Page:Roland Manon - Lettres (1780-1793).djvu/427

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campagne. Mlle de la Blz. [Belouze] pense qu’il serait également bon de voir M. de Vin[1] ; ces gens n’ayant pas été tâtés jusqu’à présent, c’est continuer la marche sur un autre plan, sans se mettre en contradiction avec soi-même. Je crois l’idée bonne. Seulement, M. de Vin me parait assez inutile ; cependant, comme il s’agit d’adresse ici et de faire poids dans la balance, peut-être cela ne serait-il pas à négliger. Je suis très contente de M. Valioud, homme froid, mais honnête et qui te juge bien. Il m’a promis la note en question, aux conditions, bien entendu, qu’il ne serait pas nommé, compromis, etc. M. Rousseau est plus doux et plus timide, mais je le crois aussi honnête. Tu sauras, en attendant, que Desmarets[2] n’a eu, suivant l’usage assez commun, que la moitié de revenu de sa place ; que Brunet a obtenu mille écus, mais à la pointe de l’épée, à force de recommandations ; que Godinot n’a point le titre d’inspecteur général honoraire, mais principal[3] comme il l’avait à Rouen, et qu’il n’y a point d’exemple de ce titre ainsi accordé. Je t’avoue que, si je sollicitais la retraite, je croirais qu’il faudrait se borner aux Lettres et aux mille écus, de peur qu’en demandant deux titres on n’obtint que celui du brevet qui, après tout, ne signifie pas grand’ chose. Mais je crois aussi que, si nous pouvons tenter maintenant tes Lettres seules, c’est à préférer. Pourtant Mlle de la Blz. [Belouze] pense toujours que la retraite y jointe gagnerait infailliblement M. Bld. [Blondel] ; ce sera la disposition des choses qui me déterminera.

J’ai écrit au secrétaire de M. de Vergennes pour me procurer, par son moyen, une copie du rapport de M. de Flesselles ; notre Fles-

  1. M. de Vin de Gallande, maître des Requêtes, venait de succéder, comme Intendant du commerce, à M. de Colonia (qui figure encore à l’Alamanach royal de 1784, p.216). Il demeurait rue Saint-Louis au Marais. — Voir sur lui, la lettre du 24 avril 1784.
  2. Nicolas Desmarets, membre de l’Académie des sciences (1771), inspecteur des manufactures. — Un de adversaires les plus déclarés de Roland.
  3. L’examen des Almanach royaux apporte ici une confirmation curieuse : Godinot, ancien inspecteur à Rouen, figure en 1783 parmi les « inspecteurs honoraires » avec le titre d’« inspecteur général » ; mais en 1784, la qualification est rectifiée : général est remplac" par principal.