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MŒURS FIN DE SIÈCLE

— Je n’en sais rien. Je n’ai pas encore eu le temps de m’occuper de ça.

Hermine boudait.

— Qu’avez-vous donc, madame ma chère ?

— Je me suis fait fiche de moi. Ce tantôt, en allant quêter, je suis entrée chez un marchand de couleurs fines, et il m’a ri au nez.

— Pourquoi ?

— Dame, vous le savez bien. La première fois que vous pénétrâtes chez nous, au boulevard Saint-Germain, vous remarquâtes que mon portrait manquait d’embu. J’y pensais tous les jours, et je me disais : lorsque tu passeras devant la boutique d’un marchand de nécessaires de peintures, achète donc de l’embu et imbibes-en ton tableau. Mais voilà, l’embu ne se vend pas en tube ! Je vous assure que j’en ai été dépitée, très dépitée.

Le train de maison était excessif. Hermine dépensait un tas d’argent avec ses pauvres. Le domestique, nombreux, ripaillait pendant que