Page:Sapho - Le tutu, mœurs fin de siècle, 1891.djvu/121

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LE TUTU

— Tu as donc eu des enfants, que tu puisses allaiter des ovovipares ?

— Du tout, je me suis soumise aux expériences d’un médecin fameux du quartier de Bel’Air. Au moyen de sa méthode, il fait produire du lait à toutes les femmes, même à celles qui sont stériles. Si tu veux, nous irons le voir un jour, ses découvertes sont bouleversantes. Dis, raconte-moi donc pourquoi tu ne couches pas avec ta femme ce soir.

— Tu ne comprends pas ? C’est bien simple ; nous nous sommes chamaillés, à propos d’une grenouille qu’elle avait oubliée dans le coupé. Nous nous trouvions alors à une altitude de deux mille deux cent trente-quatre mètres, cinquante-six centimètres et demi. Elle m’a insulté ; alors ne voulant pas de scandale, j’ai prié Godard d’ouvrir la soupape et je suis redescendu à l’endroit précis où nous avions déterré. Et elle est remontée avec Godard. Et me voici. Ce n’est pas plus malin que ça. Sur