Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 5 Evangiles, Levy, 1877.djvu/254

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été envoyé qu’en vue d’Israël, finit par l’exaltation de la foi d’une païenne[1]. Le centurion de Capharnaum[2] trouve tout d’abord grâce et faveur. Les chefs légaux de la nation ont été plus contraires au Messie que des païens tels que les mages, Pilate, la femme de ce dernier. Le peuple juif prononce lui-même la sentence de sa malédiction[3]. Il n’a pas voulu du festin du royaume de Dieu, préparé pour lui ; des gens de grand chemin (les gentils) prendront sa place[4]. La formule : « Il a été dit aux anciens…, moi, je vous dis… » est placée avec insistance dans la bouche de Jésus[5]. Le cercle auquel l’auteur s’adresse est un cercle de juifs convertis. La polémique contre les juifs non convertis le préoccupe beaucoup. Ses citations de textes prophétiques[6], ainsi qu’un certain nombre de circonstances rapportées par lui ont trait aux assauts que les fidèles avaient à subir de la part de la majorité orthodoxe, et surtout à la grande objection tirée de ce que les représentants officiels de

  1. Matth., xv, 24-28. Marc, vii, 27, est ici moins dur que Matthieu, xv, 24, 26.
  2. Matth., viii, 5-10.
  3. Matth., xxvii, 24-25.
  4. Matth., xxii, 1-10.
  5. Matth., v, 21, 27, 33.
  6. Ἵνα πληρωθῇ, formule chère à notre auteur.