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voyage en france par un français

imbéciles qui donnent leur nom à cette revue en charge de la sottise française contemporaine, il ne lâche aucun mot vraiment maladroit ou préjudiciable à la cause qu’il défend, non plus qu’il ne commet une seule inconséquence de conduite au milieu de toute l’absurdité en action où se débattent les nombreux pantins mus par la fantaisie énorme de l’âpre railleur qu’est Flaubert dans ce livre malheureusement inachevé. Enfin, il n’y a pas dans toute l’œuvre du plus grand romancier du second Empire de blasphème positif ni de négation bien préméditée. Donc, on ne peut pas dire que l’auteur de Madame Bovary et de Bouvard et Pécuchet soit foncièrement hostile au clergé ou à la religion ; mais il les fait entrer, sans sympathie à leur endroit et avec le moins possible du respect qui leur est dû par tout écrivain d’une telle valeur qui se respecte lui-même, — il fait, dis-je, entrer la Religion et ses ministres, comme le premier élément venu d’observation satirique, dans l’examen qu’il prétend passer des ridicules, des abus et des préjugés de notre époque.

Artiste et styliste avant tout, tout ce qui n’est pas l’art et le style n’existe pas pour lui, ou ne lui est pas avenu ; tout lui est sot, odieux, ou au moins inutile, encombrant, puérilement