Précis du système hiéroglyphique des anciens Égyptiens/Chapitre V

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CHAPITRE V.

Application de l’Alphabet phonétique aux noms propres hiéroglyphiques des dieux égyptiens. — Lectures qui en résultent. — Signes figuratifs. — Signes symboliques.

Les images des dieux et des déesses, qui couvrent les monumens égyptiens de tous les ordres, sont accompagnées de légendes hiéroglyphiques, présentant sans cesse, à leur commencement, trois ou quatre caractères semblables[1], que l’on peut assimiler à la formule copte ⲧⲁⲓ ⲧⲉ ⲑⲉ, ou ⲧⲁⲓ ⲑⲏ, ceci est l’aspect, la manière d’être, la présence ou la ressemblance. Après cette formule se trouve toujours la préposition de, exprimée soit par la ligne horizontale ou brisée, soit par la coiffure ornée du lituus, leur homophone perpétuel ; et la préposition est immédiatement suivie par le nom propre du dieu ou de la déesse.

Ce nom propre est constamment le même et on le retrouve toujours à côté des mêmes figures d’être divins, distinguées par des attributs semblables. Les noms propres des divinités sont tracés en ligne courante, comme les noms de simples particuliers, et sont terminés, non pas, comme ces derniers, par le caractère figuratif homme, mais par le signe d’espèce, dieu ou déesse, caractères dont le sens ne saurait être douteux ni contesté, après la plus légère comparaison du texte grec de Rosette avec son texte hiéroglyphique et démotique.

Ainsi donc, par la présence seule et de la formule initiale qui précède ces noms divins, et du signe d’espèce dieu qui les termine, j’eus un moyen certain de recueillir tous les groupes de caractères exprimant les noms des différentes divinités égyptiennes, sans craindre d’omettre un seul des signes qui les composent véritablement, et en même temps sans courir le risque d’en admettre quelqu’un qui n’en fît point réellement partie. J’obtins alors, par l’étude attentive de tous les monumens égyptiens qu’il m’a été possible d’examiner, une série très-étendue de noms propres hiéroglyphiques de divinités égyptiennes, et les manuscrits sur papyrus m’ont donné les formes hiératiques de ces mêmes noms.

Cette recherche m’a fourni d’importantes notions sur le matériel du culte égyptien ; elle m’a conduit à déterminer le rang hiérarchique de chacun des personnages divins figurés sur les monumens de l’Égypte ; enfin je me suis convaincu du peu de succès avec lequel on a jusqu’ici appliqué aux représentations des dieux, sculptées sur les temples ou peintes sur les caisses des momies, les noms de divinités égyptiennes que nous ont transmis les auteurs grecs et latins. Les résultats généraux de cette étude seront en partie consignés dans le recueil que je publie sous le litre de Panthéon égyptien.

La détermination des noms propres hiéroglyphiques de divinités, présente un grand intérêt, même par rapport à la matière que nous traitons spécialement dans le présent ouvrage. La lecture de quelques-uns de ces noms devait être en effet d’un très-grand poids dans la discussion actuelle. Il me parut donc important d’essayer si, dans le très-grand nombre de noms divins que j’ai rassemblés, noms appliqués sans cesse à des personnages distingués par des attributs propres, il ne s’en trouvait point dont la lecture, par le moyen de l’alphabet hiéroglyphique, produisît des noms semblables à ceux que les Grecs et les Latins nous ont transmis comme noms égyptiens de divinités égyptiennes. On va juger jusqu’à quel point cette application a eu du succès.

Le témoignage formel de l’antiquité classique ne permet point de douter que le dieu représenté sur les monumens égyptiens avec une tête d’épervier surmontée d’un disque rouge, ne soit bien certainement l’Ηλιος égyptien, le soleil, dont le nom propre en langue égyptienne fut , RA ou RI, d’après la traduction de plusieurs noms propres égyptiens de rois de Thèbes, donnée par Ératosthène. Le nom du dieu soleil, RI ou RE, se lit d’ailleurs en lettres grecques sur ces pierres gravées qu’on désigne habituellement par le titre de pierres gnostiques ou basilidiennes.

Le plus simple des noms hiéroglyphiques de cette divinité est formé du disque peint en rouge dans les inscriptions, et accompagné de la petite ligne perpendiculaire[2]. Nous sommes ici les maîtres de considérer ce nom, ou comme figuratif, puisqu’il offre l’image même du soleil, ⲣⲏ Rê en langue égyptienne, ou comme phonétique, puisque, d’après cette méthode, l’image du soleil, en langue copte ⲣⲏ (Ré, Ri), ou ⲣⲉ (Ré), représenterait le , et la ligne perpendiculaire serait ici, comme par-tout ailleurs, la voyelle , ou  ; ce qui donnerait indifféremment ⲣⲉ (Ré), qui est la forme copte baschmourique, ou ⲣⲏ, forme memphitique et thébaine que les Coptes prononçaient habituellement RI. Mais je préfère, au lieu de décider cette question, passer à l’analyse d’un second nom propre hiéroglyphique du dieu RÊ, qui, seul, tient fort souvent la place du premier, et qui l’accompagne même presque toujours comme une forme explicative. Ce nouveau groupe est composé[3] de la bouche et du bras étendu. Il est impossible de ne point lire encore ici le mot ⲣⲏ (Rê) qui est le copte pur, lettre pour lettre, puisque, dans les noms propres grecs et romains, la bouche est la consonne R, et le bras étendu la voyelle ou .

Les Grecs nous ont appris que les Égyptiens nommaient Αμμων ou Αμουν le dieu principal de Thèbes, que ces mêmes Grecs assimilèrent à leur Ζευς, le Jupiter des Latins. Le nom hiéroglyphique du dieu auquel sont dédiés les plus grands monumens de cette antique capitale ; et qui tient le premier rang dans tous les bas-reliefs où sont figurées un certain nombre de divinités égyptiennes, ce nom hiéroglyphique du dieu dont l’image est la plus fréquente à Thèbes, est formé[4] d’une feuille ou plume, d’un parallélogramme presque toujours crénelé, et de la ligne brisée ou de la ligne horizontale. Si nous appliquons à chacun de ces caractères les valeurs phonétiques qui leur appartiennent dans tous les noms propres, la, feuille sera la voyelle Α, comme dans Αυτοκρατωρ, le parallélogramme Μ, comme dans Domitien, et la ligne brisée ou horizontale Ν, comme par-tout. Nous obtenons ici ⲁⲙⲛ, la charpente même du nom ⲁⲙⲟⲩⲛ qu’on retrouve d’ailleurs dans certains noms propres coptes. Mais ce qui doit achever notre conviction sur la réalité de cette lecture, c’est la circonstance que ce même nom propre hiéroglyphique Ⲁⲙⲛ est également celui d’un personnage qui occupe souvent aussi le premier rang sur les monumens de Thèbes, personnage caractérisé par sa tête de bélier ; et l’antiquité entière nous apprend en effet qu’Amoun, le principal dieu de Thèbes, était représenté par les Égyptiens avec une tête de bélier.

Les peintures et les bas-reliefs égyptiens nous offrent une seconde divinité à tête de bélier, mais distinguée de la première, soit par un grand serpent uræus dressé entre ses cornes, soit par des coiffures très-compliquées et toutes particulières, dans lesquelles on remarque le disque solaire et un ou plusieurs uræus. Ce dieu porte d’abord, comme les précédens, le nom d’Ⲁⲙⲛ, (Amoun, Amen ou Amon) ; quelquefois le nom d’Ⲁⲙⲛⲣⲏ Amon Rê ou Amon Ra[5] ; mais plus ordinairement un troisième nom dont l’orthographe varie, et sur lequel il importe de fixer notre attention. Ce nouveau nom du dieu Amon s’écrit de quatre manières différentes[6] :

1.o Par un vase et un bélier, signes qui, étant pris phonétiquement, produisent ⲛⲃ ;

2.o Par un vase, une caille et un bélier, ce qui se lit ⲛⲟⲩⲃ ;

3.o Par un vase et une chouette, ce qui donne ⲛⲙ ;

4.o Par un vase, une caille et la chouette, ou son homophone le caractère anguleux, ce qui produit ⲛⲟⲩⲙ.

Les valeurs phonétiques des signes qui composent ce nom propre et ses variations, étant incontestablement établies par la lecture des noms propres grecs et romains, il reste à voir si ces noms se rapprochent de quelques-uns de ceux que les écrivains grecs nous ont transmis comme noms égyptiens de divinités égyptiennes.

Si nous prononçons le du nom ⲛⲃ, comme un V, c’est-à-dire à la manière des Coptes, nous retrouvons dans NÉV ou NÉF le dieu Κνηφ, qui, suivant Plutarque, était le principal dieu de la Thébaïde ;

Dans ⲛⲟⲩⲃ (NOUV) ⲛⲟⲩϥ, le dieu ΚΝΟΥΦ-ις de Strabon, qui est bien certainement le même que le Κνηφ de Plutarque et d’Eusèbe.

Si, au contraire, nous prononçons ⲛⲟⲩⲃ à la manière ordinaire (NOUB), nous retrouvons, 1.o le dieu ΧΝΟΥΒ-ις de l’inscription des cataractes, lequel dieu est identifié avec Ammon dans cette même inscription, si savamment expliquée par M. Letronne, et qui porte textuellement ΑΜΜΩΝΙ Ο ΚΑΙ ΧΝΟΥΒΕΙ, c’est-à-dire, à Ammon qui est aussi Chnoubis ; 2.o l’AMMON CHNUBIS de l’inscription latine découverte dans les carrières de Syène par l’infatigable Belzoni ; 3.o le dieu ΧΝΟΥΒ-ις des pierres basilidiennes.

Enfin dans la variante du nom hiéroglyphique ⲛⲟⲩⲙ (NOUM), on retrouve aussi le ΧΝΟΥΜ-ις des pierres basilidiennes, qui portent en effet indifféremment Χνουφις, Χνουβις et Χνουμις, et qui nous montrent ces divers noms appliqués à un seul et même être divin, représenté sous la forme d’un serpent.

Tous ces détails que l’antiquité grecque nous a transmis sur la manière dont les Égyptiens figuraient Ammon-Kuèph, Ammon-Chnouphis ou Ammon-Chnoumis, s’appliquent parfaitement, en effet, aux images du dieu dont les noms hiéroglyphiques se lisent Ⲁⲙⲛ ⲛⲃ, ⲛⲟⲩⲃ et ⲛⲟⲩⲙ.

Eusèbe nous apprend que les Égyptiens représentaient le créateur du monde (le Démiurge) qu’ils appelaient Knèph, sous une forme humaine, les chairs bleues, portant une ceinture, ζωνην, et un sceptre, et ayant sur la tête une coiffure royale ornée de plumes[7] : et sur tous les monumens égyptiens, le dieu qui porte alternativement et le nom d’ⲁⲙⲛ et celui de ⲛⲃ ou de ⲛⲟⲩⲃ, se montre aussi sous une forme humaine ; il a les chairs peintes en bleu ; il porte une large ceinture et un sceptre, et sa coiffure est surmontée de deux énormes plumes de diverses couleurs.

Le même auteur nous dit ailleurs[8] que Knèph était figuré emblématiquement par les Égyptiens sous la forme d’un serpent ; et, comme je l’ai déjà dit, les pierres basilidiennes ont attaché les noms Χνουφις, Χνουβις et Χνουμις à l’image d’un serpent. De plus nous retrouvons sur les monumens d’ancien style égyptien, le dieu nommé indifféremment ⲁⲙⲛ, ⲛⲃ, ⲛⲟⲩⲃ et ⲛⲟⲩⲙ, ayant sur sa tête un grand serpent uræus ; plus souvent encore il est précédé ou suivi d’un énorme serpent, lequel recouvre souvent le dieu lui-même sous ses vastes replis. Eusèbe nous apprend encore que les Égyptiens, qui surnommaient le dieu Knèph Αγαθοδαιμων [le bon génie], le représentèrent par un serpent ; et il est très-digne de remarque, en effet, que le surnom de ΝΕΟΑΓΑΘΟΔΑΙΜΩΝ, nouvel agathodaimôn, donné à l’empereur Néron sur ses médailles frappées en Égypte, se trouve joint à l’image d’un énorme serpent, barbu et ayant la tête ornée d’une coiffure symbolique, comme le grand serpent barbu et souvent mitré qui accompagne le dieu dont le nom hiéroglyphique se lit ⲛⲟⲩϥ, ⲛⲃ et ⲛⲟⲩⲙ.

Enfin, les inscriptions grecques et latines précitées, et dans lesquelles est mentionné le dieu Ammon-Chnoubis, existent l’une dans l’île de Sehhélé voisine de Syène, et l’autre près de Syène même, c’est-à-dire à une très-petite distance de l’île d’Éléphantine. C’est à Eléphantine que Strabon place aussi le temple de Κνουφις ; c’est encore à Eléphantine que, selon Eusèbe[9], était adoré un dieu de forme humaine et à tête de bélier, de couleur bleue, la tête surmontée d’un disque, &c. : il se trouve que le temple égyptien qui existe encore dans l’île d’Éléphantine offre en première ligne l’image d’un dieu de forme humaine, à tête de bélier, de couleur bleue ; et c’est précisément ce même dieu qui porte sur ce monument, comme ailleurs, les noms hiéroglyphiques ⲛⲃ et ⲛⲟⲩⲃ (NEF, NOUV ou NOUF).

Cet ensemble de faits et de rapprochemens me paraît ne laisser que très-peu de place au doute, d’abord sur l’identité des personnages mythologiques, et de plus sur la vérité de ma lecture de ces noms hiéroglyphiques ; lecture établie d’ailleurs par des faits déjà connus, qu’il serait bien difficile de contester. On pourrait seulement objecter que les noms hiéroglyphiques ⲛⲟⲩⲃ, ⲛⲃ et ⲛⲟⲩⲙ, ne rendent point compte du X ou du K qui sont les initiales des noms Knèph, Knouphis, Chnouphis, Chnoubis et Chnoumis. Je répondrai que les Égyptiens pouvaient, dans la prononciation, aspirer certaines consonnes initiales, sans représenter pour cela ces aspirations en transcrivant ces mots, soit en hiéroglyphes, soit en tous autres caractères ; et que les Grecs ont voulu noter ces aspirations par leur Κ, ou plus habituellement par leur Χ. Cette hypothèse pourrait nous expliquer aussi pourquoi des auteurs grecs (Hérodote et Ératosthène) nous ont donné, par exemple, les mots Κρι, Κρη ou Χρη, comme le nom du soleil en langue égyptienne[10], et le mot ΧΑΜψαι comme le mot égyptien qui signifiait crocodile ; tandis que, dans les textes coptes, c’est-à-dire, dans les livres en langue égyptienne écrits en caractères grecs, soleil se dit simplement ⲣⲏ rê et non pas ⲕⲣⲏ ou ⲭⲣⲏ, et crocodile ⲙⲥⲁϩ amsah et non pas Χαμψαι. Il est évident que l’addition du Κ ou du Χ au commencement des transcriptions grecques κνηφ, κνουφις, χνουφις, χνουβις, χνουμις, χρη, κρι, κρη et χαμψαι, des noms et mots égyptiens purs ⲛⲃ, ⲛⲟⲩⲃ, ⲛⲟⲩⲙ, ⲣⲏ et ⲙⲥⲁϩ, tient à une seule et même cause.

Quoi qu’il en soit, je crois avoir établi que le dieu nommé Knèph, Chnuphis et Chnumis par les Grecs, divinité identique avec Amoun, porta dans l’écriture hiéroglyphique des noms qui se lisaient NEB ou NEV, NOUB ou NOUF, et NOUM : et je terminerai cet article par un nouveau rapprochement. Les deux noms habituels du Démiurge égyptien, Amon et ⲛⲉⲃ ou ⲛⲟⲩⲃ, se trouvent non-seulement en rapport dans les inscriptions de Sehhélé et des carrières de Syène, mais on les lit même contractés en un seul dans la dédicace grecque du temple égyptien de Qasr-Zaiyan, dans la grande Oasis. L’image du dieu à tête de bélier domine dans ce temple, et la dédicace porte :

ΑΜΕΝΗΒΙ ΘΕΩΙ ΜΕΓΙΣΤΩΙ
À AMÉNÈBIS DIEU TRÈS-GRAND.

Αμενηβις ou plutôt Αμενηβ, en supprimant la désinence grecque, n’est évidemment que la réunion des deux noms que porte indifféremment le dieu à tête de bélier, AMN et NB, transcrits en lettres grecques avec la seule addition des voyelles médiales.

Selon le rapport d’Eusèbe, les Égyptiens croyaient qu’une de leurs plus grandes divinités, celle qui était principalement adorée à Memphis, le dieu Phtha, que les Grecs assimilèrent à leur Ηφαιστος, était né du dieu Knèph, c’est-à-dire, d’Amon-neb, ou Ammon-Chnubis ou Cnouphis.

À côté des images d’Ammon-Cnouphis, sculptées sur divers bas-reliefs de Thèbes, d’Ibsamboul, d’Edfou, d’Ombos et de Philæ, on remarque presque toujours la figure d’une seconde divinité qui est placée à côté du Démiurge égyptien, comme Συνναος θεος, c’est-à-dire, comme dieu adoré dans le même temple. Ce nouveau personnage, qui fait partie de la famille d’Amon, puisqu’il est constamment à sa suite, est coiffé d’une sorte de calotte qui se modèle sur tout le contour de sa tête, et de laquelle s’échappe soit une corne, soit une mèche de cheveux tressée ; il est surtout caractérisé, 1.o par le disque solaire et le croissant de la lune, qui surmontent sa coiffure ; 2.o par le sceptre ordinaire des dieux, combiné avec ce qu’on appelle un nilomètre, par une croix ansée, le fléau et le crochet ; 3.o par l’habitude constante des Égyptiens, de représenter ce dieu enveloppé, depuis le cou jusque sous la plante des pieds, par un vêtement très-étroit, ne laissant de libre que le mouvement des deux mains qui tiennent le sceptre. Les figures de cette divinité, soit en bronze, soit en terre vernissée, ont d’abord été prises par les archéologues pour des représentations de prêtres, ensuite pour celles à d’Harpocrate ; enfin, dans la Description de l’Égypte, ce dieu est un de ceux auxquels on donne le nom d’Horus, divinité de la troisième classe.

Mais il n’est plus douteux, pour moi du moins, que ce ne soit là la forme sous laquelle les Égyptiens représentèrent un des plus grands dieux de la première classe, Phtha, fils de Knèph, dont les images n’avaient point encore été reconnues ; et l’on partagera ma conviction à cet égard, si je montre que le nom hiéroglyphique placé sans cesse à côté de cette image, contient en effet, en signes phonétiques, le nom même de Phtha.

Il est inutile de reproduire ici les passages des anciens auteurs, qui attestent qu’un des principaux dieux de l’Égypte, assimilé par les Grecs à leur Ηφαιστος, le Vulcain des Latins, porta le nom de Phtha dans la langue du pays ; l’inscription de Rosette prouve assez que ce nom s’écrivit ΦΘΑ et non pas ΦΘΑΣ, comme l’aurait voulu Jablonski. Une heureuse circonstance nous a d’ailleurs conservé la transcription égyptienne de ce même nom, dans un manuscrit copte thébain du musée Borgia, et dont quelques parties ont été publiées par Zoëga dans son Catalogue[11], sous le n.o CXCIV. C’est le fragment d’une Homélie composée par S. Schénouti, et dans laquelle il s’élève fortement contre ceux des habitans de l’Égypte qui persistent dans l’idolâtrie. « Malheur, s’écrie ce saint personnage, à celui qui, portant la main vers sa bouche, adore en disant : Salut ô Prê[12] ! ou bien, sois victorieux, ô Pooh[13]  ! » Ⲟⲩⲟⲓ ⲙⲡⲉⲧϯ ⲛⲧⲉϥϭⲓϫ ⲉⲣⲛⲣⲱϥ ⲉϥⲟⲩⲱϣⲧ ⲉⲣⲟⲥ ⲉϥϫⲱ ⲙⲙⲟⲥ, ϫⲉ ϫⲁⲓⲣⲉ ⲡⲣⲏ, ⲏ ϫⲉ ϫⲣⲟϩ ⲡⲟⲟϩ[14]. Que sont les crocodiles et tous les animaux aquatiques que vous adorez ? Où est Kronos, nommé aussi Petbé[15], qui a enchaîné ses parens et mutilé son père avec une faulx ? — Où est Héphaistos, nommé aussi PTAH ? — ⲉⲩⲧⲱⲛ ⲛⲉⲙⲥⲟⲟϩ ⲙⲛ ⲛⲉⲧϩⲛ ⲙⲙⲟⲩⲉⲓⲟⲟⲩⲉ ⲧⲏⲣⲟⲩⲛⲁⲓ ⲉⲧⲉⲧⲛϣⲙϣⲉ ⲛⲁⲩ=ⲉϥⲧⲱⲛ Ⲕⲣⲟⲛⲟⲥ ⲉⲧⲉ Ⲡⲉⲧⲃⲉ ⲡⲉ=ⲙⲛ Ⲏⲫⲁⲓⲥⲧⲟⲥ ⲉⲧⲉ Ⲡⲧⲁϩ ⲡⲉ[16].

Ce curieux fragment nous fait ainsi connaître les noms locaux de deux divinités égyptiennes ; celui du dieu Petbé, que les Grecs crurent être leur Kronos, le Saturne des Romains, et celui du dieu PTAH, que ces mêmes Grecs, comme le prouvent et l’inscription de Rosette déjà citée et l’homélie même de S. Schénouti, assimilèrent à leur Héphaistos. ⲡⲧⲁϩ est la forme thébaine du nom égyptien de cette dernière divinité ; la forme memphitique fut donc ⲫⲏⲁϩ, nom que les Grecs ont aussi fidèlement transcrit qu’il leur était possible, sous celle de ΦΘΑ.

L’orthographe du nom égyptien de Phtha étant ainsi préalablement connue, voyons si notre alphabet, appliqué au nom hiéroglyphique placé sans cesse à côté du personnage que nous croyons être ce même dieu Phtha, nous donnera des sons à-peu-près semblables.

Ce nom divin[17] est toujours formé, 1.o du carré strié ou non strié ; 2.o du segment de sphère ; 3.o de la chaîne ou nœud suivi du caractère dieu, qui termine, comme signe d’espèce, tous les noms propres hiéroglyphiques des dieux. Le premier signe est un ou un , et le second un , dans tous les noms propres grecs et romains transcrits hiéroglyphiquement ; j’ai trouvé le troisième, la chaîne ou nœud dans plusieurs noms propres et dans des mots où ce signe est nécessairement un Hori, ϩ, (H) ; le nom hiéroglyphique du dieu compagnon de Cnèph, se lit donc aussi ⲡⲧϩ, Ptàh ou ⲫⲧϩ Phtah ; c’est lettre pour lettre le nom copte thébain ⲡⲧⲁϩ et le copte memphitique ⲫⲑⲁϩ, abstraction faite de la voyelle médiale, qui est supprimée conformément à la marche habituelle du système d’écriture hiéroglyphique.

Ces rapprochemens et sur-tout cette lecture suffiraient pour établir à la rigueur que la divinité dont il s’agit ici est bien le dieu Phtha, fils de Cnèph ou d’Amon-Cnouphis ; mais il reste encore une preuve décisive et de ce fait et de la réalité de ma lecture.

Parmi les titres que le décret de Rosette donne au roi Ptolémée Épiphane, se trouve celui de chéri par Phtha, bien aimé de Phtha, Ηγαπημενος υπο του Φθα ; le groupe du texte hiéroglyphique répondant à ce titre est parfaitement déterminé, et ce groupe (Tabl. gén. n.o 352) contient, et dans le même ordre, les mêmes signes qui composent le nom du dieu que nous venons de lire ⲫⲧⲁϩ. Je n’insisterai point sur l’évidence de ce fait ; et quant aux trois derniers caractères de ce groupe qui expriment l’idée d’aimé ou de chéri, ηγαπημενος, et non pas le nom de Phtha, comme le croit M. le docteur Young, il en sera question lorsque nous donnerons plus bas la lecture des titres hiéroglyphiques des Pharaons.

L’inscription grecque déjà citée et découverte dans l’île de Sehhélé, entre Éléphantine et Philæ, par M. Ruppel, contient, comme on a pu le voir, une série fort importante de noms de diverses divinités grecques, accompagnés des noms propres égyptiens ou des surnoms égyptiens de ces mêmes divinités, écrits en lettres grecques. Immédiatement après le dieu Ammon-Chnoubis, ce monument nomme la déesse ΣΑΤΗ-Σ ou ΣΑΤΙ-Σ, que les grecs assimilaient à leur ΗΡΑ, la Junon des Romains[18]. Satè ou Sati (abstraction faite du Σ qui est une terminaison grecque) fut donc le nom égyptien d’une déesse compagne du Jupiter égyptien, Ammon-Knèph ou Chnoubis.

Les bas-reliefs égyptiens nous montrent assez souvent à la suite d’Ammon, une déesse dont les chairs sont peintes tantôt en vert, tantôt en jaune, mais dont le signe distinctif est une grande feuille qui s’élève au-dessus de sa coiffure. Sur le devant d’un autel soutenu par une statue de granit, qui fait partie de la riche collection d’antiquités de M. Durand, cette même déesse est figurée donnant la main au dieu Ammon. Le nom hiéroglyphique de cette compagne du Démiurge égyptien, est toujours formé de trois caractères, et tel qu’il est gravé dans notre Tableau général, n.o 51. Si nous considérons ce nom comme phonétique, et il l’est en effet, nous reconnaîtrons le premier signe pour un des homophones habituels du trait recourbé Σ ; le second est un Τ, et le troisième un Η ou un Ι dans tous les noms propres grecs et romains. Le nom hiéroglyphique de la déesse écrit en lettres coptes Ⲥⲧⲏ sätè ou Ⲥⲧⲓ säti, est donc incontestablement le même que le nom ΣΑΤΗΣ ou ΣΑΤΙΣ de l’inscription de Sehhélé.

Je passe à des noms de divinités plus connues, et auxquels mon alphabet hiéroglyphique s’appliquera avec un égal succès.

Les documens transmis par les auteurs grecs et latins sur la religion égyptienne, ne permettent point de douter que le personnage à tête de schacal, que nous voyons, sur les bas-reliefs des temples et des hypogées, ou bien sur les peintures des momies, accompagner la déesse Isis, veiller sur les corps embaumés des défunts, et conduire les âmes dans l’Amenthès ou peser leurs actions dans la balance infernale, ne soit le fils d’Osiris et de Nephthé, Anubis, le gardien fidèle d’Isis, que les Grecs nous ont dit avoir été représenté avec une tête de chien, parce qu’ils n’ont jamais bien distingué le schacal, en égyptien ⲟⲩⲱⲛϣ, soit du chien (Κυων), soit du loup (Λυκος).

Le nom hiéroglyphique du dieu à tête de schacal, est composé de trois (Tableau général, n.o 58) ou de quatre caractères (ibid. n.o 59), suivis soit du signe ordinaire d’espèce dieu, soit de l’image même d’Anubis, un homme assis à tête de schacal.

Que ce nom soit formé de signes purement phonétiques, c’est ce dont il est impossible de douter, en observant l’échange de plusieurs caractères déjà reconnus comme homophones dans les noms propres hiéroglyphiques grecs et romains.

Le nom gravé sous le n.o 58 est composé de la feuille ou plume , de la ligne brisée ou de son homophone, la ligne horizontale,  ; et du carré , lettre que les coptes prononçaient B. Nous obtenons ici le mot Ⲁⲛⲡ Anb, la charpente entière du nom de ce même dieu écrit ΑΝουΒ-ις par les Grecs.

Les variantes de ce nom, placées sous le n.o 59, offrent de plus une voyelle finale ; elles se lisent, la feuille , la ligne brisée, ou ses homophones habituels, la ligne horizontale et la coiffure ornée du lituus, , le carré , et la caille, ou son homophone ordinaire, le lituus, , , ⲟⲩ. Ces variantes donnent donc le nom complet du dieu, Ⲁⲛⲡⲱ que l’on prononçait Anébô. De la même manière que nous verrons les noms mêmes des autres dieux être portés par de simples particuliers, ou entrer dans la composition de leurs noms propres, nous trouvons aussi le nom du dieu Anébô porté par un habitant de l’Égypte[19], et ce même nom faire partie de celui du roi égyptien Nectanebó ordinairement appelé Nectanèbe. C’est du nom égyptien Anébô ou Anébou que les Grecs ont fait Anubis, Ανουβις, en transposant la voyelle finale ; et l’orthographe hiéroglyphique de ce nom tout phonétique prouve à elle seule que Jablonski s’est trompé lorsqu’il a voulu confondre Anubis avec Hermès, l’inventeur des métaux, et dériver son nom égyptien de la racine ⲛⲟⲩⲃ noub, or.

J’ai souvent rencontré dans les textes hiéroglyphiques contenant des prières adressées aux dieux Osiris et Arouéris, dont les images bien déterminées sont dessinées dans la vignette de ces textes, deux groupes de caractères accompagnés des mêmes titres que les noms ordinaires des dieux.

Le premier (Tableau général, n.o 55) est formé de quatre caractères, un sceptre à tête de schacal (ⲟⲩⲱⲛϣ), qui est la voyelle O ou bien ΟΥ du nom de Νερουα (Nerva) dans un cartouche de Trajan dessiné à Philæ ; le trait recourbé et la bouche, qui sont par-tout un et un  ; enfin le bras étendu, qui est un H, un E ou un I, dans divers noms grecs et romains. Ce groupe hiéroglyphique se lit donc ⲟⲩⲥⲣⲏ Ousré, ou plutôt ⲟⲩⲥⲣⲓ Ousri, qui ne diffère que par l’absence d’une seule voyelle, soit du grec ΟΣΙΡΙ-Σ, soit du copte ⲟⲩⲥⲓⲣⲉ, ⲟⲩⲥⲓⲣⲓ, Ousirè, Ousiri, nom de l’époux d’Isis.

Le second groupe (Tableau général, n.o 57) se compose de quatre ou de six caractères : 1.o d’un signe semblable à l’image hiéroglyphique d’une maison, signe qui, dans le nom d’Hadrien sur l’obélisque Barbérini, représente, soit la voyelle A, soit l’aspiration H du nom de cet empereur ; 2.o de la bouche, P (r) ; 3.o du lituus ou de la caille, Ω, ⲟⲩ, 4.o du disque du soleil, PH (Rê, Ri) ; ce qui donne ϩⲣⲱⲣⲏ, ϩⲣⲟⲩⲣⲏ, Hăroĕri, Hărouĕri, ou bien ⲁⲣⲱⲣⲏ Aroĕri, Mais presque toujours le disque solaire reste dans le nom comme simple emblème, et il est immédiatement suivi (voy. Tableau général, n.o 57 a) de deux autres signes phonétiques, la bouche P, et le bras étendu Ητα, formant la syllabe PH (Rê, Ri) ; ce qui complète ainsi la transcription phonétique du nom du dieu Ⲁⲣⲱⲣⲏ, Aroĕri, ϩⲁⲣⲟⲩⲣⲏ, Harouĕri, que les Grecs ont en effet orthographié, soit Αρουηρι-ς, soit Αρωηρι-ς.

Je pourrais citer ici beaucoup d’autres noms divins écrits en hiéroglyphes purement phonétiques[20], tels que ceux des divinités égyptiennes que les Grecs nous ont fait connaître sous les noms d’Horus, Apis, Anucis, Bésa, Socharis, Thermouthis, même les noms de la plupart des Décans qui sont figurés sur le zodiaque circulaire de Dendéra, et dont les pieds portent sur la circonférence de cette espèce de planisphère. Mais les noms phonétiques des dieux Amon, Amon-rê, Cnèph, Cnouphis, Chnoubis, Chnoumis, Satès, , Anubis, Osiris et Arouéris, que nous venons de reconnaître sur les monumens de l’Égypte, suffisent déjà pour établir que les anciens Égyptiens écrivirent avec des hiéroglyphes phonétiques les noms mêmes de leurs dieux, c’est-à-dire, les noms des êtres qu’il était le plus facile et même le plus convenable d’exprimer symboliquement, si leur écriture sacrée était aussi exclusivement symbolique dans ses élémens qu’on a bien voulu le croire jusqu’ici.

Il est toutefois vrai de dire, et cela importe beaucoup à la clarté de l’exposition des faits qui me restent à produire, que les Égyptiens n’écrivaient point toujours phonétiquement les noms propres des dieux dans les inscriptions hiéroglyphiques. J’ai reconnu, au contraire, qu’au lieu d’écrire en signes phonétiques le nom propre d’un dieu ou d’une déesse, ils représentèrent souvent, dans le contexte de l’inscription, ce dieu ou cette déesse même, orné de ses principaux attributs ; de la même manière qu’au lieu d’écrire phonétiquement les mots ⲣⲱⲙⲉ homme, ϩⲓⲙⲉ femme, ⲉϩⲉ bœuf, ⲃⲁϩⲥⲉ vache après un nom propre d’homme, de femme, de taureau sacré ou de vache sacrée, ils dessinaient simplement, comme on a pu le voir, les images d’un homme, d’une femme, d’un bœuf ou d’une vache.

Ces caractères hiéroglyphiques, qui ne sont que des représentations véritables de chaque dieu, tels que les Égyptiens les concevaient matériellement, doivent donc être considérés comme étant les noms figuratifs de ces dieux, et sont pour cela même les caractères qui les désignaient de la manière la plus simple et la plus claire pour tous ; c’est ainsi que, dans l’inscription de Rosette, par exemple, les idées enfant, homme, pschent, aspic, chapelle, stèle, &c. &c, sont exprimées beaucoup plus clairement par l’image même d’un enfant, d’un homme, de la coiffure pschent, d’une chapelle, d’un aspic et d’une stèle, que par les mots égyptiens équivalens, écrits d’après le système d’écriture alphabétique le plus parfait.

Je donne à la suite des noms phonétiques des dieux, gravés dans le Tableau général, une série de ces caractères images des dieux, employés dans le courant des textes hiéroglyphiques à la place des noms mêmes de ces dieux écrits phonétiquement. On y retrouvera le dieu Amon avec sa face humaine, la tête ornée de ses deux grandes plumes ; Amon-Cnèph, Cnouphis ou Chnumis avec sa tête de bélier ; Phtha dans la forme précédemment décrite ; Anubis avec sa tête de schacal ; Thoth avec celle d’un ibis ; Phré ou le soleil avec sa tête d’épervier et son disque ; Osiris avec sa mitre ordinaire ; Isis avec son disque et ses cornes, et ainsi de tous les autres. J’ajoute encore qu’il n’est point rare de trouver, dans les textes et les inscriptions hiéroglyphiques, les noms phonétiques des dieux, accompagnés immédiatement du nom figuratif lui-même, et plus souvent aussi de l’animal sacré symbole du dieu, et dont le dieu lui-même empruntait souvent la tête. Ces faits curieux m’ont paru dignes de quelque attention.

De plus, je crois avoir également acquis la certitude que les noms de certains dieux étaient écrits d’une troisième manière dans les textes hiéroglyphiques, et que cette transcription avait lieu d’après une méthode purement symbolique : Osiris, par exemple, était ordinairement exprimé par un œil et un trône ; Isis par le même trône, suivi des signes du genre féminin ; les noms d’Horus et d’Arouéris, divinités qui ne m’ont paru former qu’un seul et même personnage dans les textes hiéroglyphiques où ils sont perpétuellement confondus, sont exprimés par un épervier suivi d’une ligne perpendiculaire[21], par un épervier coiffé du pschent, ou par un épervier armé du fouet ou fléau. Mais ces noms symboliques, gravés dans notre Tableau général du n.o 84 au n.o 108, sont en petit nombre, la plupart des noms de divinités étant habituellement phonétiques comme ceux que nous avons précédemment analysés.

Ainsi nous sommes conduits par des faits palpables, à reconnaître que, dans le système hiéroglyphique, les Égyptiens écrivaient les noms de leurs dieux de trois manières diverses :

1.o Phonétiquement, ce qu’il importait sur-tout de prouver dans l’intérêt du but spécial de ce chapitre ;

2.o Figurativement, par l’image même du dieu ou de la déesse qu’il s’agissait de rappeler ; 3.o Enfin symboliquement, par l’image d’un ou de plusieurs objets physiques avec lesquels le dieu était directement ou indirectement en rapport, d’après les

idées propres à la nation égyptienne.

Notes du Chapitre V
  1. Voyez planche VI, n.o 8.
  2. Tableau général, Noms des Dieux, n.o 46.
  3. Ibid. Noms phonétiques des Dieux, n.o 47.
  4. Tableau général, Noms phonétiques des Dieux, n.o 39.
  5. Tableau général, Noms phonétiques des Dieux, n.o 40.
  6. Ibid. n.os 41, 42, 43 et 44.
  7. Préparation évangélique, liv. III, chap. XI, pag. 115, édition de Paris, 1628.
  8. Ibid.
  9. Euséb., Prépar. évangél., liv. III, chap. XII, pag. 116.
  10. Ératosth. apud G. Syncell. — Herod. lib. II.
  11. Catalogus Codicum copticorum qui in museo Borgiano Velitris adservantur, pag. 455.
  12. C’est le nom égyptien du Dieu-Soleil, que nous avons trouvé également écrit ⲣⲏ et ⲡⲣⲏ dans les textes hiéroglyphiques.
  13. Pooh est le nom égyptien du Dieu-Lunus (la Lune).
  14. Catalog. Codicum coptic. pag. 456 et 457.
  15. Zoëga ne s’est point aperçu que Schénouti donnait ici le nom égyptien du dieu que les Grecs appelaient Kronos ; ce savant a essayé même de lire ⲉⲧⲃⲉ au lieu de ⲡⲉⲧⲃⲉ ; mais cette correction, fort inutile, ne présenterait d’ailleurs aucun sens.
  16. Zoëga n’a point vu non plus que ⲡⲧⲁϩ était le synonyme égyptien du nom grec ⲏⲫⲁⲓⲥⲧⲟⲥ : il a cru que ce mot ⲡⲧⲁϩ pouvait signifier pincerna, échanson ; mais le mot ⲡⲧⲁϩ, qui est ici un nom propre, n’a jamais eu cette signification en langue égyptienne.
  17. Voyez le Tableau général, n.o 48.
  18. ΣΑΤΕΙ ΤΗΙ ΚΑΙ ΗΡΑΙ. (Inscrip. de Sehhélé, lig. 17), A Satès (ou Satis) appelée aussi Héra.
  19. Jamblique, de Mysteriis Ægyptiorum.
  20. Tous ces noms seront gravés à côté de l’image de la divinité à laquelle ils appartiennent, et dessinés d’après les monumens par M. Dubois, dans notre Panthéon égyptien, dont la première livraison a paru au mois de juillet dernier.
  21. Tableau général n.o 95 ; ce groupe pourrait être phonétique et se lire Ar.