Poésies de Catulle/5

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Traduction par Charles Héguin de Guerle.
Panckoucke (p. 9).

V.

À LESBIE.


Vivons pour nous aimer, ô ma Lesbie ! et moquons-nous des vains murmures de la vieillesse morose. Le jour peut finir et renaître ; mais lorsqu’une fois s’est éteinte la flamme éphémère de notre vie, il nous faut tous dormir d’un sommeil éternel. Donne-moi donc mille baisers, ensuite cent, puis mille autres, puis cent autres, encore mille, encore cent ; alors, après des milliers de baisers pris et rendus, brouillons-en si bien le compte, qu’ignoré de nous-mêmes comme des jaloux, un si grand nombre de baisers ne puisse exciter leur envie.