Peinture de Dieu

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Chateaubriand Poésies diverses

Peinture de Dieu
(tirée de l'Écriture)


X.

PEINTURE DE DIEU.

tirée de l’écriture.


Paris, 1810.


Savez-vous, ô pécheur ! quel est ce Dieu jaloux
Quand l’œuvre de l’impie allume son courroux ?
Sur un char foudroyant il roule dans l’espace ;
La Mort et le Démon volent devant sa face ;
Les trois cieux, dont il fait trembler l’immensité,
S’abaissent sous les pas de son éternité :
Le soleil pâlissant et la lune sanglante
Marchent à la lueur de sa lance brûlante ;
Des gouffres de l’enfer il fait sortir la nuit ;
Il parle, tout se tait ; la mer le voit, et fuit,

Et l’Abîme, du fond des vagues tourmentées.
Lève en criant vers lui ses mains épouvantées.
Au crime couronné ce Dieu redit : « Malheur ! »
Et c’est le même Dieu qui bénit la douleur !