Page:Sapho - Le tutu, mœurs fin de siècle, 1891.djvu/181

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LE TUTU


monde des prêtres et les a tous exploités. Ce sont eux qui me disent cela. Vous le connaissez, d’ailleurs, il a volé votre mère. Quelle idée de l’inviter !

En effet, l’idée était bête ; on avait assez de besogne déjà avec les malades, et cette affaire du tunnel, sans se condamner à être dérangés à table par des gens détestés. Jardisse se montra inconvenant ; il se servit le premier, ne passa le plat à personne, parla la bouche pleine, envoyant des fusées de choses mâchées dans les assiettes et les verres voisins, s’accouda sur la table en s’extirpant bruyamment les débris de nourriture laissés entre les dents. Sa conversation était cassante, désagréable ; c’était bien celle d’un oisif, d’un raté, d’un envieux, que la paresse condamnait au parasitisme. Il trouvait mauvais que tout le monde ne fût pas de sa trempe. Tous les gens, pour lui, n’étaient que des cons, surtout ceux qui, à force de travail, s’étaient créé des situations