Petit cours d’histoire de Belgique/Préface

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Maison d'édition Albert De Boeck (p. pref.).

PRÉFACE


Un manuel d’histoire pour l’enseignement primaire doit présenter deux qualités en apparence contradictoires.

D’une part, l’intelligence de l’enfant ne peut arriver à une conception claire des faits historiques sans des développements d’une étendue suffisante. Les manuels minuscules qui ont envahi les écoles sont admirablement propres à n’apprendre que des mots. Le trop petit livre d’ailleurs, privé du développement qui éclaire, du détail caractéristique et pittoresque, n’attire que médiocrement l’enfant, celui-ci ne l’ouvre qu’à regret, à son corps défendant : l’histoire sommaire, observe judicieusement M. Gantrelle, dégoûterait vite les petits garçons ; donnez-leur, dit-il, des histoires détaillées ; les résumés ne conviennent qu’aux hommes faits ([1]).

D’autre part pourtant, la mémoire est là qui se plaint si l’on donne au cours une étendue exagérée. Il faut rendre léger le fardeau de l’enfant, et dès lors la brièveté est aussi nécessaire.

Est-il possible de satisfaire à la fois le jugement et la mémoire ? Peut-on concilier la brièveté avec l’intérêt et la clarté ? Oui, pensons-nous. Tel a été du moins notre but en rédigeant le manuel que nous offrons à nos collègues.

Nous avons d’abord donné de chaque fait un récit détaillé qui fut capable d’intéresser et d’inculquer des idées claires et nettes. Nous l’avons fait suivre d’un résumé succinct, complet par lui-même, étroitement lié nu développement précédent dont il constitue l’essence, et que l’enfant doit s’assimiler parfaitement.

Nous avons procédé de même pour les institutions.

Le maître pourra, de la sorte, s’identifier avec son livre ; l’un sera l’écho fidèle de l’autre. L’élève retrouvera dans son manuel les développements donnés à l’école, les relira avec plaisir ; et la mémoire, aidée par le précieux concours de l’entendement et de l’imagination, sera dans les meilleures conditions pour s’approprier son petit résumé. Les détails eux-mêmes entreront peu à peu dans l’esprit de l’enfant, au grand avantage de ses études futures.

Inutile de dire que nous n’avons rien épargné pour nous conformer à la vérité historique, et l’on rendra justice, nous l’espérons bien, à notre entière sincérité, à notre complète bonne foi, dans toutes nos appréciations.

Nous appelons, en terminant, l’attention sur certaines parties, telles que l’origine de la mairie du palais, de la féodalité, des communes surtout. Ces périodes font habituellement le désespoir du maître, qui veut expliquer, et de l’élève intelligent, qui veut comprendre. Nous nous sommes efforcé d’y introduire la clarté, par l’exactitude, par la précision, par la suppression des termes vagues et des phrases banales.


PRÉFACE DE LA TROISIÈME ÉDITION

La présente édition diffère quelque peu de la précédente : il fallait, en effet, la conformer plus exactement au programme des écoles primaires. Toutefois nous avons conservé certaines notions nécessaires à la liaison des faits, mais nous les avons données en petits caractères. — D’autre part, dans la révision du manuel nous avons dû tenir compte des résultats nouveaux de la science historique. — Quant à la combinaison des lectures avec le cours proprement dit, nous croyons que l’excellence en est maintenant hors de conteste, et nous avons vu récemment un des maîtres en la partie, M. Kurth, l’adopter dans un ouvrage destiné à renseignement élémentaire.

V. DEPREZ







  1. Voir la belle étude de M. Collard, professeur à l’Université de Louvain, sur la pédagogie du gymnase de Giessen.