Page:Shakespeare, apocryphes - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1867, tome 3.djvu/60

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lants sont moins glorieux — de leur propre élévation — que de voir les enfants issus de leur sang — installés dans l’honneur et dans la prospérité.


GUENDELINE.

— Loin de mon âme virginale, la pensée — de contredire la volonté de mon vieux père !

À Locrine.

— Puisque celui à qui je dois obéir — vient de me donner à votre royale personne, — je ne résisterai pas à la tentation, — comme font ces dames rusées qui affectent de repousser le plus — ce qu’elles désirent le plus posséder.

Locrine s’agenouille. Brutus lui met la couronne sur la tête.

BRUTUS.

— Maintenant, mon fils, à toi de figurer sur la scène du monde ! — Tu as à jouer le rôle d’un roi. — Relève-toi, Locrine, et porte la couronne royale, — et, pour la porter avec honneur, — médite sur la nature de la majesté. — Et recueille mes dernières paroles : — si tu veux que mon âme soit en repos, — si tu as souci de ta propre sécurité, — chéris et aime celle qui vient de t’être fiancée.


LOCRINE.

— Puissé-je ne pas posséder la couronne plus longtemps — que l’incomparable Guendeline !


BRUTUS.

— Camber !


CAMBER.

Monseigneur !


BRUTUS.

— Ô toi, la gloire de notre âge, — le préféré de ta mère Imogène, — prends le sud pour ton domaine. — De toi naîtra une race princière — qui perpétuera l’honneur de ce pays — en portant le sceptre royal.

À Albanact.

— Et toi, Albanact, unique joie de ton père, — le plus