Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1867, tome 3.djvu/59

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prendre à votre égard, — Debon est prêt à le tenir jusqu’au bout.


BRUTUS.

— Donc, loyaux seigneurs, puisque vous êtes tous unanimes — et résolus à suivre les injonctions de Brutus, — dévouez-vous à mes fils, dévouez-vous à ces orphelins, — et protégez-les contre leurs dangereux ennemis. — Locrine, colonne de ma famille, — unique pilier de ma vieillesse affaiblie, — Locrine, approche, approche de ton père, — et reçois sa bénédiction suprême, puisque tu es l’aîné de mes fils ; — sois le capitaine de tes frères, — et suis les traces de ton vieux père, — lesquelles le conduiront aux portes du véritable honneur ; — si tu te conformes à la leçon sacrée de la vertu, — tu seras couronné de laurier, — et tu porteras la guirlande d’un éternel renom, — parmi l’élite des glorieux.


LOCRINE.

— Si Locrine ne suit pas vos avis, — et ne se comporte pas en tout comme un prince — qui cherche à augmenter la grande réputation — que lui ont laissée en héritage — ceux qui furent ses ancêtres, — puisse-je être précipité dans l’Océan, — et englouti dans les entrailles de la terre, — ou puisse la foudre empourprée du grand Jupiter — tomber sur ma tête maudite !


BRUTUS, prenant Guendeline par la main.

— Puisque je vous vois tous inquiets de savoir — qui épousera notre royal fils, — Locrine, reçois de ma main ce présent, — don plus précieux que les riches mines — découvertes au cœur de l’Amérique. — Tu te marieras à la belle Guendeline ; — aime-la, et prends-la, car elle est à toi, — si son oncle et elle-même y consentent.


CORINÉIUS.

— Combien votre altesse m’honore, — mes paroles ne sauraient l’exprimer en ce moment. — Les parents vigi-