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[À ROLAND, À LYON[1].]
Dimanche au soir, 20 novembre 1785, — [de Villefranche].

Vincent ne m’a jamais paru si aimable ; il vient de me remettre ton paquet, m’assurer qu’il t’a vu bien portant ; tout est donc au mieux, [Dieu] soit béni ! Je m’empresse de [t’écrire] une petite lettre ; il n’y aura [un autre] courrier que mercredi, [et je ne puis rester si] longtemps sans te donner [de mes nouvelles].

Le frère est arrivé… qui m’a donné de… pris au Clos des pilules qui lui ont donné des coliques et l’ont mené jusqu’au sang durant quelques jours. Il a passé une bonne nuit et se trouve beaucoup mieux. Je prends de petites précautions pour avoir aussi mes nuits bonnes ; elles sont quelquefois fatigantes, mais j’ai bon appétit et je me sens assez bien.

Je m’arrange fort bien de la marche que tu me traces ; je porterai mon noir[2] ; il ne me fâche que d’une chose, c’est d’être obligée de me faire coiffer. Tu donneras toujours mes vieilleries à la couturière indiquée ; il faut du temps pour nettoyer celle d’indienne. Si j’attendais à y être, elle ne serait [pas] prête à mon retour. Aucune de… n’est susceptible d’élégance,… fort commun, pour lequel…

  1. Ms. 6239, fol. 139-140. — Une déchirure du papier fait que plusieurs mots manquent. Nous avons mis entre crochets ceux qu’il nous a paru possible de rétablir à peu près.
  2. Roland avait écrit de Lyon à sa femme (ms. 6241, fol. 247-248) une lettre datée de samedi matin [c’est-à-dire 19 novembre, où il lui annonçait la séance publique de l’Académie de Lyon dans laquelle il devait lire son discours, et ajoutait : « À propos de cette séance, envoie-moi le préambule fait ; je verrai comment je pourrai l’ajuster, car il n’y a pas de temps à perdre ; c’est de mardi prochain en huit [il a voulu dire en quinze], il ne faut pas faire il ciocco… Tout le monde t’attend ici, moi plus particulièrement, pour vendredi prochain. Avec ton noir, le voyage ne sera pas coûteux : tu repartiras le mercredi suivant, à moins que quelque circonstance que je ne puis prévoir encore ne te mette dans le cas de voir Mme Terray [la femme de l’Intendant], ce qui pourrait arriver… »