Page:Rugendas - Voyage pittoresque dans le Brésil, fascicule 12, trad Golbéry, 1827.djvu/3

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VOYAGE PITTORESQUE

DANS LE BRÉSIL.


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MŒURS ET USAGES DES INDIENS.


Les détails que nous avons donnés dans le premier cahier de cette division sur la vie domestique et sur les besoins des sauvages du Brésil, montrent assez qu’il y a peu de variété dans leur existence, et par conséquent peu de matière à fournir des descriptions ou des dessins. Tant qu’il y a des vivres, les hommes ne font pour l’ordinaire rien du tout ; ils se balancent dans leurs hamacs, ou bien ils travaillent à leurs armes et au peu d’ustensiles qu’ils possèdent. Les femmes elles-mêmes, si l’on en excepte la préparation des alimens, ont alors fort peu de chose à faire. Mais si les moyens de subsistance viennent à manquer, les hommes vont à la chasse, et les femmes les accompagnent, afin de rapporter au logis le gibier abattu et les fruits qu’elles recueillent elles-mêmes. Lorsqu’il y a eu une bonne chasse, ou après un combat victorieux, ou même lorsque les Indiens se disposent à une expédition de ce genre, enfin, dans toutes les circonstances qui les réunissent en grand nombre, on retrouve chez eux quelque chose de semblable à des fêtes. Les convives sont convoqués au son d’un instrument que l’on fait de la queue du grand armadille, et que souvent aussi l’on remplace par une corne de bœuf, et bientôt l’enivrante liqueur du chica leur inspire une espèce de joie sombre qu’ils manifestent par des chants et des danses ; mais ces chants et ces danses sont fort grossiers et fort monotones. Les Indiens se rangent en cercle les uns derrière les autres ; d’abord les hommes, puis les femmes, chacune ayant ses enfans derrière elle, le plus âgé passe ses bras autour d’elle et la tient bien serrée, le second en fait autant à l’égard du premier, et les autres continuent à s’attacher ainsi aux précédens. C’est dans cet ordre qu’ils se meuvent lentement en rond autour d’un feu, faisant un pas en avant, et un autre plus petit en arrière, en sorte qu’ils ne