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DE L’ITALIE ET DE L’INDE.

et ne pas paroître dans l’esprit, est maya [ou illusion] de l’esprit, comme la lumière, comme les ténèbres.

De même que les grands élémens sont dans les differens corps, y entrant, toutefois n’y entrant pas (c’est-à-dire, les pénétrant sans les détruire), de même je suis dans eux et ne suis pas dans eux. Voilà jusqu’où peuvent aller les recherches de celui qui s’efforce de connoître le principe de l’intelligence, dans l’union et la séparation, qui doivent toujours être par-tout. »

Malgré la bizarrerie et l’obscurité inévitable de ces strophes dans une traduction littérale, plusieurs personnes penseront sans doute que la poésie ou la mythologie de la Grèce et de l’Italie n’offrent pas de conceptions plus augustes et plus magnifiques : cependant elles n’égalent pas la concision et la simplicité du style de Moïse.

À l’égard de la création du monde, dans l’opinion des Romains, Ovide, de qui il étoit naturel d’attendre qu’il la décriroit avec autant de savoir que d’élégance, nous laisse absolument dans les ténèbres sur la question de savoir lequel des dieux y joua le principal rôle. D’autres mythologues sont plus détaillés ; et, sur la foi de Cornutus, nous pouvons croire que les anciens païens de l’Europe regardoient Jupiter (non le fils de Saturne, mais de l’Éther, c’est-à-dire, d’un père inconnu) comme le grand auteur de la vie, et le père des dieux et des hommes. On peut ajouter à ce témoignage la doctrine Orphique, conservée par Proclus, qui enseigne que l’abîme et l’empyrée, la terre et la mer, les dieux et les déesses, furent produits par Zeus ou Jupiter (73). Sous ce point de vue, il répond à Brâhmah, et peut-être à ce dieu des Babyloniens (si nous pouvons compter sur les notices qui nous sont parvenues concernant leur ancienne religion), qui, à l’instar de Brâhmah, soumit l’univers aux lois de l’ordre, et, comme lui, perdit sa tête, dont le sang forma sur-le-champ de nouveaux animaux. Je fais allusion au récit populaire, et inintelligible pour moi, suivant lequel Brâhmah eut cinq têtes, jusqu’à ce que l’une d’elles eût été coupée par Nârâyan (74).

Les épithètes qu’on donnoit anciennement à Jupiter, et ce que dit