq élémens et d’autres formes glorieuses, chassa parfaitement les ténèbres. Désirant produire diverses créatures par une émanation de sa gloire, il créa d’abord les eaux, et leur imprima la faculté de se mouvoir. Cette faculté produisit un œuf d’or, resplendissant à l’égal de mille soleils, où naquit Brâhmah, existant par lui-même, père auguste de tous les êtres raisonnables. Les eaux sont appelées nârà, parce qu’elles sont la postérité de Néra ou Isouara ; et Nârâyana en prit son nom, parce que son premier âyana, ou mouvement, fut sur les eaux.

Celui qui est, la cause invisible, éternelle, existante par elle-même, mais inaperçue, (passant du genre neutre) au genre masculin, est célébré parmi toutes les créatures sous le nom de Brâhmah. Ce dieu ayant demeuré dans l’œuf pendant les révolutions des années, méditant sur lui-même, le divisa en deux parties égales, et de ces moitiés forma les deux et la terre, plaçant dans le milieu l’éther subtil, les huit points du monde, et le réceptacle permanent des eaux. »

Je ne puis m’empêcher de joindre à cette description curieuse, qui ouvre le Mânava sâstra, les quatre strophes qui servent de texte au Bhagavat, et que l’on croit avoir été adressées à Brâhmah par l’Etre suprême. La traduction suivante est scrupuleusement littérale[1] :

« J’étois, oui, j’étois dès le commencement, et nulle autre chose, celui qui existe, inaperçu, suprême ; en outre, je suis celui qui est ; et celui qui doit rester, je le suis encore.

Excepté la première cause, sachez que tout ce qui peut paroître

  1. Voyez le texte original, sur la pl. IV.