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voyage en france par un français

rales, quel gouvernement espérer d’un parlement ainsi nommé ? Et c’est en vain que l’on objectera que les partis tels que les événements les ont constitués chez nous n’existent que grâce à l’union et peuvent suppléer à ce besoin incontestable de cohésion nationale avec même cette supériorité qu’ils se meuvent dans le libre arbitre et dans une concurrence féconde. La réponse est trop facile et nul ne pourra nier que nos partis ne sont, sans exception, mais en faisant naturellement abstraction des individualités plus ou moins désintéressées (et ici encore nous retombons dans l’éparpillement fatal), que de misérables coalitions d’intérêts individuels, puisque, avec le scrutin en question, rien ne marche sans ces masses sordides, nos maîtresses absolues, et que ce n’est qu’en en appelant aux intérêts individuels qu’on peut espérer de les avoir de son côté. Si à ces considérations vous ajoutez pour mémoire que la pulvérisation de nos libres provinces en départements asservis n’a fait que préparer le mal et généraliser l’esprit de division et de non-gouvernement éclos en Quatre-vingt-neuf, si vous comparez les Chambres et les hommes d’Etat du suffrage restreint (bien médiocre pourtant, surtout dans sa dernière période) à ceux du Suffrage Universel depuis quinze ans qu’il est à peu près émancipé,