Page:Roland Manon - Lettres (1780-1793).djvu/595

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On m appelle ; adieu, je reçois vos embrassements et je finis comme vous, toto corde.]


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[À ROLAND, À LYON[1].]
Vendredi, 18 mars 1785, à 2 heures après midi. — [de Villefranche].

Il faut que je te consacre le temps que ta mère me donne ; elle m’a ennuyée de quelques histoires qui ne me regardaient pas directement, mais à peu près, et, comme j’ai pris maintenant mon parti fort roide de ne plus me laisser chiffonner les oreilles, j’ai pris aussitôt mon ouvrage, sans mot dire, et je me suis en allée de même. Me voilà donc à deux heures au cabinet[2] ; il y fait soleil, le temps est beau ; ton frère est allé prêcher les dames de l’Hôpital[3]. Toi, tu es à table quelque part ; digère bien, dors de même et guéris tes yeux ! Tu auras reçu la ptite poudre et mes demandes impitoyables de ménage ; j’espère avoir ce soir de tes nouvelles, et je les attends avec impatience.

As-tu envoyé comme je te disais à l’auberge de Bressou ? Je l’ai chargé du falot auquel j’avais joint une lettre dont j’oubliai de te parler dans ma dernière. Je joins ici une petite lettre pour M. Lanthenas ; tu la liras et tu verras ce qui l’accompagne ; tu y ajouteras sans doute réponse à sa demande relativement à Mme Chev[andier] et à l’expédition de ses livres anglais. J’ajoute une lettre, reçue d’hier, de M. de V[in], lettre qui me paraît aussi sciocca que celle de ses confrères ; puis une autre datée de Belleroche[4] appelée ce matin par Vin-

    vement à un article du Journal de Paris contre Figaro (article dont l’auteur, disait-on, n’était, autre que le comte de Provence), avait été enfermé le 9 mars à Saint-Lazare, où il ne resta d’ailleurs que six jours. — Voir Mémoires secrets, 11 mars 1785. Cf. Loménie, Beaumarchais et son temps, t. II, p. 367).

  1. Ms. 6239, fol. 136-137.
  2. C’est-à-dire au second étage. — Voir lettre du 10 janvier 1785.
  3. Dont il était directeur spirituel ou aumônier.
  4. Probablement Belleroche, grosse commune du Beaujolais (actuellement dans le département de la Loire, canton de Belmont), où il y avait un bureau pour la marque des toiles et où, par conséquent, Roland avait