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mémoires

noble et les démembrements successifs qu’elle affectait au moyen âge auraient suffi à donner à l’instance engagée devant la cour du roi une gravité exceptionnelle. Il n’était pas jusqu’à l’assiette elle-même de la baronnie, à sa consistance, à ses limites, qui ne donnassent ouverture à des discussions irritantes. Le périmètre des possessions de Chapteuil s’étendait fort loin, jusqu’aux abords de Queyrières[1] et de Saint-Voy (Bonas)[2], et enfin de nombreux usagers pour les coupes de bois et les dépaissances d’animaux étaient compromis dans la querelle. Tant d’intérêts complexes et entremêlés expliquent les lenteurs d’une procédure, inaugurée en 1285 et restée sans solution jusqu’en 1289. L’instance était donc très épineuse et son résultat incertain : les parties le comprirent et se résignèrent à des sacrifices réciproques. À la suite de divers pourparlers et de grandes conférences, elles en vinrent à composition par l’entremise d’amis communs et sous les auspices de Raymond de Poiolar, juge et magistrat pour le roi au Puy[3].

Voici les articles arrêtés d’un commun accord :

Le château de Chapteuil avec son mandement, ses diverses dépendances, sa justice haute, moyenne et basse, ses taillis, cens et droits de toute sorte, fut attribuée à l’église du Puy. Il en fut de même pour le fief de Lardeyrol et les autres fiefs et arrière-fiefs de cette terre, astreints à la mouvance de Chapteuil. L’évêque promit de payer comme soulte de cette expédition de fonds la somme de 90 livres tournois au seigneur d’Eynac, et Pons de Goudet, à son tour, fit promesse de garantie pour toutes les recherches que pourraient se permettre sur la seigneurie de

  1. Les terres de Chapteuil confinaient celles de l’abbaye de Mazan, comme le prouve l’enquête de 1285. L’abbaye de Mazan possédait un prieuré dans les appartenances de Queyrières : celui de la Chaumette, (Tablettes, IV, 531 et 532).
  2. Bonas, nom primitif de Saint-Voy.
  3. Le titre d’officialis donné à Raymond de Poiolar dans la transaction nous semble devoir être traduit par le mot français de magistrat ou fonctionnaire. Raymond de Poiolar n’appartenait pas à l’Église ; il apparaît, dans une autre circonstance (Tablettes, III, 395), avec la qualification de juge pour le roi au Puy.